Le catalan en déclin : une langue en péril en Catalogne ?

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La langue catalane est en perte de vitesse. Selon une étude menée par le Département de la Politique Linguistique et publiée mercredi 19 février 2025, le catalan n’est plus la langue maternelle que d’un tiers de la population catalane, soit une baisse de 3,5 points de pourcentage en cinq ans. C’est le plus bas niveau enregistré depuis au moins vingt ans. Si la compréhension du catalan reste élevée (93 % de la population), l’étude révèle une diminution progressive de son usage dans la vie quotidienne et une érosion des compétences écrites et orales.

Une baisse constante de l’usage du catalan

Le catalan est aujourd’hui la langue maternelle exclusive de moins de 30 % des habitants de Catalogne âgés de 15 ans et plus. En 2003, cette proportion était encore de 36,2 %, mais elle n’a cessé de reculer au fil des décennies. Une tendance similaire est observée pour l’espagnol, qui, pour la première fois, est la langue maternelle exclusive de moins de la moitié de la population (49,2 %).

L’enquête met également en lumière la progression des habitants déclarant parler à la fois catalan et espagnol comme langues premières, traduisant un bilinguisme croissant qui se fait au détriment de l’usage unique du catalan.

Si 93 % des Catalans comprennent la langue régionale, seulement 80 % la parlent couramment, 84 % savent la lire et seulement 66 % la maîtrisent à l’écrit. Ces chiffres sont en léger recul par rapport à l’enquête précédente, confirmant une tendance de long terme à la diminution des compétences en catalan.

Un déclin accéléré par les vagues migratoires et les politiques linguistiques

Le recul de l’usage du catalan s’explique en grande partie par les vagues migratoires successives, en particulier au début des années 2000. Entre 2003 et 2008, période marquée par une forte immigration, la proportion de locuteurs dont le catalan était la première langue est passée brutalement de 46 % à 35,6 %. Depuis, la tendance s’est stabilisée, mais la période 2018-2023 marque un nouveau déclin, atteignant désormais un plus bas historique à 32,6 %.

Si la croissance du bilinguisme semble jouer un rôle dans cette évolution, les critiques se concentrent également sur le manque de politique linguistique efficace pour favoriser l’apprentissage et la transmission du catalan aux nouvelles générations.

Un enjeu politique : « urgence linguistique » et crispations indépendantistes

Les chiffres alarmants ont immédiatement suscité des réactions politiques et culturelles en Catalogne. Le président catalan Salvador Illa a insisté sur la nécessité de faire reconnaître le catalan comme langue officielle de l’Union européenne, estimant que cela renforcerait son statut et sa légitimité.

L’association indépendantiste Òmnium Cultural a réagi vivement, appelant le gouvernement catalan à mettre en place des solutions immédiates pour répondre à la forte demande d’apprentissage du catalan. Selon son président Xavier Antich, plus de deux millions de personnes souhaiteraient apprendre ou améliorer leur niveau en catalan, mais l’offre de cours reste insuffisante.

Du côté politique, le parti indépendantiste Junts exprime ses inquiétudes quant à l’insuffisance de l’usage du catalan dans les écoles, pointant du doigt la responsabilité du gouvernement espagnol, accusé de ne pas faire assez pour préserver la langue régionale.

Le parti d’extrême gauche indépendantiste CUP va encore plus loin, accusant directement Madrid de pratiquer une « discrimination linguistique structurelle » et dénonçant l’inaction du gouvernement catalan, qu’il accuse de « se soumettre » à l’État espagnol et aux décisions de la justice espagnole.

Enfin, le collectif Top Manta, qui regroupe des vendeurs de rue majoritairement immigrés, déplore les difficultés d’accès aux cours de catalan pour les migrants, alors que la demande est forte. Selon eux, l’administration rend « quasiment impossible » l’apprentissage du catalan, faute d’une politique publique claire sur la question.

Le catalan face à son avenir : une bataille culturelle et politique

Si la baisse de l’usage du catalan suit une tendance de fond, elle reste un sujet de crispation en Catalogne, notamment dans le camp indépendantiste, qui voit dans cette évolution un risque de perte d’identité. La question du statut de la langue dépasse ainsi largement les simples considérations linguistiques : elle est devenue un véritable enjeu politique, opposant les défenseurs du catalan à un État espagnol perçu comme un frein à son développement.

