Grande Distribution. Des fruits et légumes moins chers, mais de qualité très discutable

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26/05/2015 – 08H00 Saint-Brieuc (Breizh-info.com) – La qualité des fruits et légumes dans  la grande distribution baisse constamment, quoi qu’en disent par ailleurs les publicitaires. Il suffit, pour s’en apercevoir, de mener sa propre enquête, à travers plusieurs enseignes, ce que nous avons réalisé sur plusieurs mois pour Breizh-info.com.

Ainsi, nous nous sommes procurés plusieurs semaines de suite des paniers de fruits et légumes dans deux hypermarchés de la région briochine, dans un supermarché de la région nantaise, et dans un autre de la région vannetaise. Nous avons fait la même démarche, cette fois-ci auprès de magasins biologiques ou directement en provenance d’un petit producteur bio.

Concernant le prix, tout d’abord : pour un panier de fruits et légumes coûtant 15€ chez BioCoop ou 13€ chez un producteur bio, il coûtera environ 13€ également dans un supermarché s’il est biologique, mais seulement 8€ si il ne l’est pas.

Concernant la qualité, ensuite : Chez Biocoop ou un producteur local, l’ensemble des produits (qui sont forcément de saison, ce qui n’est pas le cas de la grande distribution) dégagent une senteur, une saveur et un goût (consommé cru ou cuit) impossible à retrouver sur les produits de supermarché, y compris dits biologiques, et cela d’avis unanimes parmi nos « testeurs ».

Concernant la conservation, enfin : que les fruits et légumes poussent dans votre jardin ou proviennent d’un Biocoop ou d’un producteur local, vous pourrez les conserver sans problème à température ambiante, plusieurs jours, voir plusieurs semaines pour certains gros légumes.

Ce n’est absolument pas le cas des produits de supermarché, victimes de la chaîne du froid et des multiples changements de températures durant leur transport et leur stockage. Nous avons ainsi fait l’expérience avec des fraises – moisies moins de 24h après achat – des poires ou des avocats à peine mûrs à l’achat et non consommables quelques jours plus tard seulement, etc.

A noter que par deux fois, des responsables de supermarché à qui nous posions la question des fruits qui pourrissent rapidement, nous ont répondu le plus naturellement du monde qu’il fallait « mettre ces derniers au frigo », ce qui constitue pourtant une hérésie alimentaire.

« Ma conclusion, c’est que les fruits et légumes de supermarché , bio ou pas, n’ont absolument aucun goût. Il n y aucun plaisir à les manger, et en plus, il faut les manger vite, sinon ils pourrissent …» souligne une de nos « cobaye » , mère de famille résidant à Saint-Brieuc. « C’est vrai qu’ils sont moins chers que dans les magasins spécialisés ou chez le producteur, mais tout est une question de priorité : la nourriture fait partie des besoins vitaux, elle doit donc être une priorité du budget à mon sens ».

La question de budget ne tient pas non plus pour Bernard, un autre de nos cobayes : « manger de la m… , c’est se détruire à petit feu, donc avoir un coût non négligeable, pour sa famille comme pour la société. Certes on peut passer parfois du simple au double entre le supermarché, le hard discount et le magasin bio. Mais si vous ajoutez les barres chocolatées et autres sucreries totalement inutiles d’un point de vue alimentaire, alors vous payez le même prix  ».

La multiplication des ouvertures de Biocoop ainsi que le développement des réseaux de producteurs locaux tend à démocratiser l’accès à une nourriture saine et de qualité.  A contrario, les réseaux de grande distribution semblent peu soucieux du confort, de la qualité et du plaisir alimentaire des consommateurs – la multiplication des rayons « bio » ou « locaux » paraissant traduire simplement la tentative de conquête d’un nouveau marché, sans pourtant fournir le service pour lequel le consommateur paye.

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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1 COMMENTAIRE

  1. La conclusion soulève deux questions.
    – Peut on passer au 100% bio en circuit court ? Ou en d’autres termes, il y a-t-il assez de terres arables pour le bio ?
    – La démocratisation du bio, pourtant « nécessaire », ne va-t-elle pas engendrer une course au bon marché, un trafic de label comme pour les AOC, et finalement un nivellement de la qualité des aliments par le bas ?

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