Loi Travail. Importants blocages à Nantes, Brest et Saint-Nazaire

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10/06/2016 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) – Les manifestations contre la Loi Travail se poursuivent. Alors que la ministre du Travail Myriam El Khomri  recevra le leader de la CGT Philippe Martinez la semaine prochaine, les mobilisations de cheminots, agents des services publics, dockers ou encore éboueurs ont encore été importantes ce 9 juin. De nouvelles journées de mobilisation sont prévues les 14, 23 et 27 juin. La mobilisation a toutefois été en retrait par rapport au 2 juin.  Paris.

Près de 15.000 personnes (5000 selon la police, 40.000 selon la CGT) ont défilé au Havre, qui est aujourd’hui la vraie capitale de la contestation. Plus de1500 ont défilé à Bordeaux, 1000 à Rouen et à Caen, plusieurs centaines à Paris. Les voies SNCF ont été envahies par des manifestants à Annecy et Toulouse. Les éboueurs continuent la grève à Paris et à Marseille, mais n’occupent plus le centre municipal de traitement des déchets à Saint-Etienne. Dans l’énergie, une baisse de production de 3000 MW a été observée ; des arrêts de travail ont eu lieu dans les centrales nucléaires du Blayais, de Bugey, de Fessenheim, de Tricastin, de Paluel et de Golfech. La centrale thermique de Porcheville (78) a été bloquée. Les accès au port fluvial de Lyon et au marché de Rungis ont été bloqués par des manifestants.

En Bretagne, plus de 5000 personnes ont défilé, y compris pour des causes qui ne sont pas toujours immédiatement liées à la loi Travail. Ainsi à Plouguernevel près de 300 employés de l’hôpital ont bloqué un de ses accès pour protester contre la stagnation de leurs salaires. Près de 150 manifestants à Quimper et 100 à Morlaix ont défilé pour la défense du pouvoir d’achat des retraités et l’opposition à la loi Travail. A Saint-Brieuc, la grève chez les agents de l’agglo, du département, et des crèches et des écoles de la ville se poursuit ; un barrage filtrant a aussi été tenu de 11h30 à 12h30 par 80 personnes dans la ZI de Langueux. A Brest, deux barrages filtrants ont eu lieu, un au Relecq-Kerhuon sur la RN165, un autre au port de Commerce de 5 h 30 à 9h30 ; peu après, 150 manifestants se sont rassemblés en ville devant la mairie. A Lorient, après l’organisation d’un barrage filtrant près de la base sous-marine le matin, près de 500 personnes ont défilé en ville.

A Saint-Nazaire, les voies SNCF ont été envahies par certains manifestants de 5h45 à 8h, perturbant durablement le trafic ferroviaire. Par la suite, une manifestation syndicale a réuni près de 1000 personnes dans les rues de la ville. En fin de manifestation, vers midi, une centaine de personnes a envahi la mairie, où selon le maire David Samzun des agents auraient été bousculés par les manifestants et des dégradations faites. La mairie de Saint-Nazaire a l’intention de porter plainte pour cette intrusion qui du reste n’a duré que peu de temps.

« Sabotages, manifs, grèves, Rennes est magique »

A Rennes, la manifestation a réuni près de 1500 personnes, parmi lesquels une centaine de casseurs d’extrême-gauche. Plutôt modérée par rapport à l’habitude, la manif a néanmoins donné lieu à d’importantes dégradations rue Saint-Hélier : plusieurs banques, La Poste, un promoteur immobilier et un assureur ont vu leurs vitrines taguées ; des distributeurs de billets (DAB) ont été endommagés et les forces de l’ordre canardées avec des billes de peinture. Boulevard de la Liberté, les vitrines et le DAB du Crédit Mutuel de Bretagne ont aussi été tagués ; un DAB du Crédit Agricole, situé sur la même rue, a été mis hors service. Des tags ont été faits un peu partout, tels que « élue manif de l’année » ou « on s’est radicalisés sur internet ». Certains manifestants avaient fait des banderoles originales, par exemple « Macron, a défaut de te tailler un costard, on va te faire un short » ou alors « Sabotages, manifs, grèves, Rennes est magique ».

L’hôtel de police a aussi été visé par des tirs de projectiles divers et de fumigènes. Plusieurs journalistes ont été aspergés de peinture noire par des manifestants d’extrême-gauche qui estimaient qu’ils s’approchaient trop près d’eux pour les photographier. En marge du cortège, la police aurait fouillé le camion sono du syndicat Sud-Solidaires et procédé au contrôle d’identité de trois de ses militants, apprend-on sur les réseaux sociaux. En fin de manifestation, la police a du empêcher une cinquantaine de militants d’extrême-gauche d’investir par la force une salle de spectacle boulevard Charles de Gaulle. La manifestation s’est dispersée d’elle même vers 15 heures.

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Rue de Strasbourg à Nantes. Des manifestants interpellés par les policiers de la BAC

Nantes : « La manifestation interdite de cet après-midi était vraiment marquée au coin de la nullité ! »

A Nantes, la manifestation syndicale avait lieu cette fois dans la zone commerciale et artisanale d’Atlantis, au nord-ouest de la ville. Elle a réuni près de 1500 personnes, qui ont investi le périphérique vers 11h et y sont restées jusqu’à 13h30. Le secteur entre les portes d’Orvault et d’Ar-Mor était occupé par la manifestation. A cela se sont ajoutés un barrage filtrant mis en place par les salariés d’Airbus tôt le matin au pied du pont de Cheviré, côté sud, et une opération escargot partie à 8h du péage du Bignon en direction du périphérique est. Résultat : le périphérique de Nantes était complètement saturé, ainsi que la plupart des routes principales du sud-Loire, y compris les traversées de plusieurs bourgs.

L’extrême-gauche avait prévu de son côté un rassemblement à 17 h place du Bouffay qui avait été interdit par la Préfecture. Cette fois, les ordres sont tombés pour que Nantes ne soit plus livrée aux casseurs comme c’est l’habitude  depuis près de trois mois, ce qui exaspère bien des Nantais. Le défilé, qui réunissait près de 300 jeunes – mais bien moins de militants d’extrême-gauche et de casseurs de banlieue que d’habitude, peut-être avaient-ils flairé le guet-apens – a tourné court très rapidement après son départ de la place du Bouffay à 17h30.

« Merci à la police de rappeler que la rue n’appartient pas aux casseurs. C’est un peu tard, mais c’est bien quand même »

Michel, qui y était, raconte : « La manifestation interdite de cet après-midi était vraiment marquée au coin de la nullité ! Partis de la place du Bouffay vers la gare, 300 manifestants ont rencontré sur le chemin un barrage policier qui les a sommés de se disperser. Ils ont alors birfurqué dans la rue de Strasbourg… et se sont aussitôt retrouvé pris dans une nasse sur 100 m de long avec une ligne de CRS à chaque bout ». Plus exactement, c’est la première moitié du cortège qui s’est retrouvée prise dans la nasse au carrefour des rues de Strasbourg et de l’Union. Près de 150 personnes ont été encerclées par les policiers, qui ont procédé à des contrôles d’identité jusqu’à 19 h. Avant d’être relâchés, les manifestants étaient en outre filmés par les policiers. Les dernières velléités de rassemblement ont été dispersées au gaz lacrymogène vers 20 heures. « Tant mieux ! », estime Julie, qui vit dans le centre-ville. « Les manifs sauvages avec de la casse tous les trois jours, y en a marre ! Merci à la police de rappeler que la rue n’appartient pas aux casseurs. C’est un peu tard, mais c’est bien quand même ». Finalement 22 personnes ont été interpellées. 14 d’entre elles  ont été placées en garde à vue.

Crédit photos : Breizh-info.com
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1 COMMENTAIRE

  1. on se croirait dans une escalade entre bandes rivales des quartiers chauds – Il faut que Rennes fasse (façon de parler) mieux que Nantes en matière de dégradations et que Nantes fasse mieux que Paris, Bordeaux ou Marseille – Ceci n’a plus aucun sens et nos ainés, qui se sont battus pour nos acquis sociaux (je parle de la sécu, congés payés etc…. et pas des « privilèges » de certains, doivent se retourner dans leurs tombes

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