C3 Consultants : le fiasco d’un opérateur de placement

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08/02/2014 – 06H00 Saint-Herblain (Breizh-info.com) – En  2007, au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, pour faire face à la crise de l’emploi,  le gouvernement avait  engagé le processus de fusion de L’ANPE et de L’UNEDIC. Parallèlement ces 2 organismes, qui allaient donner naissance au fameux Pôle emploi, se voyaient obligés d’avoir recours à des opérateurs de placement (OPP). Ces entreprises privées devaient prendre en charge le reclassement de certaines catégories de chômeurs. Selon certaines organisations syndicales, il s’agissait plutôt de les faire disparaître des fichiers de demandeurs d’emploi.

Cette mesure phare du plan « Espoirs banlieues », lancé en février 2008 par Nicolas Sarkozy, devait principalement s’appliquer à 60 000 « jeunes ».  Issus des zones urbaines sensibles, principalement de Seine-Saint- Denis, le but était de les « accompagner vers l’emploi  » durant une période de 6 a 12 mois.

Ce marché des OPP a explosé depuis, les socialistes continuant la même politique. Ainsi, en 2012, 240 000 chômeurs sont passés par ces organismes. Ceci a coûté plus de 300 millions d’euros à Pôle emploi, sans que les résultats en matière de reclassement soient améliorés.

Attirés par ces financements publics de nombreux OPP se sont créés, sans contrôle, comme cela s’était passé en matière de formation professionnelle.

Avec 600 salariés,  le groupe C3 Consultants  se prétend le leader français des opérateurs privés avec 255 sites regroupés en 4 sociétés. Son siège national est à Saint-Herblain où est aussi implanté le navire amiral du groupe C3 Atlantique. Spécialisé dans le suivi des chômeurs, C3 Atlantique aurait obtenu le plus de contrats avec Pôle emploi. Ces 2 dernières années, C3 a racheté nombre de ses concurrents en faillite, qui avaient été sanctionnés par Pôle emploi, suite à des dossiers qui  comportaient de fausses dates d’entretien, de fausses signatures de chômeurs…

Mais ces méthodes douteuses de reclassement étaient aussi pratiquées par C3 Consultants, particulièrement en Seine Saint-Denis. Après enquête de l’inspection du travail, il est apparu que, dès fin 2012, près de 40 % des dossiers « jeunes » étaient falsifiés ou tout simplement faux ! 70 % des embauches déclarées n’avaient pas eu lieu . Coût pour l’Etat 13 millions d’euros sur un marché de 22.

Toutefois C3, qui avait des relations au ministère du Travail, gardait son juteux marché, ses « fautes » étant minorées à  1,9 million d’euros. « Sur un marché de 22 millions, ça ne fait que 10% , c’est un taux très acceptable » devait déclarer Thierry Frère le patron de C3. Quant au Préfet à l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis, il lâchait de son côté : « Cet accord est surprenant ça nous dépasse ».  (Le Monde  3 février 2014).

Pendant plus d’un an, Pôle emploi allait continuer à financer des actions de reclassement  à une société qui ne payait plus à l’URSSAF ses cotisations sociales et de chômage. Etonnante mansuétude.

Il y a moins d’un an, C3  obtenait un nouveau et important marché avec le conseil général de Loire Atlantique à l’initiative de Gérard Allard (élu PS du canton de Rezé Bouaye et candidat à la mairie de Rezé).  L’assemblée débloquait 190 000 € pour réaliser 75 CV vidéos (de 45 secondes !) visibles sur son nouveau site internet dédié au recrutement. Les jeunes retenus pour cette expérience devaient bénéficier d’un « coaching intensif ». L’opération enthousiasmait alors Alain Robert, adjoint au maire de Nantes et vice-président ‘délégué aux solidarités et à l’insertion’ du conseil général. Il déclarait : « Avec le site et le coaching nous allons redonner confiance aux jeunes » (Ouest France 19 avril 2013). Las, ce fût un fiasco.

Aujourd’hui, le marché des cabinets de placement fait naufrage. C3 consultants qui se voulait « un spécialiste aux méthodes éprouvées » est en grande difficulté. Sa filiale nantaise vient de déposer le bilan, risquant ainsi de voir ses 150 salariés aller grossir les fichiers de Pôle emploi.

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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6 Commentaires

  1. A la base, c’est Pôle emploi qui est responsable de ce genre de dérive. On passe des marchés qui favorisent les grosses structures, en éliminant la concurrence, avec comme principale préoccupation de vendre des prestations à prix cassé et avec des objectifs impossibles à tenir au prix fixé. Ensuite les boites retenues après appel d’offres cherchent à se refaire comme elles peuvent. Comme elles ne sont pas payées pour les demandeurs d’emploi qui oublient de se déplacer, les coûts fixes continuant à courir, elles finissent par faire des bêtises. C3 consultant n’est sûrement pas le seul, mais comme c’est un gros poisson, c’est lui qu’on épingle en premier. On ferait mieux d’en faire moins, de tirer les chômeurs en fonction de leur autonomie à chercher un emploi et de faire dans la qualité plutôt que dans le nombre.

  2. En effet, en tant que salariée d’OPP je constate que les coûts quotidiens sont importants : déplacements des conseillers dans plusieurs villes, fournitures, locaux loués dans chaque ville pour obtenir les marchés etc.
    Les dérives évoquées proviennent du fait que les cahiers des charges sont drastiques : dates de fin de prestations à ne pas dépasser d’un jour notamment. Les conseillers sont des professionnels compétents (souvent sur-diplômés d’ailleurs) et engagés auprès du public, mais ce ne sont pas des robots. Quand vous avez des prestations qui démarrent et qui se terminent chaque semaine, il est impossible de prendre des congés. Je constate que même mes collègues expérimentés ne peuvent s’arrêter plus d’une semaine, difficile alors de parler de vacances. Personnellement j’arrive à poser 3 jours maximum de repos, et il m’arrive de travailler malade. Cette semaine une collègue en arrêt pour un membre cassé a essayé de venir travailler, car en regard de sa charge chaque jour d’arrêt signifie retard et donc stress. IL FAUDRAIT QUE LES CAHIERS DES CHARGES EVOLUENT VERS PLUS DE SOUPLESSE. Par exemple si vous recevez une personne 3h de suite (soit 2 RDV le même jour) car vous ne pouvez vous rendre dans la ville qu’une fois dans la semaine, il est interdit de mettre deux RDV à la même date. Il faut donc modifier la date pour que le livrable soit recevable par Pôle Emploi. Autre point important : sur la plupart des prestations il n’y a pas d’objectif de placement mais d’identification de pistes professionnelles de reclassement. Autrement dit sur une presta de type bilan de compétences il s’agit d’un travail d’orientation, qui s’il est bien réalisé PAR LE DEMANDEUR (le conseiller transmet la technique et amène la personne à devenir autonome) donne des résultats positifs généralement quelques mois après sa réalisation (il y a en effet souvent une formation à envisager lors d’une reconversion). Il ne faut donc pas juger les OPP sur les taux de retour à l’emploi immédiats, objectifs qui ne concernent pas toutes les prestations.

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