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Catalogne. Un premier pas vers l’indépendance ?

29/09/2015 – 07H00 Barcelone (Breizh-info.com) – Si Artur Mas peut être satisfait – le président indépendantiste sortant a en effet largement remporté  les élections régionales qui se sont tenues dimanche 27 septembre – l’indépendance de la Catalogne est cependant loin d’être acquise.

Avec 62 députés, la liste « Junts pel si » (Ensemble pour le oui), qui réunit nationalistes de droite et indépendantistes de gauche est le premier parti de Catalogne. En ajoutant les 10 députés de la Candidatura d’Unitat Popular (Candidature d’unité populaire – CUP),  un parti politique indépendantiste catalan de la gauche radicale, les indépendantistes obtiennent la majorité absolue en nombre de sièges (72).

Derrière le bloc indépendantiste, on trouve Ciudadanos (Citoyens), un parti de centre-droit unioniste qui aura 25 députés (18 % des voix). Il devance largement le Parti populaire, au pouvoir à Madrid,  qui ne réussit à faire élire que 11 députés (8,5% des voix).

Malgré la forte participation des électeurs à ce scrutin – 77,5 %, soit 10,5 points de plus que lors de la précédente élection en 2012 – les indépendantistes n’ont cependant  pas réussi à recueillir la majorité des suffrages (47,8 %).

Ces résultats ouvrent-ils la voie vers l’indépendance de la Catalogne ? Il est vrai que la liste « Junts pel si » a pris l’engagement de mettre en place des « structures d’Etat » dans le but de permettre un transfert de souveraineté, avant la tenue d’élections constituantes qui doivent intervenir dans un délai maximal de 18 mois. Le fait que les indépendantistes n’aient pas obtenu la majorité des voix rend cependant incertain le résultat  des élections constituantes.

Autre difficulté de taille : Madrid, qui n’entend pas  voir la Catalogne se séparer de l’Espagne pourrait multiplier les recours devant la justice pour tenter d’entraver le processus indépendantiste. Si la plupart des partis espagnols sont prêts à accepter une autonomie accrue de la région, qui passerait par une réforme de la constitution, ils sont hostiles à la perspective d’une indépendance totale, qu’il s’agisse des formations de droite, de  gauche ou d’extrême gauche (Podemos).

Plusieurs chefs d’État ont tenu à donner leur avis sur la question catalane – pour signifier leur hostilité à la volonté d’indépendance de Barcelone. David Cameron (Grande-Bretagne) et Angela Merkel (Allemagne) ont déjà prévenu qu’ils ne reconnaîtraient pas une déclaration d’indépendance unilatérale. Barack Obama s’est cru de son côté obligé de manifester son attachement au statu quo, tandis que Jean-Claude Juncker déclarait que « le maintien de la Catalogne au sein de l’Union européenne n’est pas acquis ». Manuel Valls, d’origine catalane, a tenu de son côté à rappeler son attachement à l’unité de l’Espagne : « Je fais attention comme premier ministre de la France à ne pas intervenir dans le débat d’un autre pays (sic). Mais j’ai une conviction: dans ces moments difficiles nous avons besoin d’une Espagne unie et forte, parce que l’Espagne est un partenaire de la France dans bien des domaines ».

Comme en Grande-Bretagne lors de la campagne du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, les banquiers ont pris position : Luis Maria Linde, gouverneur de la Banque d’Espagne, a déclaré qu’«une sortie de l’Union implique une sortie de la zone euro», ce qui aurait pour conséquence de priver les banques catalanes de leur accès direct aux liquidités de la Banque centrale européenne. Manifestement le chemin de l’indépendance ne sera pas un long fleuve tranquille.

Crédit photo  :  DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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5 réponses à “Catalogne. Un premier pas vers l’indépendance ?”

  1. ColonelFabien2 dit :

    Si on applique ça à la Bretagne Historique : Autonomie ou Indépendance ? Monnaie Euro ou Monnaie style Breizho ou Sonantes , indexée sur l’or, le dollar ou l’euro ? Quels seront alors les rapports de la Bretagne avec la France sur tous les domaines (éducation, sécu,sécurité intérieure, diplomatie, imposition et financement des entreprises et des salariés,urbanisme, justice, syndicalisme etc… ?

