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25/06/2014 – 07H00 Belfast (Breizh-info.com) – Gerry Conlon est décédé le samedi 21 juin à Belfast, des suites d’un cancer du poumon, à l’âge de 60 ans. Symbole de l’injustice visant les patriotes irlandais, il avait été condamné à tort à la prison à vie pour un attentat à la bombe survenu en 1974 dans un pub fréquenté par les militaires anglais. Gerry Conlon avait effectué quinze années de prison avant que le jugement soit annulé au terme d’un procès en révision. Celui-ci avait permis de mettre en lumière le fait qu’un alibi innocentant Conlon avait été caché lors du premier procès des « 4 de Guilford » (Gerry Conlon, Paul Hill, Carole Richardson and Paddy Armstrong) .
A l’époque, lors du premier procès et alors que la peine de mort était encore en vigueur au Royaume-Uni, le juge qui le condamna avec ses compatriotes à la prison à vie avait regretté que le motif de « trahison » n’ait pas été retenu, celui-ci étant passible de la peine capitale…
L’autobiographie de Gerry Conlon a été adaptée au cinéma en 1993 dans le film magistral « Au nom du père » (In the Name of the Father), récompensé l’année suivante à Berlin par l’Ours d’or du meilleur film, avec Daniel Day-Lewis dans le rôle principal.
« Au nom du père » retrace la vie de celui qui était un petit voyou de Belfast, faisant volontiers, comme toute la jeunesse catholique d’Irlande du Nord, le coup de poing contre les « Brits », c’est à dire les forces d’occupation anglaises présentes à l’époque en Irlande du Nord. Alors qu’il n’a jamais été un militant ni un activiste politique engagé dans l’IRA, il se retrouve malgré lui pris dans l’engrenage de la féroce répression menée par la couronne britannique à l’égard du peuple irlandais, puis condamné à la prison à vie après avoir été jugé coupable d’un attentat ayant tué quatre soldats britanniques et un civil dans un pub en Angleterre.
Emprisonné avec son père (qui décédera en prison, notamment des suites des mauvais traitements) après avoir été torturé et contraint à avouer un acte qu’il n’avait pas commis, Gerry Conlon n’aura dès lors de cesse de se battre pour réclamer l’annulation du procès, qu’il obtiendra quinze années plus tard.
En 2005, 31 années après les évènements, Tony Blair, alors Premier ministre anglais, avait présenté ses excuses au nom de l’Angleterre : « Je suis réellement désolé qu’ils aient été soumis à un tel calvaire et à une telle erreur judiciaire, c’est pourquoi je présente mes excuses aujourd’hui, ils méritent d’être blanchis totalement et publiquement ».
Des excuses tardives, qui sont loin d’avoir apaisé les tensions existantes en Irlande du Nord : alors que les grandes marches orangistes – du nom de cet ordre de protestants loyaux envers la couronne britannique – considérées comme de véritables provocation par les catholiques nord-irlandais, se tiendront notamment pour la plus importante au mois de juillet (le samedi 12, afin de commémorer la bataille de la Boyne), un regain de violence n’est pas à exclure dans les prochaines semaines.
La bombe ayant explosé dans un hôtel de Derry fin mai est là pour le rappeler, au grand dam de ceux qui imaginent pouvoir rassembler deux communautés, l’une attachée à l’Irlande, l’autre à la couronne britannique. Deux communautés qui, générations après générations , se transmettent le flambeau des luttes passées et des plaies toujours ouvertes comme en témoignent les fresques en hommage à l’IRA ou aux combattants loyalistes ornant les quartiers d’habitation des cités d’Ulster …
Au nom du père par kinsa
Crédit photo : DR
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