Brest et Nantes capitales de la délinquance en Bretagne

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29/12/2015 – 5 h 30 Brest (Breizh-info.com) – Le 3 décembre 2015, le ministère de l’Intérieur a publié un arrêté  important. Il fixe la liste des circonscriptions de police où se trouvent les « quartiers urbains particulièrement difficiles ». Dans celles-ci, les policiers bénéficient d’avantages spécifiques, notamment en matière  de mutation et d’ancienneté.

 Parmi les 161 citées, 6 se trouvent dans les DOM-TOM (dont deux en Martinique) et 94 en Ile-de-France. On y retrouve la plupart des localités bien connues pour leurs quartiers à forte délinquance. Certaines d’entre elles sont cependant assez modestes en taille — par exemple Montélimar (Drôme), Carpentras (Vaucluse) ou encore Manosque (Alpes-de-Haute-Provence).

En Bretagne, deux en font partie de la liste, Brest dans le Finistère et Nantes en Loire-Atlantique. Les quartiers « sensibles » de Rennes ou de Saint-Nazaire ne doivent pas l’être assez. On  constate donc que parmi ces zones de non-droit  reconnues comme telles par l’État se trouvent les quartiers brestois de Pontanezen et de Bellevue. Pour Nantes, ce sont  ceux de Bellevue, Bottière, Malakoff ainsi que Chêne des Anglais, Boissière, Bout des Pavés, Bout des Landes. Ces derniers avaient d’ailleurs défrayé la chronique cet été et cet automne en se livrant à une véritable guerre des gangs en pleine ville, avec plusieurs blessés par balle.

Empoignade autour de l’ASA

Les policiers qui travaillent dans ces quartiers bénéficient depuis 1991 de l’ASA (avantage spécifique d’ancienneté). Cela leur donne un mois d’ancienneté en plus pour chacune des trois années de service continu dans ledit quartier sensible et deux mois par année supplémentaire au-delà. Un dispositif similaire existe dans les zones REP pour l’Éducation nationale. Jusqu’en 2011, ils ne la recevaient que lorsqu’ils étaient affectés dans un nombre limité de quartiers franciliens, dont la liste avait été fixée en 1995 puis 2001. Le 16 mars 2011, le Conseil d’État saisi par un policier de Dreux (Eure-et-Loir) a estimé que l’ASA devait être appliquée dans chaque « quartier urbain où se posent des problèmes sociaux (sic) et de sécurité particulièrement difficiles » à tous les agents en poste depuis au moins trois ans consécutifs.

L’État a donc été conduit — notamment sous la pression de l’USG-Police-FO et d’Alliance Police — à généraliser l’ASA dans de nombreux quartiers vraiment « sensibles » en province. De nombreux agents situés en province avaient en effet multiplié les recours. Près de 5000 dossiers ont été déposés sur la base de la jurisprudence du Conseil d’État. Les tribunaux administratifs finirent par condamner l’État à reconnaître le droit individuel des agents à l’ASA sous peine d’une astreinte journalière de 500 €. Parmi les critères qui ont déterminé la nouvelle liste se trouve notamment le taux des violences crapuleuses, de délinquance, d’outrages et de rébellion ainsi que de violences de voie publique dans les quartiers concernés.

Cependant, la nouvelle liste suscite une profonde contestation notamment parce que celle-ci n’a pas pris en compte 14 000 policiers franciliens travaillant dans des quartiers très « sensibles » sans bénéficier de l’ASA.

Photo : DR
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4 Commentaires

  1. Ok , mais c’est leurs travail ils l’ont choisis avec avantage et default et s’ils voulaient la tranquillité ils auraient du faire secrétaire de mairie .

  2. Des infos peu connues. Ca remet en cause l’uniformité du territoire.
    – un autre coût caché d’un pays avec un taux de délinquance.

    – plus le pays est violent et plus la police est en position de force. Ils peuvent demander des augmentations plus que les autres fonctionnaires. Le pouvoir politique dépend d’eux et les syndicats policiers s’en rendent surement compte.

    • c’est un peu le syndrome de la garde prétorienne; ça fonctionne déjà à plein chez les CRS. Les militaires, eux, ne peuvent pas se mettre massivement en arrêt maladie quand ils sont surmenés…

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