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48 % des Américains de 18 à 34 ans ont une opinion favorable du socialisme, contre 32 % de l’ensemble de la population. Ce résultat d’un sondage Fox News tombe à quelques jours des élections de mi-mandat du 3 novembre. Il confirme une tendance relevée tout au long de l’année par plusieurs enquêtes outre-Atlantique.
Le chiffre impressionne, mais il mesure l’image d’un mot, pas l’adhésion à un programme. Interrogés sur les campus, les étudiants américains donnent chacun leur propre définition du socialisme :
- une couverture santé abordable ;
- des services publics financés par l’État ;
- un filet de sécurité pour les plus fragiles ;
- plus rarement, la propriété collective de l’industrie.
Certains reconnaissent eux-mêmes que leur génération se fait une image idéalisée du système.
La propriété des moyens de production
Le socialisme n’est pourtant pas un synonyme de générosité ou de justice sociale. C’est un système économique dans lequel les grands moyens de production (industrie, terre, entreprises) sont possédés ou contrôlés collectivement, et non par des particuliers. Cette propriété peut revenir à l’État, aux travailleurs ou à d’autres structures collectives. La question centrale reste toujours la même : qui possède et qui contrôle l’appareil productif ?
À ce compte, une banque alimentaire, une remise de dette étudiante, la retraite publique ou un programme de santé financé par l’impôt ne sont pas du socialisme. Toutes ces politiques existent dans des économies mixtes où la plupart des entreprises restent privées et où le marché continue de répartir les biens. Un jeune qui réclame un filet de sécurité plus solide ne vote pas pour autant pour que l’État dirige les usines.
Le flou joue dans les 2 sens. À force de qualifier de socialiste toute aide aux familles, le mot devient une insulte plutôt qu’une explication. Inversement, un vocabulaire chaleureux masque les vrais arbitrages. Une assurance santé publique ne pose pas les mêmes questions que la nationalisation des hôpitaux, des laboratoires pharmaceutiques ou de toute l’industrie de la santé.
Qui décide ?
Quand la propriété passe des particuliers et des entreprises à l’État ou à une collectivité, le pouvoir de décision change de mains avec elle. Il faut alors savoir :
- qui décide de ce qui est produit ;
- qui choisit où va l’investissement et fixe les prix ;
- qui détermine quels besoins passent en premier ;
- quels garde-fous protègent contre le gaspillage, le favoritisme et la pression politique.
Il faut aussi savoir ce qui se passe quand une poignée de planificateurs prend des décisions que des millions de consommateurs et d’entreprises prenaient jusque-là eux-mêmes.
L’économie de marché a ses failles : inégalités, concentration du pouvoir des grands groupes, ménages exclus de l’accès aux biens essentiels. Mais confier plus de décisions à l’État ne les règle pas mécaniquement. Un système se juge à l’usage : protège-t-il le libre choix, récompense-t-il l’innovation, utilise-t-il bien les ressources, et permet-il aux citoyens de demander des comptes à ceux qui décident ?
Les pays nordiques ne sont pas socialistes
Autre confusion fréquente : des prestations sociales généreuses ne font pas un pays socialiste. Une nation peut combiner une économie de marché avec des impôts élevés et des services publics étendus. L’existence d’un filet de sécurité ne dit rien de la question de fond, celle de la propriété de l’économie.
Abdul El-Sayed, capitaliste revendiqué
La distinction pèse directement dans la campagne. Dans le Michigan, Abdul El-Sayed a remporté en août la primaire démocrate pour le Sénat, avec le soutien d’Alexandria Ocasio-Cortez et de Bernie Sanders. Il défend l’assurance santé publique universelle, le Medicare for All, et une hausse des impôts des milliardaires. Il rejette pourtant l’étiquette socialiste et se dit capitaliste. Ses adversaires, comme l’organisation conservatrice Americans for Prosperity Action, l’accusent de menacer la liberté économique.
Pour l’électeur, la bonne méthode n’est ni de se fier à l’étiquette choisie par le candidat, ni à celle que lui collent ses opposants. Elle consiste à examiner chaque mesure :
- ce qu’elle changerait concrètement ;
- qui l’administrerait ;
- comment elle serait financée ;
- ce qu’elle laisserait aux choix privés et à la propriété individuelle.
Les jeunes électeurs face au mot
La compassion pour ceux qui peinent n’a rien de honteux, et tout système économique doit être jugé à la façon dont il traite les plus faibles. Mais un mot séduisant ne remplace pas l’examen d’un programme. Les jeunes électeurs ont intérêt à demander au candidat ce qu’il entend par socialisme, ce que la propriété collective changerait, qui prendrait les décisions et sur quelles preuves reposent ses promesses.
Les élections de mi-mandat ont lieu le 3 novembre. Elles diront dans quelle mesure cette nouvelle sympathie pour le socialisme se traduit dans les urnes.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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