Les ventes du Télégramme commencent à fléchir

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21/08/2016 – 07H00 Morlaix (Breizh-info.com) – Si la diffusion totale (diffusion France payée + services gratuits) d’Ouest-France a reculé de 68 533 exemplaires/jour entre 2015 et 2005, celle du Télégramme n’a baissé que de 1063 exemplaires/jour durant la même période. En 2005, celle du quotidien de Morlaix atteignait 203 689 exemplaires pour tomber à 202 626 en 2015. La diffusion totale a atteint un pic en 2011 avec 211 165 exemplaires.

Si l’on prend en compte la période 2005/2011, on constate que Le Télégramme a progressé de 7 476 exemplaires/jours. Est-ce l’effet du développement des nouvelles éditions (Vannes, Dinan…) implantées sur le territoire jusque-là réservé à Ouest-France ? Est-ce la conséquence d’un traitement plus dynamique et plus journalistique de l’actualité bretonne que celui pratiqué par un Ouest-France toujours soucieux de ne déplaire à personne ?

Mais, pour autant, la direction du Télégramme n’a pas lieu de triompher car les résultats des ventes de la période 2011/2015 montre que le déclin est sérieusement engagé. Diffusion totale : 211 165 en 2011 (+ 303), 209 615 en 2012 (- 1550), 207 026 en 2013 (- 2589), 205 654 en 2014 (- 1372), 202 626 en 2015 (- 3028), soit un recul de 8539 exemplaires/jour pendant ces quatre années.

Pour Le Télégramme Dimanche, on assiste à une progression régulière entre 2006 et 2014. La diffusion totale passe alors de 144 430 exemplaires à 162 331, soit une progression de 17 901 exemplaires. Mais le déclin semble commencer en 2015 avec un recul de 846 (161 485).

Rappelons qu’avant la guerre, Le Télégramme s’appelait La Dépêche  et était installé à Brest. Mais, pendant les hostilités, les bombardements incessants du port contraignirent le journal à déménager à Morlaix. Pendant l’Occupation, Yann Fouéré en était le directeur politique et Joseph Martray le rédacteur en chef, tandis que la famille Coudurier assurait la gestion de l’entreprise, en particulier la publicité. Au premier rang des annonceurs figurait le magazine allemand Signal, ce que Joseph Martray a toujours reproché aux Coudurier.

A la Libération, Fouéré et Martray eurent droit au juge d’instruction. Mais Fouéré partit en Irlande, tandis que Martray, qui appartenait à un réseau de résistance bénéficia d’un non-lieu après un seul interrogatoire par le juge d’instruction. Lorsqu’il sortit du cabinet du magistrat, Marcel Coudurier attendait son tour dans la salle d’attente.

Pendant l’occupation, les journaux étaient contraints par les Allemands à publier des avis de recherche concernant des résistants – on disait des « terroristes » à l’époque. Il y avait donc une photo et un petit texte explicatif. Comme Martray savait que le plus dangereux pour les résistants étaient la photo, il s’arrangeait pour la supprimer au montage. Or le censeur allemand, qui avait fui Brest à cause des bombardements, s’était installé à Quimper. Martray avait donc les mains libres pour le faire systématiquement.

Mais Marcel Coudurier ne digéra pas cette période. Si bien que les noms de Fouéré et de Martray étaient interdits de séjour dans le Télégramme. Pendant la période du CELIB, on n’écrivait pas « Joseph Martray » dans le quotidien de Morlaix, mais « le secrétaire général du CELIB ». De la même manière, aux élections législatives de 1973, Yann Fouéré fut candidat dans la circonscription de Dinan sous l’étiquette « SAV Parti breton » et provoqua la chute de René Pleven ; Le Télégramme ne cita jamais son nom. Pourtant le rôle de Fouéré fut décisif à cette élection, car, en appelant à voter au second tour pour Charles Josselin (PS), il permit non seulement à ce dernier de devenir député, mais encore de démarrer une carrière politique qui lui permit, en particulier, de devenir président du conseil général des Côtes-d’Armor. Au second tour, les électeurs de Fouéré du premier, furent obéissants et votèrent en bloc Josselin ; ce sont eux qui firent la différence.

Ultime manifestation de l’interdit prononcé par la direction du Télégramme à l’encontre de Fouéré, lors du décès de ce dernier en 2011, le quotidien de Morlaix refusa de publier l’avis de décès…

B. Morvan

Photo : Rhian/Flickr (cc)
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2 Commentaires

  1. Famille Coudurier : petite fortune personnelle grâce aux subventions.
    Le nombre d’exemplaires imprimés par jour est une chose mais combien d’exemplaires sont-ils vendus ?
    Spécialiste comme son ami Ouest-France pour distribuer dans certains lieux stratégiques des exemplaires « gratuits-subventionnés »
    Voila un bon exemple de la presse-torchon.

    • tout a fait : il suffit d’aller dans les residences etudiants, FJT et autres pour voir les piles de OF offertes. Même gratuit ce torchon ne mérite pas de perdre 15 secondes de sa vie pour lire sa propagande ultra orientée. La peur de perdre ses subventions?

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