Caroline Parmentier : « La liberté de Présent c’est d’être resté fidèle à lui-même et à ses convictions »

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07/12/2017 – 06h50 Paris (Breizh-info.com) – La semaine dernière, le quotidien Présent sortait sont 9 000ème numéro. Fondé en par cinq hommes:  Jean Madiran, François Brigneau, Hughes Kéraly, Pierre Durand et Bernard Antony, il s’agit du seul quotidien papier en opposition frontale au système en place. Pour faire le point sur cette longévité – malgré l’adversité, les procès et les turbulences, nous avons contacté Caroline Parmentier, l’une des figures de proue du navire Présent.

Entretien.

Breizh-info.com : Présent vient de dépasser le cap des 9000 éditions. Pouvez vous présenter le journal pour ceux qui ne le connaitraient pas. Comment expliquez vous cette longévité ?

Caroline Parmentier : Présent a une spécificité. C’est le seul quotidien politique et catholique de droite. Un quotidien d’opinion paraissant cinq jours par semaine, du mardi au samedi. Il a réussi à exister depuis 35 ans dans une ambiance d’hostilité à son égard et d’abord d’hostilité de l’ensemble de la presse. Nous étions là avant ce que l’on appelle aujourd’hui la « presse alternative » et internet, il a fallu se battre seul.

Être c’est une chose, durer en est une autre. Il y a beaucoup de journaux qui sont nés entre temps et que nous avons vu disparaitre l’un après l’autre. Des journaux qui ont duré aussi longtemps que nous, il n’y en a pas beaucoup. Et des quotidiens de notre famille d’idées, il n’y en a aucun. Nous n’avons pas eu peur de déplaire et je pense que c’est un gage de notre liberté. Être distribué dans les kiosques depuis aussi longtemps, avoir trouvé et fidélisé notre lectorat, c’était une gageure. La liberté de Présent c’est d’être resté fidèle à lui-même et à ses convictions. Nous avons tenu cette ligne.

Breizh-info.com : Il semblerait que le journal ait failli disparaitre voici quelques années non ? Qu’est ce qui a changé ?

Caroline Parmentier : En mars 2014, le journal était au bord du dépôt de bilan. Nous allions droit dans le mur. La gérance a changé, la nouvelle direction a relevé la barre, les journalistes ont retroussé leurs manches, le journal s’est amélioré, dépoussiéré. Nous avons privilégié les articles moins longs, plus vivants et plus percutants, les interviews et fait appel à de nombreux pigistes.

Puis en septembre 2017 la nouvelle formule de Présent a achevé cette mue. Grâce à un changement d’imprimeur, nous avons doublé la pagination passant de 4 à 8 pages en semaine et à 16 pages le week-end. Intégralement en couleur et avec de nombreuses photos. C’est un saut qualitatif considérable.

Breizh-info.com : Concrètement aujourd’hui, Présent c’est quoi en matière de taille, de budget, de diffusion, de journalistes ?

Caroline Parmentier : Certes nous n’avons pas de Drahi, de Niels, ni de Dassault. Présent c’est une petite équipe de journalistes et d’administratifs salariés, des locaux modernes d’une soixantaine de mètres carrés en plein Paris, des pigistes, des correspondants et un modèle économique qui marche. Il repose sur un solide noyau d’abonnés à la formule papier, un noyau d’abonnés à la formule numérique qui est en progression constante, un nombre d’acheteurs en kiosque qui a fortement progressé et qui varie d’un jour à l’autre en fonction de l’actualité et enfin sur les dons (défiscalisés, grâce à « Presse et pluralisme »).

J’ajoute que nous développons de vrais partenariats avec d’autres médias. C’est le cas de TV Libertés, de Radio Libertés et de Radio Courtoisie notamment. Plusieurs de nos journalistes sont directeurs d’émissions, sociétaires, chroniqueurs, dans ces médias amis. Et nous-mêmes publions régulièrement leurs programmes. Télévision, radio et presse écrite ne se concurrencent absolument pas, mais se complètent.

Breizh-info.com : Il semblerait que vous soyez parmi les seuls médias de la presse alternative (car presse papier) à bénéficier de subventions (d’aide à la presse). N’y voyez vous pas un souci en terme d’indépendance notamment ?

