nantes_raison_insecurite_bus_arretent_plus_importe_ou

15/08/2017 – 07h45 Nantes (Breizh-info.com) – Alors qu’hier les agents de la Semitan ont exercé leur droit de retrait suite à l’agression de l’un des leurs, la CFDT-SEMITAN a mené une enquête interne auprès des agents sur la pénibilité et l’insécurité au travail. Ses conclusions sont très dérangeantes pour la municipalité socialiste de Nantes qui, pendant des années, a mis sous le tapis les problèmes d’insécurité, alors que le mal-être et l’inquiétude des agents ne cessait de s’aggraver, et les agressions d’augmenter.

La CFDT a distribué 1432 formulaires, et un quart des agents contactés ont répondu. « Un salarié sur cinq vient au travail à reculons, un salarié sur deux se dit tendu ou stressé », relève le syndicat. Un salarié sur six, tous secteurs confondus, trouve difficiles les contacts avec les usagers, et plus d’un sur deux, 55%, se sentent « en danger sur leur poste de travail ». Les agressions sont légion : 77.6% des salariés l’ont déjà été verbalement ou physiquement, 40% des salariés mettent en avant les agressions verbales comme principale raison de trouver leur travail pénible, encore 17% les agressions physiques.

Services exploitation et commercial : un agent sur trois agressé, sept sur dix insultés

Dans le secteur commercial, 57.1% des agents qui ont répondu déclarent être « peu motivés » en venant au travail, 86% à trouver le salaire insuffisant en regard des conditions du travail, et près d’un tiers – 28.6% à trouver que « le plus difficile » dans leur travail, c’est le contact avec les usagers, à égalité avec les horaires, les conditions de travail et les relations avec la hiérarchie. Pis, « 85.7% des salariés du service commercial se sentent rarement en sécurité, les situations dangereuses sont fréquentes ». Ce danger vient des usagers : « 71.4% ont subi des agressions verbales ».

Au sein du service exploitation, 61.9% des agents qui ont répondu se sentent « parfois en danger » et 5% « rarement en sécurité ». Depuis leur embauche, un agent sur trois du service a été agressé physiquement, sept agents sur dix insultés. A cela s’ajoute une charge de travail croissante. Une situation qui influe négativement sur la santé des trois quarts des agents qui ont répondu : 47% se plaignent de maux de tête et de dos, 26% de dépression ou d’anxiété.

Sécurisation : 2000 caméras à la SEMITAN, mais des sites ouverts à tous les vents

Le syndicat réclame entre autres le passage aux cycles de travail de quatre jours, l’adaptation des postes, ou encore le déploiement d’équipes rapides de contrôleurs pour diminuer les agressions d’agents et l’insécurité sur le réseau.

Jusqu’alors, la TAN s’est contentée de mettre en place de « déviations ponctuelles en cas d’incivilité » sur les secteurs les plus dangereux. Voilà celle établie en février 2017 pour Malakoff, tant les agressions et jets de projectiles sont fréquents dans le secteur de l’arrêt Haubans. Elle permet d’ailleurs aux chauffeurs de bus de laisser leurs passagers sur quatre arrêts de fortune, sans poteaux ni aubettes, tandis qu’ils contournent le quartier par l’ouest – mail Picasso et boulevard de Sarrebruck. D’autres existent, correspondant à d’autres points (très) sensibles du réseau.

De son côté, la TAN a fait le point sur les caméras au CHSCT de mai 2017. Il y a 200 caméras : « 74 au PCC [poste de contrôle des circulations], 73 au PSV  [poste vidéo-surveillance à Orvault-Morlière ligne 3] avec celles du P+R et 10 vélo-parc, 42 dans les dépôts », sans compter celles des véhicules– cela fait plus de 2000 en tout, dont 1884 caméras embarquées, comptait EELV au 30 mars 2016. Les images sont gardées 72h et s’effacent au fil de l’eau. Deux postes de contrôle seront achetés pour être mis en place dans les dépôts de Saint-Herblain et de la Trocardière, de façon à « vérifier le système vidéo 1h par jour au lieu de 1 fois par mois ».

La SEMITAN a aussi engagé la sécurisation de divers sites… mais elle semble clairement battre de l’aile. Les délégués du personnel CFDT signalaient en juin dernier que les dépôts de Dalby, Trentemoult et du Bêle sont ouverts à tous comme des moulins. Entre autres, un touriste espagnol a été trouvé à cinq heures du matin dans la salle de prise du service, et une personne qui cherchait une autre, traitée à l’hôpital Bellier, s’est retrouvée par erreur dans le bâtiment social. Celui-ci, malgré la présence de « ordinateurs, vidéo projecteurs, serveurs, photocopieuses, coffre », n’est pas équipé d’alarmes. Les délégués du personnel CFDT en ont demandé en juin 2017 et se sont faits répondre que « ce n’était pas envisagé à ce jour ». Les voleurs ont de beaux jours devant eux…

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine