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Donald Trump avait demandé aux Américains de voter comme s’il figurait lui-même sur le bulletin. Ils l’ont pris au mot. Au lendemain des élections de mi-mandat du 3 novembre, l’agence Associated Press dresse le bilan d’une soirée où il est difficile d’imaginer pire pour le président et son parti. Les démocrates prennent à la fois la Chambre des représentants et le Sénat. Depuis la Seconde Guerre mondiale, un double basculement lors d’un même scrutin de mi-mandat ne s’était produit que 3 fois, en 1946, 1994 et 2006.
Un vote contre Trump
Le sondage AP Voter Poll, réalisé auprès des électeurs, donne la mesure du rejet. Environ 3 électeurs sur 4 se disent « en colère » ou « insatisfaits » de la direction prise par le pays. Environ 6 sur 10 désapprouvent l’action du président. Parmi ceux qui ont voté en pensant à Donald Trump, 2 fois plus voulaient exprimer leur opposition que leur soutien.
Le portefeuille a pesé lourd. Environ 6 électeurs sur 10 estiment que la hausse des prix est « davantage due à la politique de Trump ». S’y ajoutent une guerre impopulaire contre l’Iran et des sondages de popularité au plus bas. Près de 70 % des électeurs veulent que le Congrès contrôle davantage la présidence. Environ 6 sur 10 pensent que Donald Trump fait passer ses intérêts personnels avant ceux du pays.
La coalition de 2024 en morceaux
En 2024, Donald Trump avait gagné grâce aux ouvriers blancs, mais aussi en séduisant une part inédite de jeunes et d’électeurs issus des minorités. 2 ans plus tard, cette coalition s’est défaite.
En 2024, les moins de 30 ans s’étaient partagés presque à égalité entre Trump et Kamala Harris. Cette fois, environ 7 sur 10 disent avoir voté pour le candidat démocrate à la Chambre. Chez les hommes noirs, environ 1 sur 4 avait voté Trump en 2024 ; ils ne sont plus qu’environ 1 sur 10 à avoir choisi un républicain. Chez les Hispaniques, la part du vote républicain passe d’environ 4 sur 10 à un tiers. Environ 7 Hispaniques sur 10 estiment que la politique de Trump a dégradé la situation économique.
Des bastions républicains tombés
La carte électorale est spectaculaire. Les démocrates ont gagné à la fois des sièges de sénateur et de gouverneur en Géorgie, en Ohio, dans l’Iowa et au Texas. Donald Trump avait pourtant remporté ces 3 derniers États avec respectivement 11, 13 et 14 points d’avance. Le Texas élit James Talarico au Sénat et Gina Hinojosa au poste de gouverneur, face au sortant Greg Abbott, gouverneur depuis 3 mandats. Au Kansas, le pasteur méthodiste Adam Hamilton, candidat pour la 1re fois, bat le sénateur sortant Roger Marshall. C’est la 1re victoire démocrate pour un siège de sénateur dans cet État depuis près d’un siècle.
En Caroline du Nord, l’ancien gouverneur Roy Cooper l’emporte. Dans le Maine, la défaite de Susan Collins laisse les républicains sans aucun élu au Congrès dans toute la Nouvelle-Angleterre. En Ohio, Sherrod Brown reprend un siège au Sénat et Amy Acton bat Vivek Ramaswamy, proche de Trump, pour le poste de gouverneur.
Des candidats imposés et rejetés
Pour AP, la qualité des candidats a fait la différence, et Donald Trump a choisi des candidats fragiles. Le revers le plus cuisant vient de Caroline du Sud. Pour succéder au défunt sénateur Lindsey Graham, le président avait adoubé sa sœur, Darline Graham. Elle s’était illustrée par une réponse ratée sur la politique étrangère lors d’un débat. Elle a été battue par une pédiatre démocrate, Annie Andrews. Environ 2 électeurs sur 3 de l’État jugeaient qu’elle n’avait pas l’expérience requise.
Au Texas, Ken Paxton n’a pas réussi à se défaire de ses années de scandales : environ 2 électeurs texans sur 3 estimaient qu’il n’avait pas la moralité nécessaire pour siéger au Sénat. En Géorgie, le républicain Mike Collins voulait présenter Jon Ossoff comme trop à gauche pour le Sud profond. C’est lui qui a été jugé extrémiste, après avoir été associé à plusieurs suprémacistes blancs : environ la moitié des électeurs trouvaient ses positions « trop extrêmes », contre un tiers pour Ossoff. En Caroline du Nord, Michael Whatley, propulsé par Trump à la tête du comité national républicain en 2024, a été battu. Au Kansas, le sénateur Roger Marshall, médecin de profession, devait encore s’expliquer à quelques jours du scrutin d’avoir poursuivi des patients pour des factures impayées.
Le redécoupage électoral s’est retourné contre son auteur
Donald Trump avait poussé le Texas à redessiner ses circonscriptions en milieu de décennie, déclenchant une guerre du découpage électoral dans laquelle la Californie de Gavin Newsom et d’autres États se sont engouffrés. La Cour suprême a même vidé en partie de sa substance la loi sur le droit de vote de 1965, permettant à plusieurs États du Sud de redécouper des circonscriptions majoritairement noires.
Le calcul a échoué. En répartissant leurs électeurs sur davantage de circonscriptions, les républicains ont fragilisé leurs propres sièges. En Floride, 3 circonscriptions redessinées au printemps pour garantir une victoire républicaine sont revenues aux démocrates. Au Texas, les démocrates ont remporté 3 circonscriptions redécoupées, très majoritairement latinos et situées le long de la frontière mexicaine.
Les démocrates ne sont pas pour autant aimés
AP met toutefois en garde contre toute lecture triomphale. Environ la moitié des électeurs gardent une opinion défavorable du Parti démocrate, contre environ 6 sur 10 pour le Parti républicain. Les démocrates ont surtout profité du rejet de Trump.
Le parti reste partagé entre son aile progressiste et son courant modéré. Les modérés ont passé une bonne soirée : les gouverneurs Josh Shapiro (Pennsylvanie) et Wes Moore (Maryland), tous 2 présidentiables pour 2028, ont été réélus. En Floride, Angie Nixon, seule candidate au Sénat se revendiquant socialiste démocrate, a été battue malgré un score meilleur que prévu. Au Michigan, l’aile gauche espère encore la victoire d’Abdul El-Sayed face à Mike Rogers, son candidat le plus en vue.
La course à la présidentielle de 2028 commence officieusement dès ce mercredi. Il reste 2 ans de mandat à Donald Trump, avec un Congrès hostile à partir de janvier.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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