Caroline Parmentier : La subvention publique pour la presse à faibles revenus publicitaires (sachant que nous ne sommes pas, à ce jour, à faibles revenus publicitaires, mais à absence totale de revenus publicitaires) nous permet de boucler notre budget annuel. Elle représente une infime part de ce que touchent les gros journaux.

Nous sommes un quotidien français, avec les difficultés énormes, les contraintes et les dépenses d’un quotidien papier, il n’y a aucune raison, sinon celle de l’arbitraire politique le plus total, pour que Présent ne bénéficie pas de cette subvention. Tous nos journalistes ont également une carte de presse. Il suffit de nous lire chaque jour pour se rendre compte que cela ne bride en rien notre liberté, notre indépendance et notre insolence.

La rédaction au travail

Breizh-info.com : Votre proximité politique avec le Front national ne vous cantonne-t-elle pas à un certain lectorat ?

Caroline Parmentier : Si seulement elle pouvait nous cantonner aux 11 millions de Français qui ont voté Marine Le Pen à la dernière présidentielle, Présent serait riche et je vous parlerais depuis ma limousine avec chauffeur et bar à champagne. Nous ne sommes pas l’organe de presse du Front national, nous ne l’avons jamais été. Nous ne touchons pas un centime du FN et notre journal est totalement indépendant. Il n’appartient qu’à ses lecteurs.

Néanmoins, à la différence de nos confrères qui ont roulé à 90% pour Emmanuel Macron pendant toute la campagne sous couvert d’objectivité et d’impartialité, nous avons clairement affiché dans Présent que nous soutenions Marine Le Pen pour la présidentielle 2017. Car elle était la candidate qui se rapprochait le plus de notre ligne éditoriale et de nos convictions ou celle qui s’en éloignait le moins. Nous ne sommes pas à 100% d’accord avec elle évidemment. Mais concernant la submersion migratoire, l’immigration, l’islamisation et le terrorisme islamiste, questions essentielles où se joue la survie à court terme de notre pays, elle est la seule à proposer d’inverser clairement le processus.

Breizh-info.com : Quels sont les sujets traités sur 2017 qui ont le plus marché ? Avez vous réussi votre passage au numérique ?

Caroline Parmentier : Présent est moins lu sous la forme numérique que sous la forme papier, nos lecteurs sont attachés à la formule papier même si nous sommes pénalisés régulièrement par des problèmes de distribution, des retards et des grèves de La Poste, ce qui pour un quotidien équivaut à du sabotage. Notre site Internet a connu de belles améliorations lui aussi.

Les deux sujets d’actualité pour lesquels nous avons constaté une nette hausse des ventes en kiosque cette année, sont les élections présidentielles et le terrorisme islamiste. Actuellement la défense des crèches, sujet de saison, connaît une belle envolée !

Breizh-info.com : Quel regard portez vous sur la presse en général aujourd’hui, et plus particulièrement sur la presse alternative ?

Caroline Parmentier : Les Français sont en train de se réveiller et de se révolter contre les médias mainstream. Grâce aux médias alternatifs, grâce à Breizh Info, les Français ont découvert que ces gros médias qui nous donnent des leçons de déontologie et d’impartialité, ont couvert comme un seul homme les agressions sexuelles massives de Cologne et d’autres villes d’Allemagne durant le réveillon 2016 parce que la vérité était trop politiquement incorrecte. Ni libre, ni indépendante, ni pluraliste, la grosse presse manie le mensonge, rampe devant la « doxa » conformiste et cultive ses liens avec les grandes banques et les oligarques. Mais leur règne vacille.

Malgré leur pouvoir, le lecteur et le téléspectateur ne leur font plus confiance, de nombreux sondages en attestent. De passifs, ces derniers se sont mis à rechercher eux-mêmes l’information et la vérité. C’est notre rôle de presse alternative de leur proposer une autre information. Nos médias de résistance et de réinformation inquiètent d’ailleurs beaucoup les médias classiques qui après « extrême droite » (qui ne marche plus) ont inventé le terme infamant de « fachosphère », pour les stigmatiser. C’est bon signe !

Propos recueillis par Yann Vallerie

Photos : DR
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  • Edouard Poher

    Il serait intéressant, un jour, de faire une interview des responsables du journal « Regards d’espérance » (journal protestant avec un contenu intéressant) distribué gratuitement dans toutes les boîtes aux lettres de Carhaix et des environs depuis plusieurs années.