Lettre aux imbéciles qui se réjouissent de la LGV Paris > Bretagne [Tribune libre]

becassine

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Ils ne parlent que de cela actuellement, entrepreneurs et conseillers régionaux, décideurs politiques et communicants : l’ouverture de la LGV (Ligne grande vitesse) entre Paris et la Bretagne. Saint-Malo à 2h15 de Paris, Rennes à 1h30, FOR-MI-DABLE ! La 4G dans les trains, les voituriers pour les entrepreneurs pressés, le grand luxe quoi !

Et quel bonheur pour les Parisiens de finir leur semaine, de foncer à Montparnasse, direction leur petit appartement de Saint-Malo Intra-Muros, acheté hors de prix ou loué toujours hors de prix sur les grandes centrales de réservation ! Et quel bonheur pour ceux qui se persuadent qu’il faut forcément aller à Paris pour trouver du travail, pour mener une carrière professionnelle digne, de se lever tous les matins et de prendre le TGV, de quitter sa campagne pour pénétrer dans la jungle urbaine !

Régalez-vous messieurs mesdames, puisque le contribuable accepte de financer ces travaux !

Ce même contribuable breton qui lui, n’a qu’une seule plage horaire de possible s’il veut se rendre de Carhaix à Saint-Brieuc le matin en train. Celui là même à qui les horaires de train pour se rendre à son travail sont modifiées en raison de l’arrivée de la LGV. Celui qui mettra le double de temps pour faire Brest > Nantes que pour faire Rennes > Paris. Dont les enfants mettront plus de temps parfois aussi pour rejoindre l’établissement scolaire supérieur qu’ils auront choisi…

Et cette jeunesse bretonne, obligée de déserter petit à petit les côtes, nos belles côtes bretonnes, pour laisser la place à des pouvoirs d’achat contre lesquels ils ne peuvent pas rivaliser.

La jeunesse bretonne va devoir jouer les Bécassine, et sur ses propres terres en plus. Elle va devoir servir le Parisien, lui nettoyer ses chambres d’hôtels, le détendre dans un parc d’attraction ou le temps d’une sortie en mer, tout en étant payée à coup de lance-pierre et en devant garder le sourire. « Si vous n’êtes pas content, il y’a des immigrés qui pourront faire les travaux que vous ne voulez plus faire » : c’est en somme ce que dit le patronat, en hôtellerie, en restauration, et dans tous les métiers de service dans lesquels ils regrettent à longueur d’article de ne pas trouver de main d’oeuvre.

Mais au nom de quoi la jeunesse devrait-t-elle accepter d’être exploitée au SMIC (et encore…combien d’heures supplémentaires gracieusement offertes ?)  pour servir des gens qui viennent les déposséder petit à petit de leurs terres ? Au nom de quoi doit-t-on ici loger à Locminé pour aller travailler tous les jours à Carnac, là à Jugon les Lacs pour aller travailler à Dinard à servir la bourgeoisie parisienne et internationale ?

La jeunesse bretonne est victime, avec l’aval des pouvoirs publics mais aussi avec le consentement d’une large partie de la population, d’une double colonisation : économique et ethnique. Colonisation économique, puisque le seul avenir pour cette jeunesse, c’est désormais de quitter la Bretagne, ou de se rapatrier dans les terres, car il est impossible de faire face à l’explosion de l’immobilier sur les côtes, d’autant plus que les salaires ne suivent pas.

Colonisation ethnique également, puisque dans le même temps, des populations immigrées s’installent, dans les principales villes de Bretagne, mais aussi à la campagne, et elles y sont de plus en plus visibles (et particulièrement bien acceptées au regard des scores électoraux mais aussi des multiples initiatives mises en oeuvre pour leur faire comprendre qu’ils sont ici chez eux). A moyen ou à long terme, c’est la disparition d’un peuple qui est en jeu. Mais ils s’en moquent, ils préfèrent faire la fête, être fiers de leurs festivals, de leur « vivre ensemble » de façade et de leurs rébellions en carton.

En acceptant systématiquement ces procédés sur lesquels ils n’ont aucun pouvoir de décision, les Bretons dans leur majorité incarnent le rôle que le système veut leur attribuer : celui d’esclaves, hagards, presque imbéciles-heureux, incapables de percevoir ce qui les attend, et surtout ce qui attend les générations qui leur succéderont, dans les prochaines décennies.

« J’irai cracher sur vos tombes » écrivait Boris Vian.  Pas impossible que cela traverse l’esprit à quelques victimes de l’imbécilité ambiante d’ici quelques années.

