Notre-Dame-des-Landes : l’avis des patrons Bretons doit compter [tribune libre]

A LA UNE

Louis Le Duff, patron fondateur du groupe Le Duff (1,5 milliard d’euro, 29 000 emplois) vient de laisser entendre qu’un report voire une annulation du projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes entraînerait une remise en question de son retour au pays avec l’installation programmée de son siège social à Rennes (et la création d’emploi et de dynamisme économique qui va avec).

Comme d’autres membres du « club des trente » du nom de cette fédération de dirigeants Bretons, M. Le Duff est inquiet de voir que pour des raisons purement électoralistes  et sous la pression d’une minorité, souvent totalement déconnectée des réalités économiques et surtout des perspectives pour la Bretagne de demain, le projet pourrait être reporté.

Alors que des dirigeants bretons comme Alain Glon s’évertuent depuis des années à oeuvrer  pour la libération économique de la Bretagne, en créant notamment cercles de réflexion et de formations (comme l’institut de Locarn), mais également projets économiques et coopératifs ou associatifs concrets – l’exemple de Redeo, véritable révolution bretonne en est la preuve – il semblerait que des forces quasi-réactionnaires (ou tout du moins anti-bretonne) soient à l’oeuvre sur ce dossier de l’aéroport comme sur d’autres pour freiner des quatre fers le dynamisme et l’essor économique breton.

Les perspectives d’une Bretagne économiquement forte et autonome, avec de nombreuses créations d’emplois à la clé et donc de facto, une prosperité populaire retrouvée, ne vaut-elle pas d’écouter un peu plus attentivement les paroles (sans pour autant les boire aveuglément) de ceux qui – comme M. Le Duff ou M. Glon – ont déjà contribué dans les années 70 à un certain essor économique de la Bretagne et à la popularisation mondiale d’un savoir-faire Breton ?

La poignée d’écologistes, de militants d’extrême-gauche et de nostalgiques des années « baba » (car qui d’autre occupe le site aujourd’hui ? La grande majorité des agriculteurs ayant cédé leurs terres …) comptent t-ils plus pour les pouvoirs politiques en place que le destin économique, social et culturel de la Bretagne ?

Les grands patrons bretons ne devraient t-ils pas couper tous liens de subordination ou de « copinage » avec les pouvoirs politiques français pour se mettre au service exclusif de la Bretagne, ce qui leur procurerait sans doute toute la légitimité qu’ils n’ont pas encore auprès de la population qui les voient  plus du côté des patrons et du pouvoir, moins du côté de la Bretagne et des Bretons ?

Ne devraient-t-ils pas également prendre clairement position sur l’aéroport, qui a vocation a être prioritairement celui de tous les Bretons et non pas celui d’un « grand-Ouest » que les amis de Jean-Marc Ayrault appellent de tous leurs voeux ?

Quel que soit l’avis de chacun sur la question de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et quand bien même il est vrai qu’un agrandissement des aéroports existants, notamment dans l’Ouest Breton , ou une accélération du réseau ferroviaire et routier entre Brest et Nantes devraient aller de pair avec la construction d’un aéroport situé au sud-Est de la Bretagne, la menace proférée par M. Le Duff de ne pas implanter son siège social à Rennes ne doit pas être prise à la légère.

Il en va de l’avenir économique de la Bretagne et de son peuple, sûrement pas d’une minorité agissante mais profondément égoïste voir nihiliste.

 Jean-Paul Hirel

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

Le migrant clandestin étant rentré sur la pelouse lors d’OM-PSG…laissé libre

Dimanche soir avait lieu le match entre l'Olympique de Marseille et le PSG, pour le compte du championnat de...

Rennes Métropole. Ces 33 maires de gauche qui veulent toujours plus de migrants en Bretagne et en France

Alors que les sondages, comme les intentions de vote, témoignent chaque jour d'un souhait majoritaire des Français d'en finir...

7 Commentaires

  1. A vous lire, on se dit que les patrons bretons auraient bien besoin d’un aéroport, en effet. Et aussi, peut-être, du téléphone, de l’électricité et du tout-à-l’égout. Car enfin, l’aéroport, il existe ! Le projet de Notre-Dame-des-Landes consiste seulement à le déplacer d’une vingtaine de kilomètres vers le Nord.
    Alors bien sûr, on comprend bien que les patrons préféreraient prendre l’avion au Nord de Nantes plutôt qu’au Sud, mais cet enjeu suffit-il à justifier la construction d’un nouvel aéroport ? Vous avez dit « minorité agissante mais profondément égoïste » ?

