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03/04/2014 – 18h00 Saint-Nazaire (Breizh-info.com) –  La commune de Trignac, limitrophe de Saint-Nazaire, a été créée le 1er janvier 1914 à l’ombre de ses célèbres forges implantées en 1879. Celles-ci  fonctionnèrent jusqu’en 1947 et furent au XIXème et au XXème siècle le théâtre de durs conflits ouvriers. Dès 1919 Trignac élisait une municipalité socialiste SFIO.  Après la seconde guerre mondiale les communistes  s’emparèrent de la ville et firent de Trignac selon leur vocabulaire une « forteresse ouvrière », d’aucuns disaient « stalinienne » en voyant l’urbanisme gris et triste de la cité.

La dernière municipalité communiste de Loire Atlantique n’aura pas survécu au déclin irrémédiable du PC dans la Basse Loire. Trignac avait encore voté Hollande à plus de 70% aux dernières Présidentielles. Elle s’est donnée le 23 mars dernier une équipe municipale « de droite » dès le 1er tour, avec 45 voix de majorité. Un véritable coup de tonnerre politique.

Après des années de travail de terrain, c’est David Pelon,  tête de la liste « Trignac ouverture » – un intitulé bien trouvé – qui s’est emparé de l’hôtel de ville. Le nouveau maire de Trignac, par ailleurs délégué UMP de la circonscription, avait en effet inclus dans sa liste, ce qui avait été révélé avant le 1er tour, deux membres du FN. Le score de Marine Le Pen (19% contre 14% pour Sarkozy) n’était probablement pas étranger à ce choix.

Un choix que David Pelon assume sans complexe: « Oui nous avons deux colistiers du Rassemblement bleu marine […] seuls leurs compétences, leur savoir faire, leur disponibilité pour tous les habitants ont nourri notre programme d’intérêt collectif » ajoutant : « Nous mesurons la tâche qui nous attend… beaucoup attendaient ce moment depuis de longues années, j’imagine ».

Après une semaine où elle n’a pas décoléré, la maire sortante communiste, Sabine Mahé, a cosigné le 1er avril (au lendemain du succès du FN dans les quartiers populaires de  Saint Nazaire) avec la fédération du Parti communiste de Loire Atlantique un communiqué menaçant : « Voilà que l’UMP fait élire des candidats FN. C’est insupportable ! Jean-François Copé avait pourtant indiqué que ‘tout colistier UMP sera exclu du parti’ en cas d’accord avec le Front National ». Le PC demande donc de façon comminatoire que « l’UMP de Loire Atlantique prenne ses responsabilités en se désolidarisant de David Pelon et en prenant les mesures nécessaires ».

Réagissant à cet oukase, le président de l’UMP 44, François Pinte, a aussitôt tweeté en acquiesçant aux ordres du PC: « L’UMP 44 vient d’apprendre (sic) et condamne aussitôt sans réserve la participation sur la liste de deux militants FN et saisit aussitôt le bureau politique de l’UMP pour les suites à donner à cette affaire. »

En pleine vague bleue,  au contraire des fédérations de Vendée ou du Maine-et-Loire, l’UMP de Loire- Atlantique  n’a pas été capable de l’emporter dans une seule grande ville du département. Cet échec notoire ne semble pas troubler outre mesure Monsieur Pinte. Il se déclarait dimanche dernier « satisfait devant les très bons résultats observés. C’est une satisfaction sur Nantes où Laurence Garnier fait un excellent score ».  Un patron de parti qui se réjouit des défaites et déplore certains succès, cela méritait d’être souligné.

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