Education Nationale. « Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe » Anne Coffinier [entretien]

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30/09/2014 ‑08H00 Bretagne (Breizh-info.com) ‑ Nous avions évoqué récemment le travail pour une autre éducation de « la fondation pour l’école« , organisme qui vient en aide aux écoles hors contrat qui se développent partout en France et qui permettent aux parents de choisir la scolarité qu’ils veulent pour leurs enfants, contrairement à la scolarité « subie » au sein de l’Education Nationale.

Nous avons interrogé Anne Coffinier, sa présidente, qui a bien voulu répondre à nos questions, en attendant de nous accorder un entretien vidéo lors de sa venue en Bretagne pour une série de conférence, au mois de Novembre

Breizh-info.com : Pouvez-vous vous présenter, ainsi que la Fondation pour l’école .

Ancienne élève de l’ENA et de la rue d’Ulm, diplomate de métier, mère de 4 enfants, je me suis assez vite passionnée pour les questions éducatives. J’ai découvert les écoles indépendantes à travers mes séjours à l’étranger et la scolarisation de mes enfants. J’ai trouvé que c’était dommage qu’elles soient si peu connues en France alors qu’à l’évidence elles constitueraient une solution pour nombre de familles. Je me suis intéressée de près aux exemples étrangers de financement public du libre choix de l’école parce que je voudrais que l’accès aux écoles indépendantes soit possible pour toutes les bourses.

Breizh-info.com : Depuis sa création, la Fondation pour l’école a vu passer de nombreux ministres de l’Education Nationale. Pour quel résultat aujourd’hui ?

 Malheureusement médiocre. Certains ministres ont eu de bonnes idées mais ils ont toujours été limités dans leurs actions par les syndicats de l’Education, le corps de inspecteurs d’académie et par l’inertie propre à une structure technocratique centralisée aussi gigantesque et idéologisée que l’Education nationale.  Je crois plutôt à la subsidiarité. Les décisions se prennent mieux au plus près du territoire, localement, qu’à Paris, dans des ministères.

Breizh-info.com : Cette déliquescence de l’Education Nationale n’est-elle pas une aubaine pour les écoles dites « hors contrat » ?

L’Education nationale scolarise 80% des petits Français. La faillite de l’Education nationale est donc un drame majeur pour notre pays, un douloureux gaspillage humain dont nul ne pourrait se réjouir. Il est évident que face à l’incapacité de l’Education nationale à poser les bons diagnostics et à se réformer,  de plus en plus de professeurs et de parents cherchent une planche de salut hors de l’école publique. Heureusement qu’il y a des écoles libres, et heureusement qu’il est possible d’en créer de nouvelles ! Cela permet de sauver de l’échec scolaire nombre d’enfants et de développer des solutions éducatives innovantes qui seront précieuses pour inspirer les décideurs politiques le jour où ils auront la volonté politique de réformer l’Education nationale.

Breizh-info.com : Que vous inspire l’arrivée de la controversée (l’ayatollah selon valeurs actuelles) Najat Belkacem à la place de Vincent Peillon ? 

 Rien, si ce n’est qu’elle incarne à elle seule la nouvelle mission que se donne l’Education nationale à elle-même à savoir non plus transmettre des connaissances et une aptitude à raisonner mais de former la conscience morale et politique des enfants. Je dois dire que je ne suis pas en accord avec ce glissement de priorité. Je suis plutôt de l’avis de Jules Ferry qui disait que le champ d’intervention de l’école s’arrêtait là où la conscience de ne serait-ce qu’un seul père de famille risquait d’être froissée. Je suppose qu’il doit se retourner dans sa tombe.

Breizh-info.com : Les écoles hors contrat sont encore jugées par beaucoup ou bien chères, ou bien à connotation religieuse ; est-ce le cas ?

 C’est totalement faux. Ces personnes ont une image en retard de 30 ans de ces écoles indépendantes. Aujourd’hui 3 écoles sur 5 sont non confessionnelles. Par ailleurs, en mettant de côté les écoles bilingues et les « boites à bac » qui représentent une petite frange de ces écoles, elles ne sont pas tellement plus chères que les écoles sous contrat de grandes villes, tout en présentant des avantages pédagogiques bien plus intéressants : suivi individualisé des enfants, liberté des méthodes pédagogiques, liberté du recrutement et de la formation des professeurs, liberté de l’organisation du temps scolaire. De manière générale, il faut compter 160 euros par mois et par élève pour le primaire et 270 euros pour le secondaire (sur 10 mois). Ne perdons pas de vue que notre système scolaire privé est particulièrement peu cher par rapport à ce qui se fait ailleurs dans le Monde.  Les écoles indépendantes françaises par exemple coûtent 10 fois moins cher que leurs consœurs britanniques ! En France, choisir une école indépendante demande de l’audace, une liberté par rapport aux bienséances sociales… En Grande-Bretagne, au contraire, choisir une des « public schools » c’est faire le choix d’appartenir aux élites sociales du pays. Certaines écoles indépendantes sont fondées sur une confession religieuse. Cela ne me pose aucun problème personnellement. Je considère cela parfaitement légitime dès lors que c’est le choix des parents et que l’ordre public est respecté.

