Nantes : règlements de comptes et émeutes dans les quartiers

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04/04/2016 – 22h00 Nantes (Breizh-info.com) –  Ce week-end à Nantes a été particulièrement chaud, avec treize véhicules et deux poubelles brûlés dans les quartiers, ainsi que trois caillassages de voitures de police. Les émeutes ont essentiellement concerné le nord et l’ouest de la ville, en se propageant cependant à leurs abords plus calmes, notamment aux environs de la place Zola et du nord de Chantenay.

Tout a commencé samedi matin vers 10 heures, avec un feu de poubelle dans le quartier sensible de Bellevue, à l’ouest de Nantes. Ensuite, dans l’après-midi, les policiers sont caillassés par des jeunes délinquants à Bellevue, mais aussi dans les quartiers nord et à 18h près de la Beaujoire, entre Haluchère et Halvêque, de l’autre côté de l’Erdre. Une autre poubelle brûle à Chantenay, près de la place Zola, samedi à 22h.

La tension monte brutalement samedi à 23h, avec l’incendie d’un véhicule rue Samuel de Champlain, dans le quartier sensible bien connu du Chêne des Anglais, à l’extrémité nord de Nantes. Deux autres voitures sont brûlées par la propagation de l’incendie. Le dimanche matin, à 6h30, deux autres voitures ont brulé à Bellevue, et une heure plus tard six autres – dont quatre complètement carbonisées – à la Durantière, un peu plus au nord. Enfin un fourgon est encore brûlé à 7h50 à Bellevue, côté Saint-Herblain. A la suite de cette série d’incendies, il n’y a eu aucune interpellation.

Par ailleurs, dimanche vers 23 heures, la police s’est déplacée à la Bottière – un quartier sensible de l’est de l’agglomération – après plusieurs appels de riverains qui signalaient que deux personnes sur un scooter tiraient des coups de feu sur une Twingo à l’arrêt et vide. Le véhicule était garé sur la placette située à l’angle des rues Bottière et Souillarderie à quelques pas de la mairie annexe. Les policiers arrivés sur place ont constaté plusieurs impacts de plomb sur le véhicule, dont le propriétaire a porté plainte contre X pour dégradations volontaires. Là encore, aucune interpellation n’a pu être réalisée.

Sauf à penser que le véhicule, étranger au quartier, aurait pu être pris pour une voiture de police en planque, il semble qu’après une longue interruption depuis les attentats de novembre, les conflits entre les quartiers sensibles de Nantes aient repris. Il y a eu d’ailleurs déjà une intrusion de jeunes armés – notamment avec une arme de type airsoft – dans un lycée de l’Ile de Nantes le 29 février suite à un conflit larvé entre les quartiers sensibles de Bellevue et de Malakoff.

Un lien avec les délinquants du 31 mars ?

Lors des manifestations du 31 mars qui ont considérablement dégénéré en ville – plus d’un millier de jeunes manifestants ont enflammé des poubelles, des objets divers, dressé des barricades, caillassé les policiers avec des bouts de pavés et des bouteilles en verre – nombre de témoins ont pu constater la présence de jeunes venus de quartiers sensibles avec un seul objectif : casser. Si possible en se filmant au passage. Ils n’étaient pas nombreux – trois cent tout au plus. Mais ils l’étaient bien plus que les militants de l’extrême-gauche, tandis que la masse était constituée de lycéens, voire de collégiens, entraînés par l’effet de groupe.

C’étaient notamment ces délinquants de quartier qui ont brûlé des conteneurs pour déchets cartonnés au début de la chaussée de la Madeleine, près de l’Hôtel-Dieu, puis qui ont saccagé une voiture et l’ont poussé dans le brasier, sous les yeux de notre journaliste. Voiture qui appartenait d’ailleurs à un jeune médecin, dont la compagne était dans la manifestation où elle portait secours aux blessés par les flash-balls des policiers et les projectiles divers utilisés par les manifestants. Ce forfait a d’ailleurs été filmé puis balancé sur internet, où il a été largement partagé… de quoi susciter des vocations ?

Ces jeunes délinquants ont aussi déferlé en toute impunité dans un tabac du centre-ville dont ils ont renversé les présentoirs et raflé… pour dix euros de friandises après avoir fait plus de 500€ de dégâts à la vitrine qu’ils ont brisée. Ce sont encore ces jeunes délinquants, pas toujours masqués d’ailleurs, et souvent armés de pavés ou de bouteilles, que l’on retrouvait, très mobiles, dans tous les attroupements, de l’île Feydeau à la Cité des Congrès en passant par les abord de l’Hôtel-Dieu. Après s’être exercés en ville, ils ont préféré continuer la fête dans leurs quartiers. Pour ne pas perdre la main sans doute – de nouvelles journées de manifestations, sont encore prévues le 5 et le 9 avril, et c’est très probable qu’elles finiront en émeutes, comme toutes les précédentes. Reste à se demander à quoi sert l’état d’urgence, et les dépenses engagées en son nom, si deux à trois cent délinquants résolus peuvent transformer Nantes en vraie zone de non-droit. Quand et combien ils le veulent.

Crédit photos : DR
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