Bretagne. Pensées sur l’âme bretonne et sa décadence [Tribune libre]

Bretagne

Pierre Terrail (pseudonyme d’un de nos lecteurs), nous adresse une tribune libre sur la Bretagne et les Bretons que nous reproduisons ci-dessous.  Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place. 

Tout homme dont le cœur est irrigué d’un sang breton, ne peut que ressentir une profonde tristesse et une sincère colère en voyant la transformation que subie cette terre à l’âme millénaire. C’est mon cas.

Expatrié de ma Bretagne natale, je constate chaque jour un peu plus la faillite morale et culturelle dans laquelle s’enfonce ma petite patrie. C’est pourquoi je me propose, à mon humble niveau, de revenir pour vous sur ce qui fonda l’âme bretonne et sur ce qui la corrompt aujourd’hui.

Être Breton, c’est avant tout un héritage millénaire. Celui des Celtes qui façonnèrent les paysages agricoles et donnèrent à notre terre ses premiers cultes ; celui de Gallois qui fuyant les Saxons vinrent s’échouer sur les côtes de Cornouailles en apportant avec eux un savoir-faire maritime fondateur ; celui des premiers chrétiens, qui respectant les particularismes païens de cette province, établirent des évêchés quasi auto-céphales fêtant autant les Solstices que la Nativité ;

Celui des prêtres qui bénissaient les cultures et priaient face à la mer pour le salut des marins ; celui de ces marins justement, qui ne craignant ni les vents, ni les tempêtes, s’élançaient à bords de petits chalutiers de bois, partant des mois durant vers les mers sombres du Nord, de l’Islande, du Canada, pour ramener de quoi nourrir leurs famille ; celui des 240 000 poilus Bretons tombés pour une France qui les estimait peu mais qu’ils aimaient eux de manière inconditionnelle ; celui des femmes qui en tout temps cultivèrent les terres de cette péninsule, élevèrent les fils qu’ils offriraient à la mer, enterrèrent les maris que celle-ci leur rendait, sans rancune et sans haine.

Être Breton c’est aussi préférer «la mort plutôt que la souillure», c’est comme l’hermine qui orne nos drapeaux, être acculé par les chasseurs mais préférer mourir plutôt que de salir l’éclat de son blanc pelage dans les marécages ; être Breton ce n’est pas être ingouvernable, c’est se gouverner seul ; être breton ce n’est pas être insoumis, c’est être autonome ; être Breton ce n’est pas être individualiste mais c’est entretenir un esprit de clan et de communauté ; être Breton c’est, comme le disait Tanguy Malmanche «être un mauvais domestique, mais un bon serviteur» ; être Breton ce n’est donc pas être coupé des autres, mais c’est se mettre à leur service, à condition que l’invité reste à sa place et montre à son hôte le respect qui lui est dû.

Mais être Breton c’est savoir que la terre comme la mer, ne nous doivent rien et peuvent tout nous reprendre, c’est montrer devant cette nature qui nous nourrit une position d’humilité en ne lui prenant que le strict nécessaire, sans chercher à s’enrichir sur son dos ; être Breton c’est donc avant tout refuser l’usure qui caractérise la société marchande.

Ernest Renan, écrivain Breton et grand penseur de la Nation, disait à ce titre «Le trait caractéristique de la race bretonne est la poursuite d’une fin morale ou intellectuelle toujours désintéressée. Jamais race ne fut plus impropre à l’industrie et au commerce. Tout ce qui est lucre lui paraît peu digne du galant homme ; l’occupation noble est à ses yeux celle par laquelle on ne gagne rien, par exemple celle du soldat, celle du marin, celle du prêtre, celle du vrai gentilhomme qui ne tire de sa terre que le fruit convenu par l’usage. Au fond de la plupart de ses raisonnements, il y a cette opinion que la fortune ne s’acquiert qu’en exploitant les autres. La conséquence d’une telle manière de voir, c’est que le riche n’est pas très considéré ; on estime beaucoup plus l’homme qui se consacre au bien public ou qui représente l’esprit du pays.»

