L’Afrique au XXIème siècle – 4,2 milliards de personnes, par Yves-Marie Laulan

A LA UNE

Au commencement était le Verbe, nous dit la Bible. En démographie, au contraire, tout commence par des chiffres.

Voyons donc ceux que les Nations Unies nous prédisent pour l’Afrique en 2100.

  1. Selon les démographes onusiens, l’Afrique en 2100 compterait 4,2 milliards d’Africains, contre 1,2 milliard aujourd’hui. Cela représenterait donc un quasi quadruplement de la population actuelle. L’Afrique deviendrait ainsi un géant démographique aux proportions colossales.

Dès lors, l’Afrique, à elle seule, formerait presque la moitié de la population de la planète, 45% très exactement. Mais, chose remarquable, sa population serait près de neuf fois plus importante que celle  de notre Europe, laquelle devrait rester autour de 500 millions d’habitants, comme aujourd’hui. Ce rapport, lui aussi, nous interpelle.

  1. Car, derrière les chiffres bruts, se cache leur interprétation en termes géopolitiques. C’est très exactement la vocation de l’Institut de Géopolitique des Populations qui entend également jouer le rôle de vigie dans le domaine géopolitique.

Une vigie, comme on le sait, c’est le marin hissé tout en haut de la hune du navire qui s’efforce de distinguer les obstacles qui peuvent se présenter sur sa route pour prévenir une catastrophe.

Si le Titanic avait eu  une bonne vigie, il ne se serait pas écrasé contre  l’iceberg.

Que signifient donc les  chiffres que nous venons de citer en termes de :

Croissance économique : l’Afrique pourra-t-elle se développer et nourrir cette énorme population supplémentaire au cours de ce siècle ? Et, si oui, à quelles conditions ? Mais pas seulement la nourrir, mais aussi la loger, la soigner, l’employer etc. etc.

Sécurité : si l’Islam continue de se répandre en Afrique, ne faut-il pas craindre l’apparition d’un Islam radical susceptible de provoquer d’immenses massacres sur une grande échelle, comme le fait déjà Boko Haram au Nigéria ?

Flux migratoires vers l’Europe : Si l’Afrique ne parvient pas à se nourrir convenablement, les flux migratoires vers l’Europe, dont on voit aujourd’hui les prodromes, ne vont-ils pas se gonfler démesurément ? Or, une chose est de maîtriser plus ou moins des flux de l’ordre de dizaines de milliers par an, mais des flux de centaines de milliers, voire de centaines de millions de candidats à l’émigration, posent un défi d’une toute autre dimension.

Chassés par la misère et le désespoir, ces migrants vont se présenter  aux portes de l’Europe à la recherche d’une vie meilleure, les fameux trois S : Sécurité physique, Sécurité sociale, Subsistances. Cet afflux ne va pas manquer de susciter  des réactions de xénophobie très violentes.

Après avoir négligemment ignoré le problème pendant des années, voilà les gouvernements de l’Europe, et ses institutions, le dos au mur. Il leur faudra choisir. Or, toutes les solutions sont difficiles, voire douloureuses.

Cela va se traduire sans doute par un réexamen du droit à l’immigration. L’immigration, de quoi s’agit-il ? C’est le choix d’un individu, ou d’une communauté, de quitter son territoire pour venir s’installer sur celui  du voisin, sans en demander la permission. Tant que cet exode porte sur des flux faibles, ça passe. Mais quand ces flux deviennent gigantesques, ça casse. Comme toujours en démographie, tout est une question  de chiffres, de nombres, de volumes, et non de bons sentiments.

Il faut donc se garder de se conforter par des propos sécurisants et regarder la réalité en face de façon à rechercher  des solutions viables au mal africain, avant que ce mal ne devienne une malédiction. Il  serait alors trop tard pour y remédier.

Car ne nous y trompons pas. L’Afrique et l’Europe ont un destin solidaire. Il faut aider l’Afrique à maîtriser son destin. C’est  aussi le nôtre. Cela passe sans doute par un plan Marshall européen massif pour l’Afrique et aussi un programme massif visant à l’amélioration de la condition de la femme en Afrique. C’est la clef de l’avenir du continent.

Yves-Marie Laulan

Essayiste français, docteur en science économique, organisateur du Colloque « L’Afrique au XXIème siècle », Président de l’Institut de Géopolitique des Populations, Yves-Marie Laulan  est l’auteur de  « La préférence nationale pour la médiocrité, De Nicolas Sarkozy à François Hollande » aux éditions L’Harmattan.

Source : Metamag

Photo : DR

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

Démolition, le Journal d’Anne France, Alternative Ulster, Pôle emploi la machine à asservir, J-M Caradec : la sélection littéraire hebdomadaire

Démolition, le Journal d'Anne France, Alternative Ulster, Pôle emploi la machine à asservir, J-M Caradec : voici la sélection...

Nantes. Huit vide-greniers et autant de règles sanitaires ?

Maintenant que de nombreuses associations sont enfin au point quant aux règles sanitaires à appliquer aux vide-greniers, et qu’un...

4 Commentaires

  1. Frans Timmermans (premier vice-président de la Commission européenne) : « Nous avons besoin des ces migrants, au vu de la démographie européenne ». Pour les dirigeants de l’UE, l’arrivée des migrants est donc quasiment une aubaine. Les européens ne voulaient plus de l’immigration, mais comme il s’agit de répondre à une crise humanitaire, ils se laissent attendrir… jusqu’à quand, là est la question…

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés