Moins de 40 000 intérimaires en Bretagne : le chiffre n’avait plus été aussi bas depuis le confinement du printemps 2020. Selon la dernière note de conjoncture de l’Insee Bretagne, publiée en septembre, l’emploi intérimaire a encore reculé de 2,2 % au 2e trimestre 2026, après -0,8 % au trimestre précédent. Il s’agit du 4e trimestre de baisse consécutive, la décrue ayant commencé à l’été 2025. Dans le même temps, le chômage monte et l’activité régionale fait du surplace.
Les chiffres de l’Insee portent sur la région administrative, soit les 4 départements hors Loire-Atlantique.
L’intérim en recul dans presque tous les secteurs
Le reflux de l’intérim touche l’industrie, à l’exception de l’agroalimentaire, ainsi que la construction, où la baisse ralentit toutefois. Il est net dans le tertiaire marchand, en particulier dans le commerce et le transport-entreposage. Sur un an, l’intérim breton perd 5,1 %, contre 1,7 % à l’échelle nationale. L’écart vient surtout du tertiaire marchand, où la baisse est bien plus forte en Bretagne, et de l’industrie : l’intérim y recule légèrement dans la région, alors qu’il progresse au niveau national.
Un taux de chômage de 6,8 %
Le taux de chômage breton atteint 6,8 % de la population active au 2e trimestre, en hausse de 0,2 point sur 3 mois et de 0,7 point sur un an. C’est son plus haut niveau depuis le 1er trimestre 2021. La Bretagne conserve néanmoins le taux le plus bas des régions françaises, à égalité avec les Pays de la Loire, loin des 8,3 % mesurés en France hors Mayotte.
Le Finistère est le département le plus touché (7,1 %, +0,2 point), devant l’Ille-et-Vilaine (6,8 %, +0,2 point), les Côtes-d’Armor (6,7 %, +0,1 point) et le Morbihan (6,4 %, +0,2 point). Sur les 20 zones d’emploi bretonnes, 15 voient leur taux progresser sur le trimestre, de 0,2 à 0,4 point. Sur un an, le chômage gagne au moins 1 point dans les zones de Fougères, Quimperlé et Redon (partie bretonne).
Emploi salarié stable, heures rémunérées en baisse
L’emploi salarié total est stable, dans le privé comme dans le public. Sur un an, il est quasi stable en Bretagne (-0,1 % dans le privé, +0,1 % dans le public), alors qu’il recule de 0,3 % en France.
Le volume d’heures rémunérées dans le privé baisse en revanche de 0,4 % sur un an, moins qu’au niveau national (-0,7 %). Le repli touche tous les secteurs, industrie comprise.
Le tertiaire marchand hors intérim progresse de 0,3 % sur le trimestre, porté par les services aux entreprises, la finance et l’assurance. L’hébergement-restauration et l’immobilier repartent à la hausse après un 1er trimestre en recul. L’information-communication et le transport-entreposage perdent des effectifs sur un an.
L’industrie est quasi stable (+0,1 % sur le trimestre, +0,2 % sur un an), là où l’emploi industriel recule nettement au niveau national. L’agroalimentaire, qui pèse plus de 4 emplois industriels sur 10 en Bretagne, est stable sur le trimestre et gagne 0,6 % sur un an. La construction résiste aussi (+0,2 % sur un an), alors qu’elle perd 1,4 % en France.
Agriculture : -2,2 % d’emplois salariés
L’agriculture est le secteur qui décroche. L’emploi salarié agricole chute de 2,2 % au 2e trimestre, après -0,8 % au 1er, et se situe 1,6 % sous son niveau d’un an plus tôt. Le recul est encore plus marqué au niveau national (-3,8 % sur un an).
Les causes sont météorologiques : températures records, surtout fin juin, et sécheresse en avril. S’y ajoute la hausse des coûts de l’énergie et des engrais, liée aux tensions au Moyen-Orient. Les livraisons de lait baissent de 4,4 % sur un an. À la perte de productivité due à la chaleur s’ajoute le décalage des naissances de veaux laitiers, conséquence de la fièvre catarrhale ovine de l’été 2025.
Les abattages reculent aussi, en grande partie à cause des jours fériés de mai : -3,7 % pour les gros bovins, -1,7 % pour les porcs charcutiers, -1,1 % pour les poulets de chair. Les vagues de chaleur provoquent de fortes mortalités dans les élevages, notamment de volailles.
Côté cultures, le maïs est particulièrement touché, et les rendements d’orge, de blé et de colza s’annoncent en baisse. Au 20 juin, la pousse cumulée de l’herbe était inférieure de 10,7 % à la moyenne 1989-2018. La demande en tomates a grimpé avec la chaleur alors que l’offre se réduisait, ce qui a fait monter les prix.
La France à la traîne en zone euro
Le contexte national n’aide pas. Au printemps, l’activité française a stagné (+0,0 %) après un recul de 0,2 % l’hiver, alors que l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne progressaient. L’Insee cite plusieurs causes : le retournement des travaux publics après les municipales, les vagues de chaleur, un marché du travail plus dégradé et une impulsion budgétaire moins favorable qu’ailleurs.
Pour la fin d’année, l’Insee prévoit en Bretagne une richesse créée en hausse de 0,1 % par trimestre. Au niveau national, la croissance 2026 plafonnerait à 0,4 %, l’inflation atteindrait 2,9 % en décembre et le taux de chômage 8,6 %.
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