Julien Dir

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

6 réponses

  1. Tout à fait d’accord avec vous.
    L’ argent des contribuables bretons aurait dû être dépensé dans le réseau Breton.

    1. c’est vrai mais le pire c’est a cause des saccages des Bretons sur les portiques que tous les Français paient une taxe qui aurait du être payée par les autres routiers européens empruntant notre réseau . Plus évidemment le cout de toute cette casse . Donc le but du bonnet rouge est de pouvoir pleurer dedans ……un peu facile non ?

  2. Ouais, tout y est dis, moi, ce que j’ai vu, lors des derniers votes, sous la présidence de Hollandouille 1er, c’est que le Breton majoritairement, des fois, il met le bonnet rouge, et casse du portique, et puis sa retombe comme un soufflé.

    Ils ont tous voté à « Gôche » et ils ont même réélus Jean-Yves Le Drian…! Alors, si j’étais Breton, je fermerais grand ma gueule…! C’est toujours la même chose, ils se font baiser, et après ça pleurniche, faut arrêter..! Vous aimez bien le toucher rectal dans la région…Non…???

    1. Ils auraient voté Le Pen que cela ne changerait rien au problème . Donc la relève est ailleurs …

  3. J’ajouterais à cette analyse très pertinente le cheval de Troie du Grand-Ouest.
    Certes, l’ennemi est Paris mais nos amis du Maine, de l’Anjou et de la Vendée sont manipulés à souhaits, à l’avantage court-termiste de Nantes et Rennes, il faut bien le dire.
    La LGV ne rapproche pas seulement Rennes de Paris, mais également Laval et Le Mans.
    On en parlera moins , mais une nouvelle ligne TER va dramatiquement rapprocher Laval de Nantes, alors que Vannes et Rennes resteront tout aussi éloigné et que la liaison avec Quimper est supprimée.
    Paris est une chose mais elle joue bien des soumissions de la Bretagne occidentale, sous prétexte d’une fierté qui dénie le caractère breton de Nantes tout en accordant, avec juste la touche de chauvinisme qu’il faut, une légitimité à Rennes (alors qu’historiquement Rennes a toujours été un pion de Paris quand Nantes, beaucoup plus égoïste, a le plus souvent choisi en conscience la Bretagne). La Bretagne celtique est plus que jamais un réduit.
    Quant aux Provinces voisines, elles ne comprennent pas non plus que la réunification bretonne n’est pas motivée par un rejet mais le souci de préservation d’abord de la Bretagne, certes, mais par contre-coup, de leurs spécificités même.
    La Vendée est déjà la banlieue de Nantes, qui a aussi volé Cholet à Angers.
    La Mayenne, qui bénéficiait, d’un équilibre subtil entre Angers, le Mans et Rennes va être totalement phagocytée par Rennes.
    L’Etat jacobin est le 1er à être mise en cause. Mais l’Eglise catholique de France joue l’idiote utile à plein.
    Sous prétexte d’une proximité culturelle indéniable entre ces Provinces et la Bretagne, notamment par un sentiment catholique fort, le Grand-Ouest est déjà une réalité dans l’administration catholique (et des universités). Voilà ce que j’appelle les catholiques con-cons (pour la blague avec le Catholicon,aussi), comme un de Villiers qui n’a pas de cohérence identitaire, il devrait être fédéraliste mais tellement catho qu’il est incapable de saisir tous les enjeux. S’il avait joué cette carte, il aurait eu une place politique bien plus grande.
    Alors, oui, Paris est l’ennemi. Toujours, le rappeler, le marteler.
    Delenda Carthago.
    Mais avant tout, Bretons et leurs voisins doivent comprendre que la fusion ne rend pas plus fort que des alliances intelligentes.
    Quant aux Rennais et Nantais corrompus par le veau d ‘or du développement, ils doivent comprendre qu’ils vont payer un prix sur la qualité de vie en remettant en cause l’équilibre traditionnel du maillage urbain harmonieux du quart nord-ouest.
    Quant aux imbéciles Parisiens qui viennent s’y installer depuis des années parce qu’il lisent l’Express et le Point, je pense qu’il n’y a rien à attendre de personnes qui fuient des nuisances pour les exporter avec eux.
    Le petit provincial est une plaie de soumis, l’allogène inadaptable est source de conflits, le Parisien un ennemi, mais le pire de tous est sûrement le Parisien qui fuit Paris comme le perdants qu’il est, tout en se pensant conquérant dans sa nouvelle ville, rares sont ceux qui tombent vraiment amoureux de leur nouvelle ville sans rien vouloir ajouter, mais préservé, ceux-là sont bienvenus. Mais la majorité a toujours besoin de ramener un mode de vie de parigos. Les pires de tous, les déchets de Babylone.

Les commentaires sont fermés.

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