Revue Réfléchir&Agir : « L’invasion migratoire de l’Europe confirme et dynamise notre combat.» [interview]

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07/10/2015 – 06H00 France (Breizh-info.com) – Réfléchir et Agir – revue autonome de désintoxication idéologique – est une revue fondée en 1993 par Eugène Krampon et Pierre Gillieth . Au départ sous la forme d’un fanzine, le magazine est désormais tiré à des milliers d’exemplaires et distribué dans les réseaux classiques de la presse. Et cela sans que sa rédaction ne modifie en rien le ton (insolent et provoquant) , les dossiers politiquement incorrects et les articles tranchants qui viennent chaque trimestre fournir le magazine.  Alors que le 51ème numéro , d’automne 2015, s’apprête à sortir en kiosque, nous avons rencontré deux des membres principaux de la rédaction qui ont bien voulu répondre à nos questions. Décoiffant !

Breizh-info.com : D’un fanzine confidentiel à un magazine vendu aujourd’hui en maison de la presse, pouvez-vous présenter et revenir sur le parcours de la revue Réfléchir&Agir…

CREA : Réfléchir&Agir a été créé en 1993. La revue a connu plusieurs révolutions coperniciennes. Le passage à l’imprimerie en 1995, le passage en kiosque en 2007. En 2000, nous ne tirions alors qu’à un millier d’exemplaires. Aujourd’hui, nous sommes à 7000 exemplaires. On a donc progressé. Les kiosques nous ont permis de toucher un nouveau public. Nous refaisons intégralement notre site avec paiement en ligne, accès aux anciens numéros (même épuisés) en pdf, librairie en ligne, etc. Nous sommes tous bénévoles (et avons un métier par ailleurs) mais, petit à petit, nous essayons de perfectionner R&A. Les abonnés reçoivent chaque année un cadeau hors-commerce qui leur est réservé (une compilation CD de rock identitaire ou un hors-série – le premier faisait 100 pages et traitait d’auteurs qui nous sont chers, un second hors-série sera offert à nos abonnés en juin 2016).

Breizh-info.com : Ces dernières années, de nombreuses personnalités (de Robert Menard à Dieudonné, en passant par Brigitte Bardot, Eric Zemmour, Jean Raspail) ont accepté de donner une interview à votre magazine, réputé pour être un des plus radicaux de la mouvance « identitaire » . Qu’est ce qui explique ce succès ? Certaines références humoristiques moins présentes depuis plusieurs années – notamment en référence avec les conflits du XXe siècle – vous ont-elles permises de gagner en lectorat et en « crédibilité » ? 

CREA : Le ton de R&A n’a pas vraiment changé. Vous remarquerez que seul nous, Eléments et Présent décrochons quelques interviews avec des gens qui ne sont pas de la mouvance. Raspail, Ménard ou Dieudonné (que nous avons interviouvés) sont déjà chez nous. C’est surtout plus dur d’avoir quelqu’un comme Brigitte Lahaie, Jacques Martin (la BD Alix), Roland Dumas ou l’académicien Michel Mohrt (pour citer quelques exemples d’interviews passées). Que Limonov ou Brigitte Bardot nous répondent, c’est déjà un peu moins étonnant. Et comme nous n’avons rien à cacher, je peux vous dire que la majorité refuse soit par hostilité soit par frousse (et on peut les comprendre vu la réalité du paysage intellectuel et médiatique français). C’est donc très dur de décrocher une interview hors-milieu.

Quant à l’humour dont vous parlez, je crois au contraire qu’il est nécessaire. C’est l’ADN de R&A. Nous avons un ton qui fait notre spécificité. Il y a déjà chez nous des revues dites sérieuses qui ne sont soit pas très radicales soit pas très ouvertes soit sans aucun humour (certaines cumulent même les trois !). R&A n’est pas une revue commerciale ou qui est là pour faire du chiffre. Nous sommes là pour dire ce que nous pensons. Si c’est pour ne jamais parler d’immigration, du rôle néfaste du lobby sioniste, du poison chrétien qui nous plombe depuis 2 millénaires, etc., alors autant faire autre chose vu que ce type de médias prudents existe déjà. À cette radicalité politique, nous ajoutons de l’humour et une large ouverture d’esprit sur le culturel (qui manque aussi pas mal chez nous). C’est notre ligne. Certains pourront la critiquer. C’est leur droit mais on s’en fout totalement. Notre camp crève de sa modération, de son embourgeoisement et de sa fainéantise pathologique (intellectuelle et militante).

Le numéro 51 à paraître de Réfléchir&Agir

Le numéro 51 à paraître de Réfléchir&Agir

Breizh-info.com : Comment un exemplaire de Réfléchir&Agir prend-il forme ? Quel est par exemple le contenu du dernier numéro ?  

CREA : On aborde un dossier différent à chaque numéro (qui compte en tout 70 pages). Il est développé sur une vingtaine de pages. En début de mag’, vous avez une dizaine de page de brèves et d’articulets sur des sujets divers. Un gros entretien avec une personnalité (comme celles que vous évoquiez plus haut) puis une large partie culturelle au sens large (philo politique, histoire, littérature, arts, etc.) avec, in fine, entre dix et douze pages de notes de lecture (plus quelques recensions de DVD qui nous ont plu), et une page de chronique de disques. Le dossier du dernier numéro était consacré aux Khmers Rouges de la Ve République. Avec également un grand entretien avec l’essayiste Laurent Obertone (l’auteur de La France orange mécanique et de Big Brother). Le prochain traitera de l’industrie du divertissement, chère à Guy Debord et interviouera David Duke, la grande voix de la résistance blanche (comme dirait Nadine Morano, future collaboratrice de R&A) aux USA.

Breizh-info.com : On sent dans votre revue un souci de l’esthétisme, de la mise en forme propre et du travail bien fait. Qu’est ce qui vous amène à cela ?

CREA : Là aussi, on est parti du constat (y compris à notre sujet) que beaucoup de revues de notre mouvance ont une maquette très vieillotte et pas pro. De maquettiste en maquettiste, nous avons ainsi progressé et la jeune femme qui réalise aujourd’hui R&A est sans nul doute la plus douée de tous ceux que nous avons eus. On lui doit beaucoup ! On lui baise les pieds tous les matins (mais que les pieds !).

Breizh-info.com : Depuis la période du GRECE, qui a vu naître et éclore de nombreux cadres aujourd’hui âgés de 50 ans ou plus, on a l’impression qu’il n’existe plus aucune relève, plus aucune création de pensée, au sein de la jeunesse dite enracinée ou identitaire. Les simples lecteurs se font eux aussi rares. Comment expliquez-vous cette non transmission de flambeau ? Est-ce inquiétant pour l’avenir ?

CREA : Vous êtes injuste envers la mouvance intellectuelle dont le fer de lance fut longtemps le GRECE. Réfléchir & Agir n’est nullement une revue gréciste ou de la si mal-nommée « Nouvelle Droite ». C’est plutôt un organe qui accueille en bonne intelligence des nationalistes-révolutionnaires, des solidaristes, des identitaires, des ethnistes et des « néo-droitistes ».

En revanche, le diagnostic est correct à propos de la transmission quasi-interrompue du flambeau et d’un lectorat de plus en plus restreint. Cette crise du lectorat est générale et affecte l’ensemble de la presse imprimée. Elle résulte d’une convergence de catastrophes, à savoir, d’une part, l’essor des périodiques gratuits et, d’autre part, d’internet et des réseaux sociaux. Certains s’imaginent être des super militants parce qu’ils se mobilisent toute la journée, sept jours sur sept, derrière leur clavier en intervenant sur leur profil ou sur des pages numériques ! Un autre facteur amplificateur de la crise concerne l’effondrement voulu de l’enseignement et la fin de la lecture remplacée par la consultation régulière sur la Toile. C’est dramatique !

