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Le jeudi 8 août au matin, deux cabanes construites en toute illégalité par des zadistes « irréductibles », c’est à dire opposés à tout contact avec l’Etat et toute installation dans un cadre légal, ont été détruite près de la RD81. Elles étaient situées sur les anciens lieux-dits l’Isolette et la Saulce.
Ces deux cabanes, non occupées, étaient construites en bois. L’une d’elles, la Saulce, située sur un carrefour stratégique, avait d’ailleurs échappé aux expulsions de 2018 ; par ailleurs, les forces de l’ordre ont aussi emmené la caravane d’un autre squatteur. Ces installations d’ « irréductibles » maintiennent une tension sur la ZAD, car elles se situent en marge – et souvent à l’encontre – des projets agricoles de ceux des zadistes qui ont décidé de travailler avec l’Etat et rentrer dans le cadre de la loi.
Les irréductibles de leur côté dénoncent une justice à deux vitesses : les cabanes des « enfichés », c’est à dire de ceux qui ont rempli des fiches nominatives et ont déposé des projets agricoles, ou de leurs amis, sont toujours debout, même si elles ont été bâties illégalement : « y’en a quand même encore un peu des cabannes (sic) sur la zad, évidement pas aux normes de l’etat de droit(e)… mais de cabanes d’enfifichés ou de leurs potes qui vivent sous le manteau, aucune n’est détruite ?! ». Les tensions entre zadistes ont déjà donné lieu par le passé à d’importants conflits et même à une forme de justice parallèle, entre réglements de comptes et séquestrations.
En mars dernier, trois cabanes dont une posée sur un étang ont été détruites par les forces de l’ordre ; elles étaient aussi habitées par des zadistes « irréductibles » et construites à l’est de la ZAD.
La précédente grosse opération d’évacuation des « irréductibles » avait eu lieu au printemps 2018. Elle avait concerné 40 des 95 « lieux habités » illégaux de la ZAD et s’était déroulée sur fonds d’importantes dissensions entre zadistes qui avaient choisi de mettre en place des projets agricoles et associatifs – aidés par des agriculteurs locaux et la Confédération paysanne – et ceux qui voulaient résister contre l’Etat jusqu’au bout.
Lors de cette opération, et sur la moitié est seulement, pas moins de 195 bennes de 25 tonnes de déchets divers – pneus, ferrailles, éléments de cabanes, palettes, vieilles voitures, détritus divers, gravats… ont été retirées de la ZAD par les entreprises de travaux publics. Démolir les cabanes de la ZAD revient à améliorer l’écologie de l’ex-futur aéroport nantais.
Louis Moulin
Crédit photo : DR
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