Ce samedi 19 septembre à Gausson, petite commune du Centre-Bretagne, les adhérents de l’UDR et du RN étaient appelés à débattre sur l’agriculture et son avenir. Et pour que le décor inspire les intervenants, la rencontre se passait dans un hangar agricole, en toute simplicité autour d’un camion restaurant spécialisé dans les produits locaux et d’une tireuse à bière de la brasserie Kerfave d’Erik Tégner et Éric Rucklin qui était d’ailleurs présent pour l’occasion.
« L’idée de cette journée était de montrer la capacité d’organisation et de mobilisation de l’UDR sur un sujet comme l’agriculture », à la manoeuvre, le responsable UDR pour l’Ille-et-Vilaine Jérôme Besnard. Très sensible à la question bretonne, intéressé par les langues de Bretagne et les questions culturelles, Jérôme Besnard est avant tout un spécialiste de l’agriculture, lui qui fut même responsable de la communication à la Coordination Rurale. Et le discours était, ce jour, avant tout à l’unité entre UDR et RN « nous tenons à amorcer des convergences pour la Présidentielle bien entendu mais également en vue des élections régionales et départementales à venir. Or en Bretagne, si on ne se pose pas la question de l’agriculture et de son devenir, on passe à côté d’un sujet essentiel. »
Et puisque nous sommes en Bretagne, le débat se porte sur le conseil régional « celui-ci met en place des aides fléchées pour des projets de maraîchage bio… bon, c’est gentil mais demain on ne sait même pas si les exploitations bretonnes dont les propriétaires partent en retraite vont être reprises. Or, on se rapproche dangereusement d’un nombre minimum de producteurs » argumente Jérôme Besnard « et avec la sécheresse de cet été qui s’ajoute aux difficultés précédentes, certains éleveurs se demandent carrément s’ils ne vont pas devoir abattre le cheptel. »
Appel au protectionnisme
La solution à ce dépérissement agricole est, pour le délégué URD, « un retour au protectionnisme ! Les autres pays le font et pas nous. La France est ouverte à tous les vents ». Une autre intervenant souligne que « même aux USA où j’ai vécu, pays du libéralisme pourtant, il y a des subventions et des barrières douanières à tous les niveaux pour protéger les agriculteurs américains. Et nous que faisons-nous ? »
Les discussions tournent beaucoup autour de la mise en place de circuits courts, de dépassement des intermédiaires, de la remise en cause du low-cost, de la création d’abattoirs mobiles pour faciliter l’abattage. Il est même évoqué la possibilité de mettre des bornes de recharge pour voiture dans la cour de producteurs-revendeurs « afin que les gens viennent faire un tour à la boutique pendant que leur voiture électrique se recharge ». Pas idiot en effet.
Ensuite Gilles Pennelle, leader du Rassemblement National en Bretagne, arrive. L’homme rappelle beaucoup… Jean-Marie Le Pen ! Verbe haut et facile, stature, on devine chez lui un sens de la confrontation et du courage physique. Breizh-Info le critique beaucoup, notamment son côté trop pusillanime sur les questions identitaires, culturelles et linguistiques spécifiquement bretonnes alors que les enjeux identitaires sont l’un de ses chevaux de bataille, mais il accepte la contradiction. Dans ce monde politique peuplé de savonnettes, il faut reconnaître à Gilles Pennelle sa franchise et son acceptation du combat des idées. Auquel on pourrait même ajouter un certain côté rock n’ roll, ça change un peu des Marie-Chantal du FN de jadis !
Lors de sa prise de parole, le député européen aura fait montre d’une maîtrise des sujets agricoles dans le cadre de l’UE. Tout le monde en prend pour son grade. Puisqu’il est question de Marie-Chantal, Ursulla Von der Leyen aura entendu ses oreilles siffler cet après-midi avec une critique en règle de « l’impératrice auto-proclamée de l’Empire européiste » et des accords de Libre-Echange avec la terre entière « où les agriculteurs français sont toujours perdants » selon Gilles Pennelle.
D’après le député européen, l’UE a décidé de sacrifier sciemment les agriculteurs, notamment à travers le versement du budget de la PAC dans un budget plus large où l’agriculture deviendra une variable d’ajustement. « Les agriculteurs doivent vivre de leur travail ! » rappelle-t-il. Une question du public sur la place des étrangers dans l’économie des filière légumière, fruitière ou viticole lui aura également permis de rappeler que ces filières recrutent beaucoup d’étrangers parce que les salaires y sont bas et que les jeunes ne sont pas orientés vers les métiers manuels par stricte idéologie gauchiste. Effectivement, ramasser des patates avec un master de sociologie du genre, c’est moins facile…
Parmi les participants, on reconnaissait quelques candidats aux élections sénatoriales comme les sympathiques Camille Favre du RN et Jean-Jacques Leffondre, responsable UDR pour les Côtes d’Armor et exploitant agricole chez qui se déroulait ces rencontres, Anne Le Goff, Isabelle Naura ainsi que Nicolas Le Masson lui aussi, particulièrement sensible aux questions identitaires bretonnes. Espérons que les militants RN suivront son exemple sur ce sujet.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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