    Et bien évidemment quel rapport (de la Catalogne ou de la Bretagne) avec l’UE qui a déjà
    – des circuits financiers directs avec les “euro-régions” depuis des décennies (par exemple http://www.europe-en-france.gouv.fr/Configuration-Generale-Pages-secondaires/FEDER +
    – la charte européenne des langues régionales ou minoritaires https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_europ%C3%A9enne_des_langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires
    – des institutions européennes qui poussent à la fragmentation des Etats par les euro-régions comme les lander allemands
    exemples * ARFE dont l’un des promoteurs est Mr RAFFARIN ex-1er ministre de la France (quelle horreur !) http://www.aebr.eu/fr/ + http://www.diploweb.com/cartes/regionsarfe.pdf
    * l’UFCE https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_f%C3%A9d%C3%A9raliste_des_communaut%C3%A9s_ethniques_europ%C3%A9ennes
    * le groupe parlementaire européen Verts-AELE https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_des_Verts/Alliance_libre_europ%C3%A9enne

    Donc si je comprends bien les indépendantistes purs et durs, vous voudriez couper le cordon avec l’Etat Français (“France hors de Breizh”) pour encore plus se soumettre à l’Union Européenne (financements, lois …..) , donc à sa Commission Européenne (dont les membres non élus font venir à grand pas le funeste TAFTA ?)… Vous voulez changer de maître, bravo les gars ! Dites – moi comment cela peut marcher..

    L’Etat Français (et la France) serait-il donc uniquement un occupant dictatorial ?

    Pourquoi ne pas d’abord couper le cordon d’abord avec l’UE (sans pour autant arrêter les liens avec les peuples d’Europe via le Conseil de l’Europe) ?

    Puis ensuite négocier des domaines d’autonomie à l’Etat Central (éducation-instruction, urbanisme, imposition locale par exemple) ?

  2. An dit :

    ColonelFabien2
    “Vous voulez changer de maître, bravo les gars ! Dites – moi comment cela peut marcher..

    L’Etat Français (et la France) serait-il donc uniquement un occupant dictatorial ?

    Pourquoi
    ne pas d’abord couper le cordon d’abord avec l’UE (sans pour autant
    arrêter les liens avec les peuples d’Europe via le Conseil de l’Europe) ?

    Puis
    ensuite négocier des domaines d’autonomie à l’Etat Central
    (éducation-instruction, urbanisme, imposition locale par exemple) ?”
    Comparez déjà l’Etat français avec les autres de l’UE, vous ne pourrez que constater que si ce n’est pas une dictature, c’est son système qui est le moins démocratique.
    L’Etat français a largement travaillé pour construire l’UE. En quoi serait-il une alternative plus valable ?
    Une indépendance peut en entraîner d’autres. Si l’Espagne, la France, le RU disparaissent, la question de la réorganisation de l’UE se posera tout autant que les chimères d’une sortie de l’UE par les zouaves FdG ou FN.
    Pour la France, nulle part on atteindra des scores catalans ou écossais pour l’indépendance. Reste qu’il y a un vrai désir de démocratie et de rapprochement du pouvoir. Un fédéralisme est une solution. Il n’est simplement pas demandé parce que cette tendance est étouffée par l’Etat, qui n’a jamais rien lâché vers le bas (mais à l’UE et à la finance…) il faut alors crier. Et demander un bras pour espérer une phalange de petit doigt.
    Puisque vous aimez posé des questions, pourquoi Paris ? Cette ville et sa concentration du pouvoir sont des aberrations.
    Le problème de bien des indépendantistes est bien Paris et non la France. Mais Paris a convaincu qu’ils en voulaient aux Français ou à l’idée de République, alors que les indépendantistes proposent tous des Républiques et sont plus ouverts à tous les particularismes de la France. Comme elle arrive très bien à tout rejeter sur l’Europe. L’UE est abjecte mais l’arrogance parisienne a cru la dominer. Elle a perdu et fait payer la France.
    Entre un saut dans l’inconnu et une Babylone impuissante, comment reprocher la vivacité et le courage indépendantiste ? Même si cela échouait, il y aurait plus de panache que dans les mantras républicains à la “je suis charlie”. Parce qu’a-t-on à perdre ? La France parisienne a vécu. Avec ses moments de grandeur. Mais c’est terminé. Elle est tombée, comme d’autres, dans la mondialisation (qu’elle a d’ailleurs largement favorisée). Cette mondialisation doit être prise en compte. Les indépendantistes proposent de rééquilibrer en favorisant le localisme.
    De toute façon, la vraie indépendance passe aussi par l’armée. Tant que la mallette nucléaire sera à Paris, elle aura toujours l’énorme pouvoir du protecteur sur la Bretagne, l’Alsace ou la Corse. Alors pas de panique !