Et c’est là que la Bretagne se meurt. Cette terre de paysans et de marins, cette terre tournée vers l’humus et la marée, cette terre d’aventuriers des mers et de laboureurs des prés, cette terre de légendes, de fées et de rois, cette terre qui regardait vers l’horizon en se souciant bien peu des médisances de la France, eh bien cette terre a été poignardée dans le dos.

Alors même qu’était encore frais le sacrifice de nos aînés qui quittèrent leurs terres pour aller irriguer de leur sang celles de l’Est, nous pensions enfin avoir gagné le respect et l’autonomie qui avait été promis à Anne de Bretagne. Ce ne fut pas le cas. En même temps que la nation France subissait un Grand Remplacement, à la fois culturel, économique et ethnique, la pauvre Bretagne subissait elle aussi un effacement similaire.

Se subsistant aux Bretons d’antan, fils des mers et filles des terres, enfants de Merlin et de Morgane, baptisés par Saint-Yves, inspirés par Gradlon, effrayés par Ankou ; aux Bretons qui avaient traité cette terre avec respect, ces Bretons qui n’étaient pas des propriétaires mais seulement des gardiens, se subsistant à ce peuple millénaire nous virent arriver ici des générations de rentiers, d’usuriers et de touristes.

Parisiens pour la plupart, retraités pour beaucoup, ils trouvèrent cette terre abandonnée par des hommes qui partis en mer ou partis à la guerre, ne pouvaient plus la protéger. Et ils l’exploitèrent, non pour subvenir à leur besoin comme le faisaient avant eux des générations de Bretons, mais pour s’enrichir. Et les Bretons revenus des mers, cédant aux appels de ces sirènes des terres, se laissèrent aussi aller à ces bassesses, se laissèrent choir dans cette esprit de décadence et de paresse, dans cette indigence qu’est le profit sans efforts.

Ce sont les maisons de ces bourgeois que l’on voit aujourd’hui fleurir au bord des plages ; ce sont ces propriétaires qui font qu’aujourd’hui un deux pièces en Bretagne coûte le prix d’un château dans le Périgord ; ce sont ces déracinés pour qui «l’esprit breton» n’est qu’un moyen de vendre des bonnets rouges, des cirés de mer, ou des crêpes ; ce sont ces traîtres, ces nouveaux marchands du temple qui ont détourné le peuple breton de sa religion et de sa culture  et qui l’ont corrompu, lui faisant oublier d’où il venait et qui l’ont converti à la religion de l’usure et de l’industrie.

Mais pire encore, ce sont ces individus hors-sol qui se permettent d’utiliser la Bretagne comme un porte-voix contre le reste de la France : réfugiés dans leurs belles résidences, ils votent sans cesse contre les intérêts de leur grande Patrie tout en se gardant bien de réclamer le même traitement pour la terre dont ils sucent le sang. Un refus qui n’est pas motivé par l’amour et le respect pour leur terre d’adoption, mais parce qu’ils savent que la politique qu’ils prônent pour la nation feraient baisser la valeur de leurs investissements. Les voilà donc, ces hérauts du Progrès, barricadés derrière ce conservatisme marchand et bourgeois incarné à la perfection dans le vote Macron.

Or nous ne pouvons plus tolérer cela, nous ne pouvons plus accepter cette colonisation de la Bretagne par les puissances financières. Nous ne pouvons plus accepter que la Bretagne soit mordue au sein par des enfants arrogants et égoïstes, sans cesse plus voraces. Si la Bretagne s’est volontairement unie à la France, c’est bien pour partager ses visées héroïques, non pour se soumettre aux intérêts économiques de quelque uns. Les Bretons qui vendent la Bretagne et les Français qui la rachètent sont tous coupables. La Bretagne n’a pas pour vocation de devenir la réserve d’Indiens de la république, la Bretagne n’a pas pour vocation de devenir le lieu de safari de quelques touristes métropolitains venus ici pour découvrir un folklore maintenu en vie artificiellement pour les besoins de quelques entrepreneurs locaux.

