Agriculture et climat. La FAO (organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) prône le changement.

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 24/10/2016 – 09H00 Monde (Breizh-info.com) –La FAO (organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) s’alarme dans un rapport présenté à Rome mardi 18 octobre 2016 : si les méthodes agricoles ne changent pas, les conséquences humaines et économiques seront dramatiques face aux modifications du climat.

La FAO estime le coût de l’inaction à 30 milliards de dollars, alors que quelques 650 millions de dollars suffiraient à changer de modèles agricoles. Les principales victimes sont les petits producteurs qui n’ont pas accès aux technologies météorologiques ou à des facilités bancaires.

Inondations, sécheresse, modifications locales climatiques, salinisation des terres entraînent un mouvement général vers une hausse des denrées alimentaires et une baisse des rendements. Entre 35 et 122 millions de nouveaux « extrêmement pauvres » pourraient apparaître suite aux modifications du climat d’ici 2030.

La FAO pour une révolution des subventions

L’organisme international pointe du doigt les milliards de subventions annuelles vers les pratiques agricoles à base de pesticides et d’engrais chimiques. Ces pratiques, estime t’il, ne favorisent pas une agriculture durable pour les millions de petits producteurs locaux.

La FAO préfère un subventionnement lié à des pratiques durables et cite les points suivants :

– diversification des cultures, polyculture

– préservation des sols

– utilisation des variétés utilisant l’azote des sols

Croissance partagée et productivité

La FAO rappelle également qu’ « une croissance inclusive, c’est-à-dire une croissance qui offre des possibilités à ceux qui ont peu d’actifs, de compétences et de débouchés, améliore les revenus et les moyens d’existence des pauvres et s’avère efficace dans la lutte contre la faim et la malnutrition. Les populations rurales représentent un pourcentage élevé des personnes souffrant de la faim et de la malnutrition dans les pays en développement, et les initiatives ayant pour but de favoriser la croissance dans l’agriculture et le secteur rural peuvent être un élément important d’une stratégie visant à promouvoir une croissance inclusive et améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire ». L’amélioration de la productivité en général et durable des ressources détenues par les agriculteurs familiaux et les petits exploitants joue, ajoute la FAO,  un rôle déterminant dans la croissance partagée : elle a de profondes incidences sur les moyens d’existence des pauvres dans les zones rurales et dans l’économie rurale d’une région.

LA FAO veut plus d’ouverture des marchés

La FAO précise encore : « dans de nombreux cas, l’ouverture aux marchés internationaux peut considérablement améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition car elle augmente la disponibilité alimentaire et favorise l’investissement et la croissance. Les accords commerciaux internationaux devraient prévoir des mesures de protection efficaces et accorder une plus grande marge d’action aux pays en développement afin d’éviter les effets pouvant nuire à la sécurité alimentaire et la nutrition au niveau national. » 

Pourtant, dans de  nombreux cas, c’est justement l’ouverture brutale des marchés qui a entraîné les petits producteurs locaux dans la pauvreté, l’endettement et la spirale de la compétitivité mondiale face à laquelle ils restent désarmés. Elle même décrit qu’ « une plus grande dépendance à l’égard des importations alimentaires a été associée à une consommation accrue d’aliments plus caloriques et de faible valeur nutritive, qui sont moins chers et plus facilement accessibles. La priorité donnée aux exportations de produits de base peut détourner les terres et autres ressources nécessaires à la production des aliments autochtones traditionnels, souvent supérieurs d’un point de vue nutritionnel. »

Il est pourtant indéniable que dans les pays sensibles à la progression de l’extrême pauvreté, le prix des produits exportables augmentent sur le marché intérieur, et que dans les secteurs en concurrence avec les importations, l’emploi, la sécurité alimentaire et les revenus des producteurs diminuent.

Fidèle à la tradition du double langage de l’organisme Onusien, ce rapport présenté dans la capitale italienne a tout de même l’avantage de démontrer l’intérêt d’un changement des méthodes agricoles sur la planète, et son urgence.

Photo : Pixabay
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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Une réponse à “Agriculture et climat. La FAO (organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) prône le changement.”

  1. As29 dit :

    L’ouverture à des marchés internationaux? La bonne blague, c’est ce qui ruine les petits paysans… La production et la consommation locale, c’est l’avenir. C’est pas faire faire des centaines ou des milliers de kms à un cageot de tomates. Et les traitements pesticides et les engrais, non, ce n’est pas bon. Certains modèles agricoles d’agriculture « raisonnée » ou plutôt irraisonnée sont à jeter aux orties! Vive le bio local!

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