La colère sociale bretonne partagée entre le FN et Troadec, selon la Fondapol

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25/10/2014 – 08H00 Rennes (Breizh-info.com) Breizh-info a évoqué récemment l’étude de la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique) sur la poussée du Front National et le recul de l’UMP aux élections européennes 2014. Cette étude rédigée par Jérôme Fourquet, de l’IFOP, comprend aussi une analyse détaillée du « vote Troadec ». En effet, si les grandes listes ont dominé le scrutin partout, la Bretagne fait exception avec les 7,2 % des voix de la liste « Nous te ferons, Europe ».

Ce vote, en réalité, n’est pas régional mais très localisé. « Telles des courbes de niveaux, les voix en faveur de cette liste se structurent par cercles concentriques », note Jérôme Fourquet. « L’intensité de ce vote, qui a atteint son maximum à Carhaix-Plouguer (44,6 %) et dans les deux communes voisines du Moustoin (48,4 %) et du Treffin (47,5 %), diminue ensuite progressivement en fonction de la distance à ce foyer. » Elle passe sous la barre des 10 % au-delà de 60 kilomètres.

Le score de Troadec, assure Jérôme Fourquet, n’est pas seulement l’illustration de la « prime au notable » traditionnel. En effet, « Christian Troadec n’est pas un notable au sens traditionnel mais plutôt un ‘entrepreneur politique’ ». Déjà exprimé dans la presse, la brasserie et le spectacle, son tempérament de créateur s’est épanoui à nouveau avec les Bonnets rouges. Après d’autres, Jérôme Fourquet note que « la carte du vote Troadec présente de grandes ressemblances avec la carte de l’insurrection des Bonnets rouges de 1675 ».

Mais elle renvoie aussi à une autre carte, moins ancienne : elle dessine ce que Jean-Jacques Monnier appelle « le sixième département breton », une zone souvent ignorée, parce que située à cheval sur trois départements, « alors qu’elle présente des caractéristiques politiques très particulières » : précocement déchristianisée, elle votait très à gauche du temps où la Bretagne votait à droite. À la faveur de la dépression économique des années 1930 puis de la Résistance pendant la guerre, les PCF y a acquis des positions puissantes. « Si son influence a beaucoup décliné et que le PS a grignoté ses bastions, les racines de ce communisme rural restent vivaces et le tempérament égalitariste et frondeur demeure très répandu dans cette région pauvre et enclavée », estime Jérôme Fourquet.

D’où viennent les électeurs de la liste Troadec ? Elle a « d’abord mordu sur l’électorat socialiste », montre l’étude de la Fondapol : plus son score est élevé, plus le PS recule par rapport aux élections européennes de 2009. Son électorat est au moins en partie celui du FN. En effet « on constate que la poussée frontiste a été moins sensible dans le cœur de la zone d’influence du leader des Bonnets rouges ». La répartition des votes dans les communes frappées par des fermetures d’abattoirs ou d’usines agro-alimentaires le confirme : le vote FN y est très élevé pour la Bretagne (24,3 % à Pleucadeuc)… sauf quand elles sont proches de Carhaix. La « colère sociale » se partage alors entre le FN et Troadec, comme à Poullaouen où le premier a obtenu « seulement » 11,9 % des voix et le second 35,3 %.

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