La Bretagne doit s’incarner, se réincarner. Elle doit chasser ces nouveaux marchands du temple qui ont fait de notre terre un immense espace de jeu pour les petites affaires de tout un chacun. Elle doit imposer aux nouveaux arrivants de s’assimiler à son âme, à son esprit. Elle doit arrêter de lutter contre les intérêts de la France et comprendre qu’elle ne sera libre et forte que quand la France elle même sera libre et forte. Ainsi, chacun pourra se préoccuper seul et avant tout de ses problèmes.

Si elle ne comprend pas cela, si elle continue de voter contre la France et donc de voter contre elle-même, la Bretagne est la prochaine sur la liste des provinces déchues victimes du jacobinisme. Et personne ne s’émouvra de voir mourir ce peuple de rentiers, de touristes, de traîtres et de donneurs de leçons. Tout au plus certains regretteront-ils le cidre et les galettes d’antan. Mais si la Bretagne n’est plus rien, alors bientôt la Bretagne ne sera plus.

Il nous faut donc retrouver le chemin de la mer et le sentier de la terre, il nous faut retrouver la voie de l’humilité, celle d’une économie de subsistance, d’une rigueur de vie austère, mais chaleureuse et communautaire.

Il nous faut à nouveau retrouver l’esprit aventurier et aventureux qui animait nos aïeux quand ils partaient en mer. Il nous faut suivre le soleil et comprendre que s’il se lève en France, c’est bien sur les flots qu’il se couchera, c’est donc bien là qu’est notre avenir.

Adossés à une France forte et fière, nous pourrons enfin nous tourner vers l’horizon et honorer notre promesse ; Kentoc’h mervel eget bezañ saotret.

Pierre Terrail

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

  • PL44

    La Bretagne s’est volontairement unie à la France ?

    • Mervel

      Sans doute si demain il écrit qu’à Saint Aubin du Cormier-1488, il s’agissait d’une « bavure »…

  • Jakez Gwillou

    Cette radiographie de l’organisme breton repose sur une analyse des plus exactes et témoigne assurément d’un attachement profond de l’auteur pour la « petite
    patrie ». Cet article actualise en quelque sorte une description approfondie commise jadis, par Olier Mordrel, sous le titre « L’Essence de la Bretagne ».

    Là où il s’en distingue, c’est par l’attachement incompréhensible de l’auteur à la « Grande Patrie », malgré les griefs faits à son encontre.

    Quand l’auteur nous parle des « 240 000 poilus bretons tombés pour la France qui les estimait peu »,de « cette terre de paysans…se souciant bien peu des médisances de la France…cette terre poignardée dans le dos », « nous pensions avoir gagné le respect et l’autonomie, ce ne fut pas le cas »…

    De même, quand il fustige l’arrivée de « générations de rentiers, d’usuriers
    et de touristes. Parisiens pour la plupart, retraités pour beaucoup » ou «
    ces traîtres, ces nouveaux marchands du temple qui ont détourné le peuple
    breton de sa religion et de sa culture »…

    Oui, mais à qui la faute ? Au Prince de Galles, à l’Etat islamique ? Non, à l’Etat
    français qui régit nos destinés.

    Par ailleurs, l’auteur fait fausse route en croyant que « la Bretagne s’est volontairement unie à la France ». Rien n’est plus faux. Voir le blog du Docteur Louis
    MELENNEC.

    Là où l’incompréhensibilité s’installe, c’est l’appel à soutenir la France responsable
    de nos malheurs quand il ose affirmer, contre tout bon sens que « si elle continue de voter contre la France et donc de voter contre elle-même, la Bretagne est la prochaine sur la liste des provinces déchues victimes du jacobinisme ».

    En bref, l’auteur rejoint les positions de nos vaillants régionalistes qui veulent soigner les plaies de la Bretagne, tout en restant dans le giron du médecin fransquillon qui inocule le poison.
    Avec de tels gaillards, nous ne sommes pas sortis de l’auberge !

