L’évêque de Dax, ancien curé d’Ancenis et de Guérande, poussé à la démission

08/04/2017 – 10H00 Dax (Breizh-info.com) – La démission de Mgr Hervé Gaschignard, 57 ans, évêque de Dax depuis cinq ans, pour des comportements « inappropriés » à l’égard des jeunes, n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions dans la région nantaise, d’où il était originaire et où il avait exercé son ministère.

Comme dans l’Enseignement, l’Église doit faire face depuis la fin du siècle dernier à la révélation de nombreuses affaires d’abus commis par des prêtres et religieux contre des enfants et des adolescents. Certaines ont été portées en justice, d’autres étaient prescrites car étouffées par la hiérarchie de l’Église. Il a fallu attendre 2002, peu avant la fin du long pontificat (1978-2005) de Jean-Paul II, pour que celui-ci déclare aux États-Unis qu’il n’ y avait pas de place dans l’Église pour les prêtres pédophiles. Son successeur Benoit XVI devait faire preuve d’une plus grande fermeté, 400 prêtres ont été défroqués au cours de son pontificat. En 2014, le pape François a prononcé une homélie d’une rare vigueur contre les comportements passés de l’Église en ce domaine. Il a dénoncé pour la première fois explicitement la «complicité» d’une partie de la hiérarchie. Et, comme son prédécesseur, il a une nouvelle fois demandé «pardon» aux victimes pour ces «abus exécrables». En juin 2016 c’est une nouvelle initiative du pape François qui souhaite que les évêques jugés coupables de « négligence » dans l’exercice de leurs fonctions vis-à-vis d’actes pédophiles commis par des prêtres de leur diocèse soient plus facilement révoqués.

Est-ce une affaire équivalente qui vient d’amener le Saint-Siège à pousser Monseigneur Gaschignard évêque de Dax à  une démission rendue publique le 6 avril ? Rien ne permet aujourd’hui de le prouve. Le prélat avait déclaré le 31 mars  qu’il avait  besoin de quitter son diocèse quelques temps, invoquant « une fatigue liée à diverses causes« . Un  communiqué qui allait semer le trouble chez les fidèles. Selon la Conférence des évêques de France, depuis plusieurs semaines, dans le diocèse de Dax, des rumeurs persistaient sur « des attitudes pastorales inappropriées » de l’évêque, une  ambiance qui avait rendu difficile le gouvernement du diocèse.

Une carrière prometteuse dans l’Église de France

Né à Saint-Nazaire, Hervé Gaschignard est diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Nantes. Après des études au séminaire français de Rome, il a été ordonné prêtre en 1989.  De 1990 à 1995, il sera vicaire à la paroisse St Pierre d’Ancenis et de Saint-Géréon. Il deviendra ensuite directeur au séminaire interdiocésain de Nantes et professeur de théologie de 1995 à 1999. En parallèle, il est délégué épiscopal du diocèse de Nantes pour l’Unité des Chrétiens et pour les relations avec le judaïsme. En 2006-2007, il retrouve un ministère paroissial comme curé de la paroisse Notre-Dame-la-Blanche de Guérande. Benoît XVI le nomme évêque auxiliaire de Toulouse le 30 octobre 2007. Il a alors 48 ans. En janvier 2012, il est nommé évêque d’Aire et Dax.

Monseigneur Gaschignard  était arrivé dans les Landes  avec une réputation  flatteuse. Sportif, réputé comme conservateur modéré, il comptait rajeunir l’Église en consacrant beaucoup de temps et d’énergie à la pastorale  des jeunes notamment, sa passion depuis ses  débuts comme curé d’Ancenis. « C’est justement au cœur de cet investissement auprès des enfants et des jeunes qu’il faut aujourd’hui chercher les causes des événements de ces derniers jours » selon le quotidien Sud Ouest.

Cet évêque était très mal vu des  catholiques de gauche de la revue Golias qui, dès avant sa démission, n’hésitait pas à écrire : « Burn-out ? Dépression ? Problèmes de mœurs ? Protection de prêtres pédophiles ?  Nos sources nous confirment une  situation grave. Connu pour ses positions très conservatrices au sein de l’Église en France, proche d’évêques très typés, il était aussi connu – pour paraphraser un site de la mouvance tradi pour être « particulièrement impliqué dans la pastorale des jeunes  ».

Signalé à Nantes il y a 6 ans

Qu’en est-il exactement ? Selon le porte parole de l’évêché de Dax « il n’est en aucun cas question d’agression ou d’actes sexuels ». Toutefois, selon le quotidien catholique La Croix « le comportement de Mgr Gaschignard aurait déjà été signalé au procureur de la République il y a six ans, alors qu’il était évêque auxiliaire de Toulouse, en charge de la jeunesse et de la famille. L’affaire avait été classée sans suite. Une autre famille de Nantes aurait agi de même alors qu’il était directeur adjoint du séminaire  et conseiller spirituel des scouts et guides d’Europe.»

Dans cette affaire, c’est le Vatican qui a frappé vite et fort et pour la première fois contre un évêque. Réflexion d’un fidèle : «Il est à souhaiter qu’elle se conclue rapidement pour faire taire toutes les rumeurs. »

Crédit photo : Wikipedia (cc)
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Une réponse

  1. Curieusement, ce ne sont jamais des évêques estampillés « progressistes » qui sont sanctionnés. Tel un certain archevêque de Rennes (en cours) qui protège depuis plusieurs années un de ses anciens curés, toujours incardiné dans le diocèse, planqué dans un ordre où il continue à travailler avec des enfants, et ancien curé d’une paroisse au sud de l’Ille-et-Vilaine. Pourtant celui-ci a eu plus qu’une « attitude inappropriée » : il y a eu une plainte de déposée et une instruction en cours, ledit curé a même fait de la préventive avant d’être curieusement libéré et de disparaître de la circulation.

    Quant à la famille, elle n’a jamais vu la justice rendue.

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