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08/09/2016 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) – L’ouverture de la saison d’Angers-Nantes Opéra est quelque peu amaigrie en ces temps de subventions étroites et de plans vigipirate. Elle commence le 16 septembre avec une version scénique de Lohengrin, de Richard Wagner, dirigée par Pascal Rophé à la tête de l’ONPL. Le rôle d’Elsa de Brabant sera tenu par Juliane Banse, déjà chanté par ses soins l’an passé à Amsterdam, et celui de Lohengrin par Daniel Kirch, ultérieurement donné à Coburg, et qui fut remarqué dans Parsifal à Leipzig, dans Tannhaüser à Innsbruck ou dans le Vaisseau à Tokyo et à Varsovie. Pour les deux autres rôles majeurs, on notera, dans celui d’Henri l’Oiseleur, la présence de Jean Teitgen, qui l’a chanté à Rouen l’an passé, et celle de Catherine Hunold, qui a déjà tenu le rôle d’Ortrud à Rennes en 2015. En bref, des soirées prometteuses, servies par une distribution wagnérienne bien rôdée.
A ne pas manquer, en septembre-octobre, La Guerre des Théâtres, un spectacle d’opéra-comique donné en avril 2015 à la salle Favart pour son tricentenaire. Les représentations à Nantes et Angers seront suivies d’une reprise à Chambéry en mars 2017. Ce spectacle a été réglé par Jean-Philippe Desrousseaux pour le Centre de Musique Baroque de Versailles. Il évoque la guerre des scènes parisiennes au début du XVIII° siècle, quand l’Opéra et la Comédie-Française faisaient valoir leur monopole en matière de représentations théâtrales et musicales. Les troupes foraines s’efforçaient alors de contourner les règlements en proposant sur leurs tréteaux des mimes, des marionnettes, des textes écrits sur panneaux ou des chants de foule, et demandaient l’aide du public. Lors de la représentation parisienne de 2015, les auditeurs allèrent jusqu’à lancer des pièces de monnaie sur la scène pour aider une pauvre troupe en mal de subventions, mais très convaincante. Le tout sur une trame d’époque, l’opéra La Matrone d’Éphèse, du librettiste Louis Fuzelier, enrichi de citations de Lully (ouverture d’Alceste), de Rameau (tempête d’Alcyone), de Mouret, de Clérambault ou du compositeur Racot de Granval qui fut claveciniste à Versailles.
Ce spectacle indescriptible est destiné aux oreilles les plus diverses, et superpose avec bonheur un sérieux musical sans faille et un comique scénique désopilant. Soirée de présentation le 26 septembre à Nantes, suivie de cinq représentations à Graslin, et de trois autres à Angers en octobre.
Il faudra ensuite attendre les mois de novembre et décembre pour suivre cinq représentations nantaises et trois représentations angevines d’Orphée aux Enfers, de Jacques Offenbach. Cette coproduction, créée à Nancy en décembre 2015, avait laissé des souvenirs magiques quant à la distribution vocale, reprise ici pour l’essentiel. Mais des appréciations plus mitigées quant aux costumes, hideux et taillés à contre-sens du livret, et quant à la mise en scène de Ted Huffmann, très new-yorkaise, qui confondait l’humour français fin de siècle, toujours pince-sans-rire, avec le dessin animé surchargé de Tex Avery. La régie a été très heureusement simplifiée pour les reprises à Montpellier en juillet dernier. Cet estompage de la (trop) lourde démonstration de Huffmann ne peut que servir la prestation d’une jeune école vocale française en plein renouveau, et atteignant déjà des sommets dans la qualité vocale et la présence scénique.
J.F. Gautier
Photos : DR
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