    • ColonelFabien2 dit :

      Tout d’abord merci d’avoir pris du temps dans vos réponses intéressantes.

      D’accord avec vous sur Paris (sa concentration des pouvoirs, son arrogance), la preuve est que pas mal de Parisiens non inclus dans ce marigot mondialisé (même ceux qui y sont originaires) quittent la ville centrale pour aller dans l’Ouest (paysages, proximité des liens sociaux, douceur de vivre près de la mer,emplois qualifiés plutôt bien placés…). Et il y aussi le souvenir de la Terreur, des colonnes infernales,du populicide et du mémoricide sur ordre de Paris.

      D’accord avec vous aussi sur le mantras républicain “Je Suis Charlie” auquel je ne me suis pas converti.

      Parce que le localisme très bien, mais comment se débarrasser de toutes ces multinationales qui entraînent les délocalisations de nos emplois dans l’Ouest (et notamment agroalimentaires, où la grande majorité des entreprises qui survivent sont celles qui s’approvisionnent en matières 1ères hors du continent européen).

      Comment atteindre une autosuffisance de bon niveau en ne misant que sur le localisme ? Comment faire pour exporter si nous appliquons une préférence BZH dans tous les domaines (emplois, marchés publics,logements….) ? Il va falloir repenser toute notre industrie,notre tertiaire, notre agriculture et favoriser la production à mort donc ne pas avoir les mêmes pratiques administratives et fiscales que l’Etat Jacobin.

      Ne pas se surcharger en masse salariale des fonctions publiques locales en tous genres pour donner envie de vivre et produire en Bretagne.

      Je me dis quand même que si nous avions encore des préfectures au service des régions/provinces afin de faire l’interface avec l’Etat Français,ils pourraient être plus que des nuisibles.Le militaire, on a beau avoir Lorient et Brest, il vaut mieux pas jouer avec Paris là-dessus.

      Concernant la Catalogne, j’ai l’impression qu’il y a un aussi fort niveau de ressentiment qui date de pas mal de décennies (la retirada, Franco contre les républicains)..+ d’autres sujets à peine effleurés (et qui valent aussi pour la Flandre > Wallonie) : la valeur ajoutée PIB de la Catalogne par rapport au reste de l’Espagne centralisée (le sentiment de devoir payer pour les autres), la langue…

  3. Antoine dit :

    Je trouve que votre analyse est très conventionnelle. J’ai pu lire la même un peu partout.

    La politique c’est bien mais un peu de juridique. Ce scrutin élisait des députés. Les députés indépendantistes sont majoritaires. Ceci dit ces députés ne peuvent pas légalement se séparer de l’Espagne; légalement rien n’est possible comme dans tout les pays du monde entier. Légalement on serait encore dans l’empire romain. Les juristes avouent que le droit ne gère qu’un temporaire existant en attendant une force majeure ( Crimée, Chypres, Taiwan, Alsace, Tchécoslovaquie, etc … )

    Souvenons nous aussi de Georges Bush qui bat Al Gore en nombre d’élus par état alors que ce dernier avait globalement plus de voix. Georges Bush a légalement été élu et a gouverné.

    Maintenant politiquement tout les autres, notamment Podemos, ne sont pas à classer parmi les anti indépendantistes. certains s’abstiennent sur le sujet. A la différence d’un référendum, il y a 3 choix : POUR, CONTRE, NEUTRE. Ces 47.8% en éliminant les NEUTRES font certainement plus de 50%.

  4. Antoine dit :

    Complément sur la monnaie.

    J’ai suivi les débats en UK avec l’Ecosse (je comprends sans problème les écossais quand ils parlent :-) ). Un argument dans lequel s’emmêlait Salmon est l’utilisation de la Pound Br. Il voulait l’utiliser sans implicitement l’accord de Londres, ubuesque. Barroso est également intervenu sur la BBC pour faire peur.

    Cette fois les catalans ont été plus clairs et plus durs. La répartition autoritaire des quotas de migrants venait aussi d’introduire une veritable
    défiance à l’égard de EU. Les interventions EU, et surtout de Sarkozy ne font vraiment pas peur.

    Cette coupure du crédit par l’Espagne est un bluff ou une farce. Si l’Espagne jouait à ce jeu, elle s’écoulerait encore plus fort. EU, BCE, et surtout Madrid, tout le monde se plieraient, il suffit de voir la peur du Grexit.

    Même micro raisonnement avec le Barça, que vaudrait l’audience du Real Madrid sans opposition avec 100% des titres ?

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