    • C’est un pilote de ligne qui vous répond. Effectivement, pas beaucoup de km entre les deux. Mais l’un est en campagne, l’autre en ville et extrêmement dangereux. Pas d’accident pour le moment, mais la probabilité est élevée.

      • Louis Le Duff n’a pas invoqué l’argument de la sécurité. Par ailleurs, tous les navigants ne partagent pas votre avis puisqu’il existe une association de pilote défavorable au projet de NDDL.

        Cela dit, vous en dites trop ou pas assez. En quoi Nantes Atlantique est-il « extrêmement dangereux » ? Le fait de survoler une zone urbaine n’est pas en soi un facteur de danger, ou alors beaucoup d’aéroports du monde entier seraient aussi « extrêmement dangereux » et l’approche n’est pas une phase du vol particulièrement dangereuse. Pourquoi la probabilité d’accident est-elle élevée ? (Aujourd’hui, du moins, puisque l’aéroport fonctionne depuis plus de soixante ans sans accident.) Et pourquoi vos collègues acceptent-ils d’atterrir sur un aéroport « extrêmement dangereux », au péril de leur vie et de celle de leurs passagers ? Pourquoi les syndicats n’invoquent-ils pas le droit de retrait pour que plus un avion ne se pose à Nantes Atlantique, seul moyen d’échapper à la probabilité « élevée » d’un accident ?

        Enfin, que se passera-t-il si le gouvernement renonce au projet, pour des raisons écologiques, politiques ou économiques ? Nantes Atlantique n’en deviendra pas moins dangereux pour autant, mais son avenir commercial sera fort compromis. Si un pilote de ligne me dit qu’il est « extrèmement dangereux », je vais évidemment préférer le train.

  2. Effectivement!
    Voyageant beaucoup à l’étranger pour affaires et donc habitué à visiter les sièges sociaux des entreprises, je remarque que tous mes contacts sont à proximité d’aéroports à vocation internationale. C’est simple les sièges sociaux implantés loin de tout aéroport digne de ce nom sont généralement ceux de petites entreprises qui vivotent. Il ne faut pas se leurrer si à l’heure de la mondialisation on n’est pas à proximité d’un aéroport international (c’est à dire à moins de 2 heures), on est mort.
    Pour revenir sur le cas de NDDL, il faudrait bien sûr que si la décision est prise pour le faire cela doit s’accompagner par la fermeture des autres aéroports à proximité (c’est à dire à moins de 100 km)
    En revanche se pose la question de l’opportunité d’un aéroport (nouveau ou choix de l’agrandissement d’un déjà existant) pour la Bretagne occidentale…. car l’ouest breton sera toujours trop loin géographiquement parlant de NDDL? Faut-il privilégier celui de Brest dans ce cas? vaste programme

  3. En quoi un patron recevant des aides, des subventions, des concours et des secours de Paris pourrait-il prétendre être propriétaire du destin de la Bretagne ?
    Nantes et Rennes possèdent chacun un aéroport.

    Quelque chose ne fonctionne pas. Pourquoi ?
    La réponse ne tient pas dans un nouveau site.

    Le Duff n’est pas Bill Gates. Rendons à la brioche ce qui revient à la brioche, en toute modestie et sans caprice inutile.

    BF
    BF

    • Le patron que vous décrivez n’est sûrement pas Le Duff ! Comme la grande majorité des patrons, il ne vit pas d’aides et de subventions : son entreprise paie des impôts et verse des cotisations sociales et des salaires (dont une partie repart en impôts payés par les salariés). Je suppose qu’elle rapatrie aussi des dividendes de l’étranger. C’est Le Duff qui aide Paris, pas l’inverse ! Et certes, la brioche n’est pas de la high-tech, mais n’en est-il pas que plus méritoire d’avoir réussi à en faire un concept qui réussit dans le monde entier ? Pour une fois qu’une chaîne de restauration rapide n’est pas américaine !
      Chapeau donc à Louis Le Duff en tant que chef d’entreprise… mais — et là je vous rejoins — ça ne le rend pas pour autant propriétaire du destin de la Bretagne.

  4. Vous êtes Bretons vous avez des enfants et vous voulez qu’il restent travailler près de chez vous !
    A l’heure ou on peut se poser la question de la stabilité de la France dans les années à venir !
    Pensez vous que ce soit d’une Bretagne fidèle à l’image d’Épinal qu’il faille aux futures générations, que ce sera suffisant pour faire face à une guerre économique international qui cache son nom ! alors soyez passéiste ! mais attention la sortie du monde des bisounours approche et elle va être dotant plus brutale que l’on ce sera pas donné les moyens de se défendre !

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés