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28/01/2017 – 09h30 Nantes (Breizh-Info.com) – Il existe bien des divergences entre les deux finalistes à la primaire de la gauche. Le dossier épineux de Notre Dame des Landes représente l’un de ces dossiers où les deux candidats ont des visions différentes. Les deux membres du Parti Socialiste se sont donc affrontés sur le projet d’aéroport.
Le gouvernement Valls et Notre Dame des Landes, l’histoire d’un renoncement
Alors que François Hollande et Manuel Valls avaient fait réaliser un référendum auprès de la population de Loire-Atlantique, ce vote n’a semble-t-il servi à rien. En effet, malgré une forte adhésion populaire au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, les occupants illégaux de la ZAD n’ont pas été expulsés et les travaux n’ont pas commencé. Face à la frange la plus radicale de la gauche, le Parti Socialiste n’a pas eu le courage d’assumer ses promesses.
Pourtant, lors du débat du 25 janvier, Manuel Valls a affirmé que l’aéroport devait être créé.
Un sujet de discorde pour Hamon
« Je suspendrai la déclaration d’utilité publique » a affirmé très clairement Benoit Hamon lors du débat. « Je considère qu’au regard aujourd’hui des données, des études produites par le ministère de l’Environnement, ce chantier crée plus de discorde et de désordre qu’il n’apportera de perspectives économiques. […] Gouverner, c’est être clairvoyant et c’est faire l’analyse quand un dossier est dans l’impasse […] C’est savoir trancher et hiérarchiser » a-t-il conclu.
Cette prise de position a ravi Françoise, sympathisante socialiste : « Voilà le genre de discours que l’on attend de la part d’un candidat de gauche. Je suis très enthousiasmée par Benoit Hamon. Manuel Valls, lui, ne représente plus nos idées. L’aéroport de Notre Dame des Landes ne doit pas être construit. »
Une volonté des citoyens pour Valls
Le discours clair et net de Benoit Hamon a obligé Manuel Valls à assumer la politique de son gouvernement, au risque de se mettre à dos son électorat qui serait majoritairement opposé au projet.
« Je ne suis pas élu de cette région, mais tout le monde dit que Notre Dame des Landes serait très utile, et pas seulement au Pays de la Loire. Et qu’il permettra de reconfigurer les aéroports locaux… »
« Gouverner, c’est assumer des responsabilités » a lancé en réponse Manuel Valls. « L’autorité de l’Etat, c’est de mettre en œuvre des décisions, surtout quand elles ont été approuvées, et par la justice administrative, et par les citoyens. [ …] C’est difficile d’expliquer qu’il faut davantage consulter les citoyens, et quand ils votent en faveur de ce projet, en toute connaissance de cause, avec une forte participation et un oui très clair, de leur dire : « On remet en cause la décision » » a-t-il assené.
Il n’a pas oublié de rappeler les violences commises au nom de la défense de la ZAD : « Il y a eu un vote, et je ne veux pas que nous reculions. Il y a aussi des menaces de violence, pas seulement vis à vis des habitants, mais aussi de vos confrères journalistes. »
Le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes fait décidément toujours autant parler et continue de représenter un enjeu politique de taille.
Nicolas Serrand
Crédit Photos : Moulins [CC BY-SA 3.0] / Pleclown [CC BY-SA 3.0] / Olaf Kosinsky [CC BY-SA 3.0]
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Une réponse à “Notre Dame des Landes : Valls fera l’aéroport, Hamon abandonnera le projet”
La position de Manuel Valls est complètement foireuse. Quand il assure : « tout le monde dit que Notre Dame des Landes serait très utile », c’est faux : certains le disent, mais pas « tout le monde. Beaucoup de gens, y compris de plus compétents que lui sur le sujet (pilotes de ligne, experts du ministère de l’environnement et des transports) ont dit que, non, un aéroport à Notre-Dame-des-Landes ne serait pas vraiment utile.
Et quand il dit que l’aéroport serait utile « pas seulement aux Pays de la Loire [« mais aussi à la Bretagne » a-t-il ajouté]. Et qu’il permettra de reconfigurer les aéroports locaux… « , il oublie qu’il prétendait lui-même avant la consultation locale du 26 juin, que l’aéroport concernait seulement les habitants de Loire-Atlantique, seuls invités à donner leur avis.
Par ailleurs, quand vous évoquez « une forte adhésion populaire au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes », je crois que vous faites erreur. Vous devriez parler plutôt « d’une nombreuse acceptation du projet gouvernemental ». La Loire-Atlantique a toujours été un département « légitimiste », qui se range presque automatiquement aux décisions du pouvoir — que ce pouvoir soit à droite ou à gauche, d’ailleurs. Mais si la quantité est là (55% contre 45%), la qualité, ou plutôt l’intensité, n’y est pas : alors que chaque manifestation hostile au projet rassemble plus de 10.000 manifestants, aucune manifestation favorable au projet n’a rassemblé plus de 300 personnes. Quand les gens votent avec leurs pieds, les résultats sont très différents de ceux de la « consultation » du 26 juin.