Insolite. Comment les « Migrants » bretons auraient colonisé l’Armorique

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18/08/2017 – 05h00 Quimper (Breizh-info.com) – Une exposition se tient actuellement à Quimper, intitulée « De l’Armorique à la Bretagne, la naissance de notre Pays ». 

Réalisée par Hélène Barazer, cette dernière explique que : « L’émigration en Armorique depuis le Pays de Galles, le Devon et la Cornouailles est liée à bien des causes et en particulier aux raids irlandais sur les côtes ouest, à l’avancée anglo-saxonne et sans doute à la peste jaune au milieu du VIe siècle » mais également que « cette migration est sans doute le phénomène le plus marquant de l’histoire de la (petite) Bretagne qui lui doit en particulier son nom ».

Il s’agit d’une exposition qui explique comment les « migrants » (terme totalement anachronique pour ce type d’exposition) bretons ont,  entre le IVe et le VIe siècle, trouvé refuge en Armorique .  « Ils y ont apporté leur culture, leurs traditions et leur langue, le breton, qu’on parle encore aujourd’hui. Cette immigration est sans doute le phénomène le plus marquant de l’histoire de la (petite) Bretagne, qui lui doit son nom. Elle a donné au pays un caractère original, qui constitue, encore aujourd’hui, sa personnalité » explique Hélène Barazer.

« La Bretagne fut terre d’accueil pour les exilés d’outre-Manche » titre d’ailleurs un quotidien régional à ce sujet, histoire de comparer l’incomparable, c’est à dire une migration intra européenne avec les migrations d’Afrique et d’Asie qui se déroulent aujourd’hui en Europe.

L’histoire retiendra tout de même que non seulement les Bretons ont trouvé refuge en Armorique « terre d’accueil »,  mais qu’ils y ont rapidement occupé tout le territoire, puisqu’ils y sont restés, y ont pris le pouvoir et qu’ils y ont imposé leurs coutumes et leur religion, le christianisme celtique …

Enfin, Philippe Perchirin, spécialiste en philosophie du monde celtique, n’hésite pas à enfoncer le clou devant ce qu’il appelle un foutage de gueule « il n’y avait pas de différences ethniques entre Armoricains et Bretons, et ils parlaient pratiquement la même langue. La seule différence est que les Bretons de GB étaient chrétiens, et les Armoricains païens… On se fout de la gueule du peuple…» avant de rétablir quelques faits :

« Les Bretons armoricains d’aujourd’hui descendent surement à 80% des Armoricains. On peut estimer à 200-300.000 la population armoricaine au IVème siècle ap. JC. Les Bretons de GB devaient être entre 20.000 et 30.000 maximum. Mais à nouveau : ils étaient identiques aux Armoricains depuis toujours, y compris au plan linguistique et ethnique (origine massivement mégalithique).

Les Bretons d’Armorique ne descendent pas plus des « Bretons » de Grande-Bretagne que les Français des Francs.

Par contre, les Bretons de GB ont imposé le christianisme (en fait un syncrétisme pagano-chrétien au départ).

Les Bretons de Bretagne descendent massivement des peuples mégalithiques, les recherches génétiques l’ont montré. Ce qui est celtique en Bretagne, c’est la langue – et encore, on peut discuter de nombreux aspects à ce sujet.»

Pour les curieux, l’exposition se tient jusqu’aux journées du patrimoine les 12 et 13 septembre, la chapelle de Ty mamm Doué à Quimper (Finistère) . Le mercredi, samedi et dimanche, visites guidées de 14 h à 18 h, chapelle de Ty Mamm Doué, 37, route de Plogonnec à Quimper. Gratuit. Contact : 02 98 95 78 77.

Crédit photo : DR
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5 Commentaires

  1. Carte fausse.
    Rennes n’a jamais fait partie des chefferies bretonnes précédents la naissance de la Bretagne.
    Quid de l’implantation en presqu’île guérandaise ?
    Bref. Bien beau de donner des leçons de « migration » si c’est pour l’illustrer avec une carte aussi grossière.
    Prétendre défendre la Bretagne et laisser passer ça, c’est perdre toute crédibilité.