  • Tite

    Pierre Terrail, très beau texte, très émouvant. Excellente analyse et belle leçon d’histoire.

    Mais c’est oublier un peu vite que la gangrène socialo gauchiste empoisonne les bretons depuis longtemps… Sans parler de l’ostracisme frappant tout français breton d’origine ou de cœur osant vouloir faire souche en terre bretonne et ceci depuis des années.

    Il y a des lustres que les Bretons ne sont plus dignes de leurs ancêtres. Ne vous énervez pas… c’est une descendante de vieille famille bretonne (extrêmement ancienne dans une branche et du XVIème siècle pour une autre) qui vous le dit ; à tel point que jusqu’à plus de 50 ans, je ne parlais jamais de mes origines bretonnes… J’en avais honte. Rassurez-vous, depuis je me soigne et vous soutiens quand même.

    Vous restez catholiques. C’est le plus important. Vous retrouvez votre identité profonde depuis quelques temps et contribuez au renouveau de la culture celte… Ne retombez pas dans vos vieux travers… la majorité du peuple français ancien est celte. Vous n’avez pas le monopole des gènes de ce grand et valeureux peuple…

    Que Dieu vous garde.
    Que Dieu nous garde.

    • Koridwenn

      Oui nous les Bretons nous ostracisont tous les étrangers qui prétendent faire souche dans notre Pays, et nous en sommes fiers. Aucun étranger ne peut devenir breton. Avoir honte de ses origines c’est être un traitre. Les Français d’origine gauloise ne retrouveront jamais leurs racines car la langue gauloise à disparu à jamais, contrairement à la langue bretonne. Les Français sont condamnés à trahir leurs ancètres celtes et à se soumettre aux autres peuples. Oui, nous Bretons avons le monopole de la celtitude sur le continent, nous avons su conserver notre langue celte, notre sang celte et notre culture celte. Nous n’avons rien à voir avec les Français, ces ex-celtes honteux qui ont abdiqué le nom de leur peuple pour celui d’une tribu d’immigrés, les Francs, et leur lanque pour celle d’une bande de migrants méditerranéens, les Romains. Oui, nous Bretons sommes fiers de ce que nous sommes. Les Français d’origine gauloise ont trahi leurs ancêtres. Nous Bretons sommes dignes des notres. Combien existe-t-il d’écoles en langue gauloise ? Aucune. Combien existe-t-il d’écoles en langue bretonne ? Des centaines, et bientôt des milliers. Les Français ne sont qu’une bande de perdants.

      • Tite

        Koridwenn, vous êtes pitoyable. Gaulois et Celtes sont le même peuple ! Les Bretons dont vous vous réclamez avec virulence sont de Grande-Bretagne donc, des envahisseurs.

        Quant à la langue bretonne, de laquelle parlez-vous ? De quel dialecte vous réclamez-vous ?

        Cornouaillais (dialecte), Goélo (dialecte), Léonard (dialecte), Trégorrois (dialecte), Vannetais (dialecte), ? Gallo ? Cornique ? Brittonique ? Gaélique ?… En réalité, tous patois régionaux… Comme dans toutes les anciennes provinces du royaume de France ou, d’origine étrangère.

        La langue gauloise n’a pas disparu. Elle a évolué. Elle a pour base le latin et le grec, tout comme dans les racines de votre sacro-sainte langue bretonne.Le français est la langue qui contient le plus de mots celtiques (pensez aux noms des variétés d’arbres qui nous viennent des druides). Préserver les cultures régionales c’est bien. Mais vouloir vivre et penser comme dans les siècles passés, c’est se scléroser et se rendre aveugle aux maux de son temps.

