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L’Ined (Institut national d’études démographiques) a récemment publié un rapport sur le harcèlement de rue et les agressions sexuelles. Que nous apprend le document ?
Des résultats prévisibles
Alors que près de 27 268 personnes ont été interrogées en 2015 dans le cadre de cette étude, les conclusions sont sans surprise. Le panel des sondés était le suivant : 15 556 femmes et 11 712 hommes de 20 à 69 ans. Tandis que les résultats complets ne seront diffusés qu’en novembre 2018, une première publication vient déjà dresser un bilan provisoire. Et ce sont bien les jeunes femmes des grands centres urbains qui sont les premières touchées par ces agressions verbales voire physiques.
Malgré son approche égalitariste dans le questionnement, le rapport de l’Ined se rend rapidement à l’évidence en analysant que « les femmes et les hommes ne sont pas égaux et ne subissent pas le même fait ».
Quel degré de violence ?
Mais il faut tout de même apporter des nuances à ces données. Notamment sur le degré des violences subies par les victimes. Les femmes sont ainsi 20 % à avoir eu à faire au moins une fois à des sifflements lors de l’année passée. 8 % ont connu des insultes, 3 % furent suivies. 2 % d’entre elles ont, pour leur part, subi des attouchements ou un baiser forcé. En résumé, près d’un quart des femmes ayant répondu à l’Ined ont connu le harcèlement de rue sur la période.
Chez les hommes, ils ne sont que 14 % à déclarer un fait d’agression au cours des 12 derniers mois. Et seulement 5 % considèrent avoir subi un acte grave. Mais l’étude ne donne en revanche aucune indication sur le sexe de leurs agresseurs.
Île-de-France contre campagne
La géographie a également toute son importance pour comprendre ces résultats. Car le harcèlement de rue ne concerne pas tous les territoires de la même façon. Et c’est l’Île-de-France qui arrive en tête : 37% des femmes et 18% des hommes âgés de 20 à 69 ans ont déclaré avoir subi au moins un fait dans les douze derniers mois. Et 15% d’entre elles contre 7% d’entre eux évoquent au moins un fait grave. Des proportions qui augmentent selon la classe d’âge puisque chez les 20-24 ans résidant en région parisienne, ce sont 68% des femmes et 34% des hommes qui ont été victimes de violences. Mais là encore, aucune précision sur le profil des agresseurs.
En zone rurale, seulement 17 % des femmes et 9% des hommes ont déclaré avoir connu des formes de harcèlement sexuel. Un indice supplémentaire qui devrait encourager l’Ined à investiguer davantage sur le profil des harceleurs.
Crédit photo : Pixabay (cc)
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