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26/05/2016 – 06H00 Bretagne (Breizh-info.com) –Le Sénat a dévoilé lundi 23 mai 2016 l’utilisation par les sénateurs de la réserve parlementaire en 2015, deux mois après que les députés de l’Assemblée nationale aient fait de même. Il en ressort, pour les sénateurs des 5 départements de la Bretagne historique, une aide majeure apportée à des travaux, à des aménagements, à des projets dans les communes bretonnes, au bénéfice de toute la collectivité. Cela tranche singulièrement avec les dépenses des députés bretons, majoritairement orientées chaque année en faveur d’associations locales et même communautaristes pour certaines.
On notera toutefois quelques dons qui pourront être taxés de « clientélistes » : ainsi le festival d’hiver, de Saint Nolff, a été subventionné à hauteur de 5000 euros par Joël Labbé, sénateur écologiste, tout comme le festival insulaire du film de Groix (5000 euros). Michel Le Scouarnec, sénateur communiste du Morbihan, a réparti entre plusieurs associations, dont le comité des fêtes de Saint Anne d’Auray (1000 euros), le club de canoë cayak (2000), le tennis-club (3500) ou encore 1000 euros au Comité du concours national de la Résistance et de la Déportation du Morbihan.
A noter également le don de 3000 euros de Maryvonne Blondin, sénatrice (PS) du Finistère, à l’association turque HESON/KAYNASMA afin qu’elle participe à la commémoration de la bataille des Dardanelles (1915) qui vit l’Empire ottoman affronter la France et la Grande Bretagne.
Dans le Finistère, à remarquer également les dons multiples faits à la commune de Kerlaz – 800 habitants – qui avait défrayé la chronique avec son centre d’accueil pour migrants. Michel Canevez (LR) a ainsi attribué 15 000 euros pour la réfection d’un vestiaire de football, Maryvonne Blondin 40 000 pour la construction d’une salle multi-activités et Marc François 2000 euros pour la réfection de l’accès à la plage de Trezmalaouen. Un beau pécule de 57 000 euros, pour une commune dont la dette était estimée à 416 000 euros en 2014.
Dans le Finistère toujours, la perle de la dépense reviendra sans doute à Marc François (PS) qui a donné 24 000 euros de subvention à la commune de Trégarantec, 500 habitants, pour la construction …. d’une maison des associations. Hormis un club du 3ème âge, pas de trace d’une association active dans la commune.
En Loire-Atlantique, Isabelle Debré (LR) a donné 2945 euros pour la création d’un nouveau site Internet pour la commune de Préfailles, 1224 habitants …
Dans les Côtes d’Armor, c’est la communiste Christine Prunaud qui se distingue de ses collègues en attribuant notamment 15813 euros à ALADEA, pour « l’augmentation des horaires d’écoutes accueil-femmes», 7000 euros au FC Lamballe et 3000 euros au CIDFF22 (droit des femmes) pour l »acquisition d’ordinateurs.
Liste intégrale de la répartition de la réserve en B5, ici.
Sur le plan national, l’association Contribuables associés a par ailleurs repéré quelques perles qui valent le détour.
- L’ex-sénatrice du Pas-de-Calais Natacha Bouchart : le maire Les Républicains de Calais a subventionné à hauteur de 50 000 euros une seconde statue du Général De Gaulle (et de Winston Churchill) dans sa propre ville. Calais comptait déjà un statue du Général et de son épouse, Yvonne Vendroux.
- Le sénateur PCF de Seine-Maritime Thierry Foucaud : 50 000 euros à la Fondation Gabriel Péri, proche du Parti communiste.
- L’ex-sénateur écologiste Jean-Vincent Placé : 38 500 euros en six subventions à la Fondation pour l’écologie politique. Jean-Vincent Placé a été le président du groupe écologiste au Sénat de janvier 2012 à février 2016 et son entrée au gouvernement.
- Dotation institutionnelle du Sénat : 27 000 euros pour l’ENA (Ecole nationale d’administration). 26 sénateurs sont identifiés comme hauts-fonctionnaires sur le site du Sénat.
- Groupe socialiste du Sénat : 2000 euros pour l’installation d’un « kiosque fitness » à l’arrière de la mairie du village de Suisse (Moselle).
Pour Eudes Baufreton, délégué général de Contribuables Associés, « Ces 5 perles sanctionnent les gaspillages les plus manifestes de la réserve parlementaire par des sénateurs. Elus par de grands électeurs (qui sont à 95% des conseillers municipaux), les sénateurs ont la possibilité d’acheter leur réélection en distribuant la réserve parlementaire aux communes de leur circonscription. Le rôle d’un parlementaire est de voter la loi, de contrôler l’action du gouvernement et d’évaluer les politiques publiques, pas de distribuer l’argent des Français dans des placements souvent clientélistes, faisant ainsi campagne aux frais du contribuable. Il est indispensable de supprimer la coûteuse et inutile réserve parlementaire ».
L’association rappelle : « En 2015 la dotation parlementaire affectée au titre de la réserve parlementaire était de 53,26 millions d’euros (153 046 euros par sénateur). En sus, une dotation institutionnelle de 3 millions d’euros est attribuée de façon collégiale par le Président et les vice-présidents du Sénat. Le montant total de la réserve parlementaire des sénateurs est de 56,26 millions d’euros en 2015, soit une moyenne de 161 667 euros par sénateur. Un montant total de 1 milliard d’euros en 8 ans, près de 136 millions d’euros annuels pour l’Assemblée et le Sénat, 153 000 euros par sénateur : la réserve parlementaire dilapide l’impôt sur le revenu annuel de 33 000 familles assujetties !».
Crédit photo : DR
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Une réponse à “Réserve Parlementaire : quelques perles – les sénateurs bretons aident majoritairement leurs communes”
Juste pour rappel : Isabelle Debré n’est d’ailleurs pas sénatrice de Loire-Atlantique mais des Hauts-de-Seine…
Et pour ceux qui en douteraient, l’utilisation de leur réserve parlementaire par les élus FN montrent exactement les mêmes dérives. Ils subventionnent les communes ayant des Maires FN de leur département ou de leur circonscription. Et si par hasard il n’y a pas de commune gérée par le FN dans ce périmètre, ils donnent à une commune d’un département voisin… ce que la loi permet tout à fait.
Conclusion : c’est quand qu’on supprime cette réserve ?!!