Breizh-info.com : Le maillage territorial de ces écoles semble encore un peu faible, dans une société où l’essence est toujours plus chère. Des parents d’élèves sans formation de professeurs peuvent-ils monter une école hors contrat ? Quelle est la procédure à suivre ? Le rôle de la fondation pour l’école ?

 Le maillage est quand même de plus en plus dense. Considérez par exemple que rien que pour cette année, 51 établissements de plus ont ouvert en France.  Néanmoins, de plus en plus de personnes portent un projet de création d’école en plus des écoles indépendantes déjà existantes. Ce type de projet rencontre aujourd’hui un véritable engouement alors que c’est pourtant très exigeant. L’association Créer son école (www.creer-son-ecole.com) est là pour accompagner et conseiller gratuitement les créateurs d’école. La Fondation pour l’école subventionne les meilleurs projets (www.fondationpourlecole.org). Les professeurs de ces écoles peuvent se former dans notre Institut Libre de Formation des Maîtres (ilfm, www.ilfm-formation.com). Les écoles indépendantes s’organisent de plus en plus. Il y a des réseaux régionaux, des fondations spécialisées pour tel ou tel type d’école. C’est un milieu très dynamique et inventif.

Breizh-info.com : Comment récolter les fonds pour ouvrir une école hors contrat ? Doivent-elles à terme devenir la norme, et remplacer l’école unique ?

 Les écoles indépendantes développées sous statut associatif ont le droit d’émettre des reçus fiscaux qui permettent de défiscaliser 60 % du don au titre de l’impôt sur les sociétés ou 66 % au titre de l’impôt sur le revenu. SI le projet est solide et l’équipe éducative convaincante, les écoles indépendantes parviennent généralement à trouver les fonds nécessaires auprès de particuliers de la région. Des journées portes ouvertes permettent aux personnes de se rendre compte par elle-même de la qualité du travail accompli. Cela dit, notre fondation milite pour un financement public du libre choix scolaire. Il nous semble que c’est vraiment une question de justice. Sans financement public, l’accès aux écoles indépendantes est réservé aux plus aisés. La liberté d’éducation reste le privilège des plus nantis. Ce n’est pas juste. C’est pour cela que nous interpellons sans cesse l’Etat sur la nécessité qu’il a de financer le libre choix de l’école. Ainsi, le choix serait rendu aux citoyens qui pourraient eux-mêmes déterminer l’école dans laquelle leur enfant serait scolarisée. 8 > Etes-vous inquiètes pour les générations futures ?

Il faut se battre pour la justice sociale, l’accès de tous à une école de qualité librement choisie. Courageusement, jour après jour. C’est ainsi qu’on pourra construire une école digne de l’homme.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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3 Commentaires

  1. Avec le libéralisme voulu par l’UE Éducation Nationale de Jules Ferry est appelé à disparaître .toutes nos institutions publique disparaîtront petit à petit , grâce à vous peuple français .

  2. Demandez aux pédagos français pourquoi l’école est en ruine aujourd’hui: ils vous dirons: c’est la faute des enseignants; alors que ce sont leurs lubies imposées aux enseignants qui crétinisent nos enfants

  3. Merci pour tous ces liens !

    @moinsquatre: les théories pédagos-gauchistes sont le nœud du problème, mais il faut bien des enseignants fautifs pour les appliquer ! De nos jours les profs, élèves sous Jack Lang, ont un faible niveau culturel, linguistique et pratique, ce ne sont plus « des cerveaux respectés ». C’est un facteur à ne pas négliger de leur perte d’autorité, à côté de la féminisation, de la décadence des mœurs et du Grand Remplacement.

    Sur la féminisation : les mères-enseignantes ont un second travail au foyer, ce qui les empêche de se sacrifier comme des hommes. Elles manquent d’autorité. Elles brillent par leur docilité quand il s’agit d’appliquer les programmes post-modernes… et c’est d’autant plus tragique que les nombreux enfants de familles monoparentales ont un besoin terrible de figures paternelles.

    Réformes d’urgence :
    1) augmenter les salaires des profs autour de 2*SMIC, afin d’attirer les meilleurs
    2) recrutement plus exigeant, pas forcément dans les diplômes (si faciles à obtenir), mais en culture générale…
    3) autoriser les meilleurs à faire cours, s’ils le veulent, autant qu’ils le veulent dans le temps légal. Si nos meilleurs cadres travaillent 70 h payés 6000€, c’est qu’ils aiment leur métier. Pas de raison que les plus brillants professeurs n’aient pas le droit de faire ce qu’ils aiment.

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