Entre migration, évolution sociolinguistique et politiques publiques, le catalan se retrouve à un tournant décisif. Sa pérennité dépendra des décisions prises par les autorités régionales et nationales, mais aussi de la volonté de ses locuteurs à le transmettre aux générations futures

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches rédigée par la rédaction de breizh-info.com, parfois avec l’aide d’une Intelligence artificielle (correction, mise en forme). Dépêche libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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6 réponses à “Le catalan en déclin : une langue en péril en Catalogne ?”

  1. Dany dit :

    Et bien….de ça on s’en tape!
    Il y a bien plus grave et utiliser ce temps à plus urgent…par ex réclamer la destitution de ce gouvernement de pourris, corrompus jusqu’à la moelle.

  2. JLP dit :

    Non, on ne s’en tape pas : on croyait le catalan davantage protégé que le breton ou l’occitan, mais quand on a des élus catalans qui ouvrent grand les bras à l’immigration incontrôlée, on a le résultat qu’un tel aveuglement idéologico-humanitaire a provoqué. Le discours alambiqué des élus corses sur les immigrés ne présage rien de bon pour la langue corse. Et quand une langue disparaît, c’est plus qu’une bibliothèque qui brûle, Dany. Mais peut-être n’avez-vous pas de livres…

  3. domper catalan français dit :

    Sous Franco le Catalan était interdit et pouvait vous conduire en prison ! Le Catalan est donc historiquement une langue de résistance au fascisme ( au vrai, pas celui dont on accuse le RN ! ) Le temps a usé les mémoires et l’anglais a envahi plein de secteurs ( commerce international, publications médicales et scientifiques etc ) Le wokisme a contribué aussi à couper les racines historiques et particularismes de provinces, les jeunes acceptant comme des moutons l’illusion de l’homme universel mondialiste. Comme le breton, le basque ou le corse, la langue catalane rencontre les mêmes résistances mais elle est encore la langue officielle de la Catalogne et c’est là son avantage.

  4. andré dit :

    Sous Franco, parler catalan pouvait vous conduire en prison ! Le catalan est donc devenu une langue de résistance au fascisme ( mais au vrai fascisme pas celui dont on accuse le RN ) Le temps a usé les mémoires et l’anglais a envahi plein de domaines ( commerce international, publications scientifiques, médicales etc ) Sous l’effet du Wokisme, les jeunes ont accepté, comme des moutons, l’illusion de l’homme universel mondialisé . Seul avantage du catalan c’est qu’il est encore langue officielle en Catalogne contrairement à nos langues régionales comme le breton, le basque, la langue corse ou occitane.

  5. Raymond Neveu dit :

    Dany boy et son orchestre a révélé sa petitesse, repérez ce type et pouce en bas à chaque fois qu’il la ouvre, ce n’est encore qu’un clown de plus de basse roture! Ce n’est qu’un clochard du café du Commerce! Ses roubignoles clincailleront en cas de perquisition chez lui et il chiera dans son slip de péteux petit bourgeois, le dénonciateur type des résistant d’hier.

  6. Trystan Mordrel dit :

    Le catalan n’était pas interdit sous Franco. Il n’était pas enseigné dans l’éducation publique. Aujourd’hui, la situation est inversée, le castillan est réduit à la portion congrue dans l’enseignement public. le déclin du catalan est principalement le fait de l’immigration massive notamment nord-africaine que les autorités régionales ont préférée à celles des hispanophones d’Amérique du Sud. En minimisant autant que possible l’enseignement de l’espagnol, en interdisant son usage dans les cours de récréation (ça nous rappelle des souvenirs), les autorités locales ont paradoxalement donné un caractère « cool » à l’espagnol. Toutefois, beaucoup de jeunes Catalans ont perdu l’espagnol académique même s’ils le parlent très bien. Ce qui a conduit, par exemple, à l’exode des maisons d’édition vers Madrid. La situation catalane doit nous servir d’avertissement, la contrainte légale, les amendes, les interdictions, sont à terme inopérantes. Les langues d’emprise (anglais, espagnol, dans une moindre mesure le français) garderont toujours une longue d’avance. Si un étudiant catalan publie sa thèse en catalan, elle sera accessible à un public universitaire réduit. S’il la publie en espagnol elle sera lue par un monde infiniment plus vaste. Le modèle basque, plus volontariste mais avec moins de contraintes, semble mieux fonctionner d’autant que les autorités régionales n’ont pas encouragé l’installation massive d’arabophones pour contrer les hispanophones.

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