Si Hollande renonce, le Breton Le Drian est prêt à soutenir le Catalan Valls

A LA UNE

22/11/2016 – 07H15 Paris (Breizh-info.com) – Manuel Valls vient de changer son fusil d’épaule. On se souvient de son discours social-libéral – en particulier lors de la primaire socialiste de 2011. Depuis la victoire de Donald Trump, il tient des propos devenus inhabituels au PS ; sans doute vise-t-il très certainement à se démarquer du président de la République. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre vient d’expliquer que la victoire de Donald Trump soulignait « le besoin de frontières », la nécessité de « réguler l’immigration » et de mieux protéger les classes moyennes et populaires, y compris françaises, « qui vivent ce sentiment de déclassement » (mercredi 9 novembre).

Le Lendemain, il remet le couvert lors de la visite de deux usines dans l’Essonne. Là, il s’affiche avec des ouvriers dont il dit «comprendre les inquiétudes». « Il y en a qui expliquent qu’il n’y a plus de classe ouvrière dans ce pays. Ce n’est pas vrai ! Il y a encore une majorité d’ouvriers et d’employés en France », a-t-il rappelé, soulignant qu’«il n’y a pas de mondialisation heureuse ou naïve» (Le Monde, 12/11/2016).

Confidence d’un proche du Premier ministre au Canard enchaîné (09/11/2016) : «Manuel a maintenant très envie d’y aller. En tout cas, il a des choses à dire au pays, et, indépendamment de la décision qu’annoncera Hollande, il va exprimer sa vision ».

C’est ce qui pourrait expliquer l’«inflexion» pratiquée récemment par Jean-Yves Le Drian, pourtant « hollandais » historique et inconditionnel. Bien entendu, le ministre de la défense continue à affirmer à propos de l’élection présidentielle de mai 2017 : « Si le président de la république estime qu’il doit être candidat, je le soutiendrai ». Mais la suite semble plus originale : « Si, d’aventure, le président de la République estimait ne pas devoir se présenter, alors, à mon avis, Manuel Valls serait naturellement, (…) il serait évidemment à ce moment là, je pense, le mieux placé pour assurer cette fonction. Il en a la compétence, le courage, la volonté, le talent… » (Le Grand rendez-vous, Europe 1, dimanche 6 novembre 2016).

Tout cela est bel et bien bon, sauf que les sondages ne sont plus favorables à Manuel Valls depuis longtemps. Mécaniquement, le président de la République a entraîné le Premier ministre dans sa chute. Un exemple récent : seulement 26% des Français sont satisfaits de Manuel Valls (1% très satisfaits et 25% plutôt satisfaits) ; c’est-à-dire que 72% sont mécontents (43% plutôt mécontents et 29% très mécontents). Même «score» qu’en octobre (enquête Ifop, JDD, 13/11/2016). On le crédite même de 13,5% des intentions de vote pour la présidentielle au cas où il serait le candidat du PS (IFOP, Paris-Match, 27/10/2016).

Certes, Manuel Valls sait que s’il représentait la gauche officielle à la présidentielle, il ne pourrait pas accéder au second tour car très probablement devancé au premier par J.L. Mélenchon, Marine Le Pen et François Fillon, si ce dernier est confirmé dimanche prochain. Mais l’objectif est ailleurs : s’emparer de la direction du PS après cet épisode électoral qui s’annonce calamiteux et se mettre en pole position pour le futur, c’est-à-dire l’élection présidentielle de 2022. Ce qui exige d’obtenir le ralliement des « Hollandais » après le départ de François Hollande, de neutraliser les frondeurs et d’éliminer les amis de Martine Aubry (cette dernière, en effet, le déteste). Bref, « j’ai une marque, un bilan, une personnalité à défendre. J’aurai un rôle quoi qu’il arrive » (Le Figaro, 12/10/2016). C’est ce que semble avoir compris un Le Drian prêt à envisager un axe Catalogne-Bretagne !

Bernard Morvan

Photo : Wikimedia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2016 dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

.
- Je soutiens BREIZH-INFO - spot_img

Afrika-ar-Su : N’eo ket mui paeet implijidi an ANC abaoe 3 miz

N'eo ket an ANC evit meriñ ekonomiezh Afrika-ar-Su (anez komz eus ar peurrest evel just) met n'eo ket evit...

Immigration et racket du contribuable. Un milliard d’euros pour l’aide médicale d’État (AME) aux migrants dans le budget 2022

Un milliard d'euros. 14 euros par Français, pris dans vos poches. Selon le projet de loi de finances annoncé...

1 COMMENTAIRE

  1. çà c’est bien du socialo pur jus, toujours à se tourner dans le sens du vent! oui les français veulent le retour des frontières, oui, ils refusent l’immigration illégale, les migrants qui nous arrivent par milliers, sont pour la majeure partie des migrants économiques qui n’ont rien à voir avec la syrie, ce sont pour la plupart des hommes jeunes, seuls, et pour ne rien arranger musulmans, donc pour eux, aucune intégration possible dans notre société dont, d’office, ils refusent les régles, leur seule loi étant la charia.valls comme juppé sont des islamo compatibles, ils vendraient père et mère pour un bulletin de vote, qu’ils aillent au diable, ce sont des traîtres à la patrie!

Il n'est plus possible de commenter cet article.

Articles liés