La Baule. Veolia privatise la plus grande plage d’Europe

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13/05/2017 –06H15 La Baule (Breizh-info.com) – La saison ne commence pas sous les meilleurs auspices pour les commerçants baulois. Et pour cause : la plage de La Baule, la plus grande de Bretagne mais également la plus grande d’Europe est désormais privatisée. La préfecture de Loire-Atlantique vient ainsi de céder la gestion de 5,4 km de plage au groupe Veolia à la fin du mois d’avril. Une décision qui résulte de la signature, en décembre 2016, d’un contrat de douze ans entre le groupe en question et l’Etat.

Un mode de gestion inédit en France qui inquiète particulièrement les commerçants. Mais d’où vient cette idée ?

Le décret Plage de 2006

Cette privatisation de la gestion de la plage de La Baule n’est que la mise en application d’un décret Plage datant de 2006. Le texte prévoit notamment une limitation de la surface des établissements privés qui ne peuvent excéder 20 % de la surface totale de la plage. Une surface totale calculée à mi-marée. Le ministère de l’Environnement souhaitait alors instaurer des règles plus strictes quant à l’occupation commerciale des plages.

En ce qui concerne la propriété des plages, ces dernières étant situées sur le domaine public maritime, l’Etat en reste le propriétaire par l’intermédiaire des communes du littoral. Mais, au titre de la délégation des services, des sociétés privées peuvent prétendre à la gestion de certaines zones de ces plages.

Conséquence de la tempête de 2014

Un élément déclencheur a remis sur le devant de la scène le décret Plage, jusqu’à là inappliqué à La baule : la tempête du 1er janvier 2014. Ce jour-là, des vents violents associés à de forts coefficients de marée avaient endommagé en grande partie les divers commerces de plage situés le long du front de mer. Un état de catastrophe naturelle avait alors été décrété.

Pourquoi privatiser ?

Les complications de 2014 ont probablement refroidi la municipalité quant à la gestion d’une telle zone qui peut s’avérer une réelle source de problèmes lorsque les éléments naturels se déchaînent.

Que ce soit en termes de responsabilités comme de gestion du sinistre mais aussi dans le relationnel avec les commerçants, la tempête en question a causé de nombreux soucis aux services de la mairie de La Baule.

Mais les candidats à la reprise de la gestion de la plage ne furent pas nombreux. Et Veolia, le seul postulant, a donc logiquement remporté la mise. Le groupe sera désormais en charge de l’entretien des accès à la plage, des toilettes publiques ainsi que du nettoyage de la plage.

La colère des commerçants

Mais que vont devenir les nombreux commerces situés sur la plage ?

Ils vont devoir être remplacés l’année prochaine par des structures démontables. Après avoir été détruits donc, puisque l’ensemble de ces commerces sont des installations permanentes à l’heure actuelle. Le coût de ces nouvelles structures est estimé entre 200 000 et 700 000 euros et la hausse des loyers sera, elle, de 57% environ. Des coûts insupportables pour beaucoup de commerçants, notamment les petites entreprises.

Actuellement, les 35 établissements répartis sur la plage représentent un chiffre d’affaires moyen de 8,5 millions d’euros. Un secteur qui est également source d’emploi puisque plus de 500 saisonniers travaillent chaque été sur la plage de La Baule dans les bars, restaurants et autres clubs pour enfants.

Quelles suites ?

Dans un premier temps, le groupe Veolia, nouveau propriétaire, va reproposer à la location les 35 emplacements. Il n’est pas exclu que les commerçants les plus modestes renoncent dès cet été à renouveler leur bail compte tenu des augmentations de loyers prévues.

Ensuite, les commerçants seront peut-être contraints d’accroître leur activité pour faire face à cette hausse des coûts et ainsi étendre leur emprise sur la plage (davantage de tables ou de transats par exemple), ce qui risque d’entraîner une réaction en chaîne : celles des simples usagers, familles, promeneurs et baigneurs qui verront les espaces libres se réduire.

Ce phénomène de privatisation va-t-il se généraliser ? Les principales plages bretonnes finiront-elles par imiter la côte d’Azur et ses pratiques ? La Baule va servir de poisson pilote.

Crédit photo : Wikipedia (cc)
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5 Commentaires

  1. Il est absolument scandaleux qu’une bande organisée puisse mettre la main sur des biens publics territoriaux, privant ainsi les français du libre accès à celle-ci, bafouant des décennies de lutte et de lois de protection du littoral, et pour des sommes aussi dérisoires : 177 000 eu/ans alors que cette plage génère 8,5 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel direct.

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