        Croyez-moi, ce ne sont pas les « sales franco/gaulois » qui vont vous mettre au pas, mais d’autres peuples, d’autres cultures qui n’en ont rien à faire de vos chicaneries. Restez Bretons dans l’âme si ça vous fait plaisir, mais soyez avant tout Français, patriotes et fiers de l’être, comme vos grand-parents, vos ancêtres, « Morts pour la France »… et non pour cette république qui nous maltraite tous et ne pense qu’à nous faire disparaître… Bretons, Gaulois, Celtes…

  • Gwendal Pennanech

    La France n’est pas l’amie de la Bretagne . La « petite patrie- grande patrie » est un attrape nigaud. Quant aux centaines de milliers de Bretons ils sont sans doute morts avant tout « par la France » plutôt que « pour la France ». S’il y a une décadence bretonne celle-ci vient avant tout de l’acceptation de la sujétion . Se libérer de la France pour defonder Breizh est le premier acte de la relève . Sans lui rien n’est possible !

  • FrankizBreizh

    Ce manifeste est partiellement un torchon pro-français ,pas mieux que le télégramme.

  • Yann

    Moi aussi je suis Expatrié de ma Bretagne natale mais sur un autre continent, et je suis triste de voir parfois comment notre région évolue. Ne jamais faire de compromis sur nos traditions et notre façon de vivre.
    Mon coeur restera pour toujours en Bretagne et même si je n’y habite plus , je dis encore chez moi quand je parle de la Bretagne et je dirai toujours chez moi.

  • Alain

    Je suis affligé et profondément attristé par ce texte….

    Il allié:
    Une connaissance romantique de la Bretagne type carte postale du 19ème siècle qui se veut connaissance et qui est surtout ignorance…
    Et un négationnisme national au profit d’une identité coloniale artificielle issue de révolutionnaires jacobins et des penseurs socialistes républicains français…

    Monsieur, quand on dit aimer son pays, la première chose est de connaitre un minimum son histoire et l’histoire de son peuple et de sa nation.

    Non, les Bretons ne viennent pas des Gallois, car les Gallois sont des Bretons…
    Non, ils ne fuyaient pas… en tout cas, pas au sens où vous l’entendez, les Bretons étant à l’époque l’unique nation capable de résister à la pression des envahisseurs germaniques, tant sur le continent (avec les Francs) que sur l’île avec les Angles et les Saxons.. (Si le Roi Arthur est devenu l’histoire mythologique européenne la plus connue au monde, ce n’est pas en souvenir de fuyards…)

    Et à votre citation d’Ernest Renan « Jamais race ne fut plus impropre à l’industrie et au commerce », il était un homme de son temps, un romantique qui ne s’est jamais posé la question d’où venait l’argent qui avait permis la construction des calvaires, des manoirs et des châteaux dans son Trégor…. et qui visiblement ignorait qu’en Bretagne du temps de l’indépendance les nobles, qui n’avaient pas le droit de faire du commerce, abandonnaient leur statut pour tenter de s’enrichir comme pouvait le faire ceux qui ne l’étaient pas (pas courant en Europe des nobles abandonnant leur statut)…

    Car ce n’est pas par « magie » que la Bretagne du 11ème au 17ème siècle fut l’un de pays les plus riches d’Europe… (et oui, l’un des plus RICHE)! Souvenez-vous de ce que Louis XIV appelait « le Pérou de la France… » et qu’il pillait pour se payer ses guerres et ses châteaux…

    Quand à votre évocation de la « petite » et de la « grande » patrie, c’est tout simplement la négation du combat des Bretons pour préserver leur identité et leur liberté (c’est à dire, la négation de l’esprit de liberté qui anime les Breton depuis la nuit des temps. Un combat qui face aux Francs/Français dure depuis le 5ème siècle jusqu’à nos jours et représente sans aucun doute le plus long conflit de l’histoire de l’Europe…
    Un esprit né de la résistance des Vénètes sur le continent et de la Reine Boudicca sur l’île… suivi par Arthur, Morvan, Nominoé, Alain II, Jean IV, François II, Anne, Poncallet et de la Rouerie, Cadoudal, Yann Fouéré…

    Votre discours est typiquement Républicain au sens idéologique du terme, niant la nation bretonne et niant la nation française au profit d’un État-nation artificiel… et qui fut massivement enseigné aux enfants avec la création de l’école de Jules Ferry…

    Ce qui fait qu’il n’existe pas (plus) de vrai nationalistes en France et qu’un parti politique comme le FN n’est qu’un fossoyeur de la nation française comme de la nation bretonne à égalité avec les autres partis jacobins.