  2. Carte sujette à caution…, les Bretons allant dans la future basse Normandie, se heurtèrent aux Saxons y habitant déjà et y ayant créé des comtés…, l’Otlingua harduini dans le Cotentin (du nom de son plus grand chef, plus tard, historiquement mélangée avec l’Otlingua saxonia (saxe neustrienne), avec Walhúnnja: « Valognes », ancien pays saxon de Valognes du IIIème au IXème s., qui s’étendait à l’Est du Cotentin, de Carentan à Octeville), & Plæn: « Plain », pays du Col du Cotentin, sur la côte N.-E., créé par les Saxons, au Sud du Sarnes & à l’Est du Belt, y sont rattachés les îles Saint Marcouf, les Engles donnèrent leur nom à Englia ancien nom de Jersey. Les migrants bretons se révélèrent incapable de coloniser ces territoires et très rares sont les toponymes bretons de l’époque dans cette région !

  3. Le « quotidien régional » que vous citez aimerait sans doute que le subconscient de ses lecteurs tienne un raisonnement du genre : puisque nos ancêtres étaient des migrants, bienvenue aux migrants d’aujourd’hui ».
    Mais par leur migration, nos ancêtres ont conquis un territoire qu’ils ont transmis à leurs descendants, c’est-à-dire nous.
    Avons-nous tellement envie que les migrants d’aujourd’hui conquièrent notre territoire pour le transmettre à leurs enfants ?

  4. J’ai le dossier de cette magnifique exposition de Hélène Barazer qui avait été proposée à la Chambre de commerce de Lorient lors du FIL 2015. Je ne connais pas cette carte qui fait l’objet des commentaires mais l’essentiel des questionnements n’est probablement pas là, plus sûrement sur l’usage du terme « migrants » qui à ma connaissance ne figure pas sur les panneaux d’exposition.

    Le fait que les Bretons insulaires aient fondé la Bretagne armoricaine, immigration à laquelle la Bretagne doit son nom et surtout sa langue, sa toponymie, nos patronymes est une réalité qu’il ne faudrait pas nier (même si l’influence des Bretons insulaires ne s’est pas établie / maintenue à l’est comme l’ouest) . Le phénomène fut considérable à la fin de l’empire romain à tel point qu’il fut à l’origine de ce qu’on nomme la « matière bretonne » et de la littérature européenne du moyen-âge.

    L’histoire enseignée dans la « roman national français » occulte autant que possible cette période de la fondation de la Bretagne car dérangeante par rapport au mythe des ancêtres gaulois communs aux peuples de l’hexagone et de celui de la « fille aînée de l’Eglise ». Les Bretons ont leur propre histoire, leurs propres mythes fondateurs comme toute nation digne de ce nom (cela fait aussi partie de la Culture). Point n’est besoin de les importer de chez les Francs. Bien après la fondation de la Bretagne, les Francs eurent des ambitions territoriales à l’ouest de l’Europe mais aussi étonnant que cela paraisse, l’Empire carolingien n’a jamais réussi à intégrer la Bretagne dans son domaine.

    J’ai lu l’article consacré par Ouest-France à l’exposition à Quimper mais ne confondons pas les digressions subliminales des journalistes avec l’esprit des textes. C’est une tendance très lourde dans la presse « bien pensante » de tout ramener aux « migrants » actuels quitte prêter un sens aux textes que leurs auteurs ne font pas.

  5. Philippe Perchirin: « Les Bretons d’Armorique ne descendent pas plus des « Bretons » de Grande-Bretagne que les Français des Francs. »

    Les Français de la région Lille Dunkerque doivent quand même avoir pas mal de Francs dans leurs ancêtres, puisque la langue flamande vient de là.

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