La relève s’opère toutefois dans des conditions guère faciles. Par le jeu naturel des générations, de nouveaux camarades succèdent aux anciens, âgés ou disparus. N’y a-t-il plus de création de la pensée ? Bien sûr, l’éclatement en chapelles souvent facilitées par des querelles individuelles et la logique égocentrique-exhibitionniste des réseaux sociaux font croire à une stérilité conceptuelle. C’est loin d’être le cas ! Pensons à la décroissance, à l’autarcie économique, aux grands espaces continentaux autocentrés ! Que des thèmes mâchés et rabâchés par Réfléchir & Agir depuis des années ! Le temps des idées ne sera jamais immédiat.

R&A 51 - p71

Breizh-info.com : Qu’est ce que vous inspire les événements qui s’accélèrent aujourd’hui en Europe, sur la question des immigrés notamment. Avez-vous une explication à l’apathie des Européens dans leur grande majorité ?

CREA : Les événements qui secouent actuellement l’Europe ne peuvent que nous réjouir. La sensibilité de Réfléchir & Agir nous pousse à être « tous Aylan » après avoir été « Charlie ». Nous allons accueillir avec un enthousiasme djacklangien dans nos magnifiques locaux au moins vingt familles de migrants… Comme Dany Boon ou François Berléand qui vont héberger des migrants dans leur loft parisien. C’était important pour nous de participer à ce bel effort pour le vivre ensemble.

Non, plus sérieusement, l’invasion migratoire de l’Europe confirme et dynamise notre combat. Dans tous les domaines, nous avions raison parce que nous sommes en avance sur l’histoire. Certes, comme le rappelait notre suprême maître à penser, l’ultra-hyper-nationaliste Edgar Faure (1908-1988) à la suite d’une rencontre avec une autre figure de notre panthéon collectif, Charles De Gaulle, « avoir toujours raison est un grand tort ! ».

Le déferlement migratoire n’en n’est qu’à ses débuts. Il est même envisageable que le califat islamique de Daech accède au littoral Sud et/ou Est de la Méditerranée et entreprenne la conquête finale de notre sol aidée par les États-Unis et des cénacles sionistes et mondialistes. Notre histoire retrouvera à ce moment sa profondeur tragique.

En attendant ce grand retour du tragique, les peuples autochtones d’Europe restent dans une relative torpeur favorisée par le matraquage des armes médiatiques de sidération massive. Il ne faut guère espérer dans une révolte européenne généralisée. L’excellent philosophe suisse Éric Werner estime à 5 % la part des réfractaires et autres rebelles dans la société. Ce seront eux, et seulement eux, qui permettront – ou pas ! – le renversement de l’opinion, puis sa participation à une salutaire révolution. Il est tout aussi possible que les Européens se conduisent au final en moutons dociles pour l’abattoir, halal ou pas.

Breizh-info.com : L’Église catholique – que votre équipe ne semble pas porter dans son cœur – appelle d’ailleurs à l’arrivée massive de ces nouveaux individus. Un commentaire ?

CREA : Réfléchir & Agir a été relancée à la fin des années 1990 avec les encouragements de Robert Dun (alias Maurice Martin, 1920-2002, auteur de L’Âme européenne, réponse à Bernard-Henri Lévy) ou de Jean Mabire. Il est exact que notre paganisme ne porte pas dans son cœur le catholicisme conciliaire, moderniste et « néo-réformé ». Nous nous inscrivons dans la tradition déjà ancienne de nos aînés du GRECE, de Dominique Venner, Jean Mabire, Saint-Loup, Lucien Rebatet, Céline, Nietzsche, etc. Franchement, cela n’a rien de bien nouveau, ça ne surprend que les analphabètes qui ont oublié (ou jamais lu) les livres de ces auteurs. Néanmoins, loin de nous l’intention grotesque de raser les basiliques romanes, les cathédrales gothiques, les églises baroques et classiques. Ce patrimoine religieux appartient à notre héritage spirituel. Son ère s’achève, phagocytée par l’hyper-individualisme « archi-moderne ». Il faut dès lors se préparer à prier quelqu’un d’autre ou d’antiques puissances qui resurgissent dans le Cyberespace…

Depuis le XVIe siècle, l’Église catholique n’est plus européenne. Elle privilégie le dialogue avec son « peuple de Dieu spirituellement sémite ». Réfléchir & Agir s’adresse, elle, aux peuples albo-européens conscients de leur enracinement génétique, anthropologique et généalogique singulier. En acceptant les envahisseurs, l’Église de Rome, les confessions réformées et certaines tendances progressistes de l’orthodoxie trahissent les Européens. Les masques tombent ! Tant mieux !

Breizh-info.com : Votre revue s’est-elle déjà intéressée à la Bretagne, en tant que territoire mais aussi en tant qu’entité ? Quelle est votre vision sur notre région ? Avez-vous un avis sur la crise du porc, aujourd’hui, qui lève le voile sur les dérives d’un modèle économique à bout de souffle ?

CREA : En quelque 50 numéros parus, Réfléchir & Agir n’a jamais traité sous forme de dossier le cas breton. On y trouve cependant quelques allusions dans le cadre d’autres dossiers dédiés au régionalisme.

Réfléchir & Agir s’affiche européenne. Son « européanité » se décline en particularités nationales et régionales. L’Européen détient en effet une identité substantielle qui se caractérise par des identités politiques, culturelles et historiques évidentes. En clair, on n’est Européen que si on est aussi (par exemple) Breton et Français ou Lombard et Italien (de multiples combinaisons sont possibles et souhaitables). Le bien commun européen reste pour nous une priorité non négociable. Par conséquent, l’indépendantisme régional – s’il est compréhensible – n’est pas la solution qui signifierait d’accepter des dizaines de Kossovo impuissants et influençables face aux États-Unis et autres grandes puissances géopolitiques. En revanche, une large autonomie culturelle et politique serait justifiée.

La Bretagne doit être réunifiée (au diable les Pays de la Loire !). Les enfants bretons de racines européennes doivent apprendre soit le breton, soit le gallo en plus du français et d’une autre langue européenne autre que l’anglais. La tâche de reconquête identitaire demeure gigantesque. Cette vieille terre démocrate-chrétienne progressiste et socialiste n’a pas encore renouer avec son ancestralité celtique, retrouver le roi Arthur et redonner à Brocéliande son aspect sacré en éliminant colifichets et autres objets de la modernité qui polluent cette magnifique forêt.

Quant à la crise du porc, elle marque la fin du modèle agricole dément promu par les syndicats collaborateurs de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs. Il faut en finir avec ce modèle concurrentiel, libre-échangiste, hyper-productiviste, oligopolistique et pollueur. La dureté des temps à venir incitera bientôt des populations urbaines à retourner à la terre pour y travailler dans des fermes bio et autarciques. Les éleveurs et autres paysans restent trop gentils face aux autorités complices de leur mort lente ! Le mouvement des Bonnets rouges fut, lui, plus énergique que la Manif pour Tous. Dommage que cette première jacquerie du XXIe siècle ne se soit pas achevée avec le sac de l’Élysée !

Breizh-info.com : Quelle presse papier recommanderiez-vous aujourd’hui ? Et sur internet, quelles sont vos références, les incontournables selon vous ? Que ce soit au niveau de la réinformation ou du camp d’en face ?

CREA : Outre Réfléchir & Agir, il importe de lire et d’aider, selon sa sensibilité, des titres amis tels Terre et Peuple Magazine, Rivarol, Synthèse Nationale, Salut Public, Eléments ou Présent. Soutenons aussi Radio Courtoisie pour certains de ses libres-journaux.

Quant à internet, les sites pullulent : le meilleur y côtoie le pire (surtout le pire ; grâce au droitard sarkozyste Laurent Wauquiez, on a découvert YouPorn !). Fort heureusement, certains sont maintenant de véritables références connues et appréciées des internautes : Polémia de Jean-Yves Le Gallou, Euro-Synergies de Robert Steuckers, Vox NR, la radio en ligne Méridien Zéro que soutient avec enthousiasme depuis le début Réfléchir & Agir, Europe Maxima de Georges Feltin-Tracol, Métapo Infos, le site de Web-télé TV Libertés…

On ne peut pas tous les citer. La liste n’est pas exhaustive. Enfin, n’oublions pas… Breizh Info !

 Crédit photo  :  DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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