Région Bretagne. Loïg Chesnais-Girard est deux fois président

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03/11/2017- 07h00 Rennes (Breizh-info.com) – En décembre 2015, Jean-Yves Le Drian avait fait un carton aux élections régionales sans se donner la peine de faire campagne – sa notoriété et sa popularité avaient suffi. Sa liste baptisée modestement « Pour la Bretagne avec Jean-Yves Le Drian » avait en effet raflé 53 sièges sur 83, celle de droite dirigée par Marc Le Fur se contentant de 18 élus et le FN de 12.

Aujourd’hui, les 53 qui forment la majorité sont répartis en quatre groupes. Le plus important dénommé « Alliance progressiste des socialistes et démocrates de Bretagne » (sic) rassemble 42 membres. Autant dire qu’à eux seuls, ces derniers disposent de la majorité absolue dans l’hémicycle. La composition de ce groupe est amusante car on y trouve des vainqueurs et des vaincus des récentes élections législatives. D’abord 33 PS et LREM. Parmi eux deux vedettes nationales : Jean-Yves Le Drian étiqueté PS et Richard Ferrand étiqueté LREM, brillamment réélu à Carhaix. Mais aussi des vaincus du mois de juin : Guénégan Bui (PS) battu par Sandrine Le Feur (LREM) à Morlaix ; Olivier Allain (LREM) battu par Marc Le Fur (LR) à Loudéac. Ensuite 9 divers gauche (parmi eux le navigateur Rolland Jourdain) et 1 écolo (Dominique Ramard qui, ayant compris dans quelle direction soufflait le vent, s’était rallié à Le Drian).

Il ne faut pas oublier les trois groupes alliés : communistes et progressistes (4 membres), radicaux de gauche et apparentés (3 membres) et les régionalistes (Paul Molac, Lena Louarn et Mona Bras). Particularité de Paul Molac : être le seul député de Bretagne à avoir été réélu en juin dès le premier tour avec 54% des exprimés à Ploërmel. Élu en 2012 dans le contingent EELV (contre François Guéant, fils de Claude), il avait suivi Le Drian et était devenu « marcheur » en 2017. Pour le plus grand bénéfice de la cause bretonne.

Tenir l’assemblage « Alliance progressiste des socialistes et démocrates de Bretagne » ne doit pas être chose facile. Au départ, ce groupe prétendait rassembler simplement les socialistes et apparentés ; il était alors présidé par Richard Ferrand. Mais lorsque ce dernier rallia Emmanuel Macron, il fut contraint de démissionner de la présidence. D’où la nécessité de trouver une dénomination qui convienne à tous : « Alliance progressiste des socialistes et démocrates de Bretagne ». Tant que Jean-Yves Le Drian présidait l’assemblée régionale, nul n’aurait songé à contester l’autorité du ministre de la Défense, tans son poids politique était écrasant. A côté, son successeur, Loïg Chesnais-Girard fait figure de poids plume. Se flatter de diriger une majorité «composite», c’est sympathique mais la prudence l’oblige à assurer en direct la présidence du groupe pour éviter que l’attelage ne parte à hue et à dia. Chesnais-Girard porte donc deux casquettes.

En attendant, le double président tente de se rassurer : « L’équipe autour de moi est unie par une vision claire, que nous partageons. Si des collègues changent de vision, ou si un coup politique consistant à dire qu’on n’a plus vocation à travailler ensemble devait arriver, j’en prendrais acte. Pour le moment, force est de constater que nous sommes tous présents à la barre. Y compris les collègues qui sont de fervents soutiens d’Emmanuel Macron. » (Le Télégramme, mercredi 23 septembre 2017).

Un exemple récent montre en effet que ça pourrait tanguer un jour prochain : Hind Saoud élue sur la liste Le Drian et étiquetée PS est devenue assistante parlementaire de Mustapha Laabid, député marcheur de Rennes (élu au second tour de juin avec 58,87% des exprimés). Un recrutement très communautariste qui présente le mérite de professionnaliser Mmme Saoud en lui assurant le casse-croûte.

Du côté de la droite, on remarque également des situations curieuses. Dans le groupe de Marc Le Fur, « droite, centre et régionalistes », on trouve deux élus MoDem : Christine Le Strat, maire de Pontivy et présidente de communauté et Isabelle Le Bal, conseillère municipale de Quimper. En Bretagne, les quatre députés MoDem appartiennent à la majorité nationale : Bruno Joncour à Saint-Brieuc, Erwan Balanant à Concarneau, Sarah El Haïry à Nantes-Carquefou et Jimmy Pahun à Auray. Tandis qu’au conseil régional, les deux membres du MoDem figurent dans l’opposition ! Les marxistes appelleraient ça une contradiction interne.

Parmi les vaincus remarquables du mois de juin qui siègent à droite au conseil régional, on trouve Gaëlle Nicolas (LR), maire de Châteaulin, véritablement écrabouillée par Richar Ferrand (LREM) : 20 991 voix (56,53%) contre 16 140 (43,47%) au second tour. Une consolation, dans sa ville, elle avit tout de même devancé Ferrand au second tour (53,22% contre 46,78%).

Finalement, vainqueurs et vaincus font bon ménage. Tout le monde se retrouve à la buvette.

Bernard Morvan

Crédit photo : Facebook
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