Bretagne. Du vote catholique au vote socialiste. Explications

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 07/05/2014 – 12h00 Bretagne (Breizh-info.com) – Y a t-il un lien entre la chute de la pratique religieuse et la progression électorale de la gauche ?
C’est à ce travail que se sont attelés Hervé le Bras, directeur d’étude à l’Ined, et Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP, à partir de 51 770 réponses à des sondages.
Leur étude intitulée : « la religion dévoilée. Nouvelle géographie du catholicisme » a été publié par la Fondation Jean Jaurès le 23 avril 2014.

Une constatation indiscutable : les régions catholiques, plutôt à droite, se sont rapprochées de la gauche à mesure que leur engagement religieux faiblissait.
C’est ce que montre une comparaison des votes en faveur de Mitterand et de Hollande lors du second tour des élections présidentielles de 1981 et de 2012. De larges zones ont bougé : le grand Ouest et le Massif Central vers la gauche, le Bassin parisien, le rivage de la Méditerranée et la vallée de la Garonne vers la droite.
La majeure partie des gains de la gauche et 2012 par rapport aux résultats de 1981 a concerné des zones catholiques . En ce qui concerne la Bretagne : le Léon, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine.
Le Grand Ouest, où la pratique religieuse était très présente et où sa régression a été rapide, vire à gauche en abandonnant la religion.
D’où une traduction électorale claire : les parents votaient démocrate-chrétien (MRP), les enfants, eux, votent socialiste (PS).
On pratique l’Evangile « autrement », mais c’est toujours la même sensibilité « humaniste » – combinaison de l’idéologie des droits de l’homme et de l’universalisme – qui est à la manoeuvre.
Il faut ajouter qu’en Bretagne, l’implantation du PS à partir des années 1970, a été favorisée par la récupération des militants d’action catholique (syndicalisme, scoutisme, dirigeants d’associations familiales, prêtes défroqués).
Les cadres existaient, ils ne demandaient qu’à se convertir à la nouvelle religiosité.

Aujourd’hui, en France, seuls 56% des Français se déclarent catholiques (CSA, août 2013). A la présidentielle de 2012, 45% des catholiques pratiquants ont voté Nicolas Sarkozy au premier tour, soit 20 points au-dessus de la moyenne nationale et 3,5% pour Marine Le Pen.
Mais 27% des catholiques de moins de 35 ans ont voté FN. (IFOP, Famille Chrétienne, mai 2012).

Un sondage BVA réalisé par Aujourd’hui en France (23 février 2014) détaille ainsi la pratique religieuse en France : 38% de catholiques non pratiquants, 30% de sans religion, 17% de catholiques pratiquants occasionnels, 8% de catholiques pratiquants réguliers et 7% pour les autres religions.

Ces données obligent à relativiser l’importance électorale – et politique – des milieux dits « traditionnalistes » et « intégristes », même si, en certaines occasion, leur force militante peut faire illusion.
C’est ainsi que les sondages accordent en ce moment 0,5% d’intentions de vote aux listes présentées par Christine Boutin aux élections européennes (« Force Vie »).

Photo : Wikimedia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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7 Commentaires

  1. Demat,

    Votre article est un appel à mettre en lumière les fondements de la perversion socialiste qui est un christianisme humaniste amputé de sa dimension théologale, comme le montre Mr. Vincent Peillon dans son livre, une nouvelle religion pour la République. Depuis le siècle des Lumières, nous sommes manipulés
    « Plutôt mourir que la souillure » devrait davantage résonner dans le cœur des catholiques Bretons en étant lucides du réel combat spirituel qui se joue dans ce triste changement que vous nous livrez : « Dieu ou l’Argent, vous ne pouvez servir deux maîtres. », ou encore « là où sera ton cœur, là sera ton trésor. » le plus important n’est pas le bien matériel, mais la vie éternelle. Le Christ est ressuscité ! fr. David

  2. il est aussi important de saisir que la doctrine sociale de l’Eglise va plus loin que la justice sociale humaniste socialiste. Elle s’enracine dans la charité fraternelle qui n’est pas seulement une juste répartition des biens matériels, mais qui implique l’usage du confessionnal où la miséricorde divine fait son oeuvre pour établir une véritable communion. C’est moins confortable, c’est-à-dire plus crucifiant : la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres de cœur. C’est le « vaste labeur de l’Amour » qui seul peut transformer la société.Oui à la réunification de la Bretagne mais pas sans la charité. Que sainte Anne nous aide. fr. David, prêtre.

  3. « On pratique l’Evangile autrement » écrivez-vous, et à mon avis, c’est très vrai : il y a substitution d’une religion à une autre. De même que le christianisme a remplacé le paganisme voici une quinzaine de siècles, le socialisme remplace le catholicisme depuis quelques décennies.
    Cette évolution se fait sans drame car le socialisme est (en ce moment) une religion molle, qui prend la place d’une religion devenue faible. De plus, vous le notez justement, des responsables catholiques ont eux-mêmes montré la voie du transfert d’une foi vers l’autre, sans même s’apercevoir au début que l’une était concurrente de l’autre.
    Le socialisme du 20ème siècle a été créateur de dogmes (droits de l’homme…), d’interdits (certaines choses ne se disent pas…), de cérémonies collectives (manifestations diverses…), de lieux sacrés (mémorials, centres socio-culturels…). Il s’est constitué un tissu d’engagés/obligés (animateurs socio-culturels…) qui succèdent aux bonnes du curé, marguilliers et autres chaisières. Il a ses dévots intégristes toujours prêts à casser les têtes dont le contenu est soupçonné non conforme (antifa…). Je pense que tous ces aspects correspondent à des aspirations profondes des populations de l’Ouest.
    Par ailleurs, ces mêmes populations ont un fort besoin de conformité sociale. Elles ont tendance à faire « comme les autres ». Elles suivent donc l’évolution générale des idées, mais avec un temps de latence : elles ne les adoptent que quand elles se sont imposées ailleurs. La déchristianisation et le passage au socialisme de la Bretagne n’a fait que reproduire avec vingt ou trente ans de retard une vaste évolution générale de la France et de l’Europe occidentale.

  4. Voici deux conférences de Marion Sigaut qui illustrent bien la manipulation des philosophes des Lumières jusqu’à aujourd’hui. il est important de comprendre le lien qui existe avec la théorie du Gender et les Lumières ; qu’en fait, c’est le même fil conducteur qui relie les événements politiques de la France depuis la Révolution: la séparation de l’Eglise et de l’Etat, Mai 68, la théorie du Gender. Quel avenir préparons-nous à nos enfants si nous demeurons complices par omission? fr. David

    l’antihumanisme des Lumières http://www.youtube.com/watch?v=72aFDjwi9Pg
    Le Gender et le rapport Kinsay : http://www.youtube.com/watch?v=72aFDjwi9Pg

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