22/10/2017 – 12h15 Paris (Breizh-info.com) –  Dans une tribune publiée dans Le Journal du dimanche (15 octobre 2017), Manuel Valls, ancien Premier ministre, député de Corbeil-Essonnes, nous rappelle qu’il est « naturalisé français depuis 1982 ». « Je connais bien la Catalogne comme l’Espagne », ajoute-t-il. Ces précisions apportées ont leur importance : «  Cela me permet de dire aux catalans que l’idée d’une sécession est une impasse. Choisir cette voie, c’est défaire l’Espagne, défaire l’Europe (…). Pour Valls, « ce qui se passe en Espagne nous importe. Le Projet européen est en difficulté si l’un des grands États-nations de l’Europe se démembre, alors la boite de Pandore sera ouverte. Le Pays basque se déchirera à nouveau, avec des conséquences réelles pour la France, l’Italie du Nord empruntera le même chemin. »

S’il avait été habité par le souci de précision, Manuel Valls aurait indiqué qu’en cas d’accession de la Catalogne à l’indépendance, cette situation politique nouvelle aurait – à terme – des effets certains sur le Roussillon. A Perpignan, on regarderait encore un peu plus vers Barcelone, car l’attrait économique, géopolitique et culturel de cette grande métropole s’en trouverait décuplé. Paris aurait fort à faire pour bloquer l’aimant puissant installé de l’autre côté des Pyrénées.

On pourrait ajouter qu’en ce moment, la carrière politique de Manuel Valls se trouve dans une « impasse » en France – l’ancien Premier ministre se trouve dans un quasi-chômage. Avec une Catalogne indépendante, il pourrait tenter sa reconversion dans son pays d’origine. Une seconde carrière est possible pour un homme au savoir-faire indiscutable. Premier ministre ou ministre à Barcelone, la situation n’aurait rien de ridicule. Une carte de visite qui remplacerait avantageusement celle de député de Corbeil-Essonnes.

C’est le moment pour Manuel Valls de réfléchir à la donnée suivante : si les XVIIIe, XIXe et XXe siècles ont vu la constitution des États-nations en Europe, peut-être que le XXIe assistera-t-il, lui, au démantèlement de ces ensembles issus d’une volonté politique. Ce qui est possible à une époque ne l’est pas forcément à une autre.

Bernard Morvan

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2 Commentaires

  1. C’est là qu’on voit les limites de l’esprit démocratique de Mr VALLS !
    Sa propre soeur le rejette sur Twitter. Il place d’abord l’argent et les lobbys avant ses propres racines. C’est fort, très fort !
    Naturellement, la France ne peut pas se positionner en donneuse de leçon. Ses régions occupées sont pieds et poings liés: Bretagne, Corse, Pays Basque.
    Le processus est partout le même. Une « puissance » a occupée manu militari un plus petit État. De véritables génocides ont eu lieu en Bretagne comme ailleurs. L’armée française y coupait des têtes pour asservir un peuple.
    Ensuite, les politiciens de cette puissance ont envoyé clergé et ou économistes avec instits et profs. Tout a ainsi été noyauté les années passant…et maintenant, on te dit: «  »vous voulez autonomie ou indépendance et bien, ok, on vous retire tout et on vous coule économiquement !!! «  » »
    …ELLE EST BELLE LA DEMOCRATIE EUROPEENNE !!!
    Il va falloir appeler POUTINE pour qu’il aide les opprimés d’Espagne donc les Catalans puis ceux de France dont les Bretons et les autres !!!!

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