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13/10/2016 – 18H30 Saint-Brevin-les-Pins (Breizh-info.com) – Une réunion publique s’était tenue le samedi 8 octobre concernant l’accueil à venir de migrants à Saint-Brévin-les-Pins (voir notre résumé). 300 personnes y avaient participé. Le collectif des Brévinois opposés à leur implantation se réunissait mardi soir, en petit comité, pour faire le point sur les actions passées et sur celles à envisager. L’arrivée de transfuges du camp de Calais est toujours programmée d’ici le 17 octobre, date du début de démantèlement de la sinistre jungle, bien que le ministère de l’Intérieur soit plutôt discret sur la confirmation des délais .

Rappelant l’article partisan de Presse Océan, quotidien nantais, qui a entraîné une réponse vidéo de l’association LiEn (Libertés et Entraide), la trentaine de personnes présentes ont étudié les moyens de faire entendre leur avis.  Ils ont notamment bénéficié des conseils de Nicolas Faure, président de ladite association qui s’était déplacé pour l’occasion. Dans les rangs des opposants, les questionnements sont bien réels, tant sur le nombre de migrants que sur la durée de leur séjour dans la commune. Ainsi, le préfet de Loire-Atlantique évoque des effectifs entre 50 et 116 personnes mais se refuse à confirmer clairement leur départ au mois de juin 2017.

S’ajoutant à ces incertitudes, de nombreuses inquiétudes liées à ce transfert ont également été soulevées mardi soir. Monsieur René Harre, habitant de Saint-Brévin et connaisseur du territoire et de ses aménagements, est d’ailleurs intervenu sur les risques liés à la proximité du pont de Saint-Nazaire et du terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne situé juste en face de Saint-Brévin, cibles potentielles d’attentats.

Selon lui, il n’était pas inutile de rappeler que plusieurs terroristes de l’État islamique s’étaient infiltrés dans les flux de migrants comme l’ont prouvé certaines enquêtes policières. D’autre part, le pont de Saint-Nazaire fût mentionné, en janvier 2016, dans un document du renseignement militaire français révélé à la presse, comme l’une des sept cibles éventuelles de Daesh sur le territoire hexagonal. Quant au terminal méthanier, il est situé dans une zone classée Seveso, zone industrielle comportant un risque d’accidents majeurs. De plus, d’autres interrogations portent sur l’impact de la présence de ces migrants sur l’économie touristique de la station balnéaire du Pays de Retz.

Les membres du collectif ont également examiné les différentes pistes pour tenter de contrer cette arrivée de migrants à Saint-Brévin. Plusieurs idées sont passées à l’étude comme celle d’effectuer une pression sur le maire en lui rappelant le poids électoral des opposants sur sa commune. Bien que le pouvoir d’un maire face à une décision du ministère de l’Intérieur apparaisse comme faible, Nicolas Faure a rappelé l’exemple de la commune de Gussignies, dans le département du Nord. Elle a fait reculer l’État et annuler l’accueil de migrants sur son territoire. Cela a été rendu possible par l’intermédiaire d’une pression populaire forte et par une pétition rassemblant 300 signatures dans ce village de 384 habitants. Par ailleurs, la pétition lancée par le collectif brévinois, qui a déjà reçu 600 signatures sur le terrain et 8500 sur internet ,sera de nouveau proposée aux habitants. Des tracts exposant les différents arguments des opposants seront distribués.

Mais face à l’urgence de la situation, c’est avant tout à un rassemblement massif samedi 15 octobre à 10 heures Place du Marché à Saint-Brévin-les-Pins que le collectif des Brévinois opposés à l’implantation de migrants appelle afin que le maire de Saint-Brévin mais également le préfet de Loire-Atlantique et plus généralement les pouvoirs publics entendent enfin leur point de vue.

Par ailleurs, ce passage dans la commune a été l’occasion pour Breizh-info d’interroger quelques résidents et commerçants de Saint-Brévin mardi après-midi sur leur perception concernant ces nouveaux venus. Il en résulte que les avis sont assez contrastés, bien qu’assez majoritairement opposés à cette implantation.

Les personnes favorables à l’accueil estiment que quelques dizaines de personnes sur une population municipale de 13000 habitants n’entraîneront pas de problèmes particuliers s’ils sont bien encadrés. « Les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas », estime une passante « ayant vécu à l’étranger ». De plus, la politique internationale des pays occidentaux est un argument qui est revenu à plusieurs reprises pour expliquer ces flux de personnes arrivant en Europe de l’Ouest. Un certain fatalisme était aussi perceptible.

Du côté des sceptiques et des défavorables, la forte proportion d’hommes seuls (estimée à 94% selon l’association humanitaire Refugee Rights) est source d’interrogations. Surtout la question de la priorité à accorder aux difficultés sociales locales et à Saint-Nazaire et à l’avenir de l’industrie navale revenait souvent dans les discussions. « Certains ici ont déjà du mal à s’en sortir en travaillant », nous rapporte quant à elle une commerçante.

Hormis un changement de cap du ministère de l’Intérieur, les arguments des uns et des autres seront mis à l’épreuve du réel dans quelques jours.

Vincent L.

Photo : DR
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