    Un Français ayant la connaissance de son identité ne dirait jamais qu’un Breton est un Français…
    Le fait qu’il puisse le dire est à l’évidence la preuve de sa disposition à imaginer que demain un Français pourrait être encore autre chose… justement ce que vous décrivez par le « grand remplacement »…

    Il n’existe pas de « petite » ou de « grande » patrie, il existe la Patrie…

    Ce que seuls les nationalistes Corses, Basques et Bretons peuvent encore affirmer!

    Le fait que vous adossez la Bretagne à la France, sens principal de votre article, démontre que la « décadence » que vous dénoncez est parfaitement illustrée par les propos qui sont les vôtres…

    Si je peux me permettre un conseil (en fait 2) :
    1) Ouvrez les livres d’histoire (idéalement écrit par les nationalistes bretons ou les historiens européens et non par des Français jacobins et autres Bretons francisés),
    2) Revenez dans votre pays pour le défendre plutôt que de fantasmer en le regardant à partir d’un pays étranger.

    En espérant que l’avenir vous ouvre les yeux… car l’avenir de votre pays, sa nation et son histoire le mérite amplement!

    • Mervel

      Ce qui est juste doit être dit, merci de l’avoir fait.

  • Léon VANDJOUR

    Je suis Français d’origine Indochinoise, Français depuis mes grands-parents, du temps où l’ Indochine était encore française et je suis arrivé en France à l’âge de sept ans en 1956. Je ne suis donc ni Breton de sang ni de cœur ni de culture ni de civilisation et pourtant je partage tout à fait le point de vue de Monsieur Pierre TERRAIL.
    Je suis installé en Bretagne par les liens du mariage avec une Bretonne de pure souche et de ce fait, mes enfants sont Bretons de sang et ils peuvent prétendre avoir des ancêtres Gaulois sans honte ni imposture.
    En connaissant (une toute petite partie de) l’ Histoire, la Culture, la Civilisation, les mœurs, les coutumes bretonnes, cela m’a permis de m’intégrer et de m’ enraciner, non pas dans les sol mais dans la vie et l’ esprit bretons. S’il n’y avait pas eu ces bases et ces références nécessaires, non pas à l’  »intégration » mais à l’  »identification à l’âme » bretonne, je resterai toujours  »étranger » dans cette Nation.
    En ayant malgré tout gardé ce qui reste de l’esprit asiatique, cela m’a permis d’éviter le chauvinisme et le parti-pris pour constater de façon impartiale les changements et les évolutions de la Bretagne en général et de l’ âme Bretonne en particulier. La Bretagne et l’ âme Bretonne se sont considérablement dégradées depuis plusieurs décennies. Cela n’est pas visible car les transformations s’effectue très lentement. C’est une réalité.
    C’est affligeant de voir cette Bretagne s’enfoncer inexorablement dans la dégradations des mœurs et des coutumes que j’arrive à me demander si les Bretons n’ont pas perdu la tête ?… pour s’autodétruire à ce point. Le Roi Louis XVI a été décapité en 1793 mais c’est le Peuple souverain qui a perdu la tête ! car ce Peuple a également perdu sa religion au nom de la Laïcité et de la Liberté. La religion, au contraire de tous les partis politiques faits pour diviser les peuples, la religion est la seule institution qui réunit les peuples et les différentes ethnies qui composent la France.
    Pour raccourcir ma rédaction sur ce sujet, je confluerai simplement sur l’art culinaire bretonne : la cuisine bretonne est entrain de disparaître au profit d’un style exotique ?… d’un style étranger ?… dont la présentation des plats ressemble plus à du japonais mais n’a plus rien de breton.
    La Bretagne et les Bretons sont en train de perdre leur âme, leur identité, leur civilisation et leur culture. La Bretagne n’est plus en état de redevenir Bretonne. Que les Bretons soient d’accord ou non avec mon point de vue, cela ne changera rien à la réalité.

    • Alain

      Monsieur,

      Vous évoquez la nation bretonne, ce qui est un bon point.

      Pour le reste, je me demande si un Breton vivant depuis l’âge de 5 ans en Indochine (Vietnam, Laos, Cambodge ?) marié à une locale et qui s’exprimerait comme vous le faite serait apprécié par la population?
      A mon humble avis, l’invitation au retour serait rapide…

      La Bretagne ne vit pas au 19ème siècle, pas plus qu’aujourd’hui en « Indochine », les jeunes filles se promènent le long des rizières en robe blanche et chapeau pointu. On peut le regretter, mais c’est ainsi…

      Et la but de votre constat, c’est pour nous vendre quoi à la place??? : La France, le pays le plus déculturé d’Europe, ou l’identité de la population se décide dans les bureaux parisiens…!

      Il existe un point commun entre vous et Monsieur Terrail, vous êtes tous les deux des migrants ayant quitté votre pays. Vous avec vos parents, mais on peut se poser la question du pourquoi ont-ils fait le choix de la France et non de leur propre pays s’ils n’étaient pas déjà des étrangers chez eux… des colonisés français ayant perdu le lien avec leur propre identité et pour lesquels vivre dans leur propre pays n’était plus possible.

      La France a cela de fédérateur, c’est qu’elle conçoit son avenir avec une population de déculturée.
      D’ailleurs, qui est encore capable de nous dire ce qu’est un Français???
      (Un vrai, issu de la nation française et non d’une carte d’identité…)

      En fait, Monsieur Terrail nous évoque le « Grand Remplacement » pour détour de son article.
      Justement, ce « grand remplacement » a déjà commencé avec des personnes comme vous et Monsieur Terrail… vous êtes les premières pièces de ce mécanisme pour avoir l’un comme l’autre perdu votre identité réelle et vous accrocher à une identité artificielle..

      Chez nous en Bretagne, nous avions déjà l’exemple de Per Jakez Helias qui fier comme un coq de parler breton ne l’a pas appris à ses enfants car il fallait pour lui se tourner vers l’avenir, c’est à dire vers l’intégration à la France… Lui aussi un colonisé qui ne voyait son identité que comme une pièce de musée à mettre sous cloche et à préserver précieusement de la poussière.

      Demain, les colonisés qui nous vendrons la France seront d’une autre trempe que vous… Ils se sont déjà installé depuis les années 70, officiellement devenu Français, rêvant d’un « Bled » romantique dans lequel ils ne peuvent plus vivre… Et quelques millions se prépare à faire de même… Leur religion est d’ailleurs Républicainement compatible à en croire les Français déculturés…

      La Bretagne est peut-être en train de disparaître, mais la France a déjà disparue…
      Même Macron reconnait qu’il n’y a PAS de culture française…
      (Pourquoi une telle affirmation, si ce n’était pas dramatiquement vrai!)

      Vous dites que vos enfants sont bretons, j’espère que vous les laisserez choisir entre votre France déculturée et notre Bretagne qui je peux vous l’assurer ne veut pas disparaître…

      En tout cas, vous ne serez pas le premier à vous installer en Bretagne dont les enfants n’accepteront pas le point de vue de leurs parents sur ce que doit être leur avenir.

      PS :
      Juste pour votre info, les Bretons ne sont pas des Gaulois…. même si les 2 cultures étaient similaires, pas plus qu’un Vietnamien n’est un Chinois… Les Gaulois ont disparus (les derniers vers le 9ème siècle), les Bretons existent toujours en Bretagne continentale, en Cornouailles britannique et au Pays de Galles.

      Et ce qu’on appelle la cuisine française est en grande partie issu des cuisiniers de Louis XIV… donc artificielle au sens historique populaire… donc laisser aux Bretons la liberté de décider l’évolution de notre cuisine qui elle est issu du peuple car sauf erreur, les Bretons ne jugent pas l’évolution de la cuisine indochinoise.

      • FrankizBreizh

        Bien dit .