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Les temps sont durs pour Maël de Calan (LR), conseiller municipal de Roscoff et conseiller départemental de Saint-Pol-de-Léon. Ce « bébé Juppé » se voyait devenir président des Républicains ; Laurent Wauquiez l’écrabouille (10 décembre 2017) ; ce dernier l’emporte facilement dès le premier tour avec 74,64 % des voix alors que Maël de Calan doit se contenter d’un très modeste 9,25 %… devancé par Florence Portelli (16,11 %).
La messe est dite. Pas tout à fait, car, porté par son obstination, l’intéressé comptait se refaire lors de la désignation des membres des instances dirigeantes et montrer qu’il fallait compter avec lui. Mais il n’obtint pas satisfaction lors de la réunion du Conseil national de LR (28 janvier 2018).
Certes il figure dans le collège non parlementaire du bureau politique, mais très isolé (site de LR, 29 janvier 2018). Même situation inconfortable à la commission nationale d’investiture où il siège en compagnie de vieux de la vieille comme Michèle Alliot-Marie, Roger Karoutchi, Pierre Charon ou Nadine Morano ; là encore, il est marginalisé. Il s’est donc fâché, s’estimant maltraité par Laurent Wauquiez.
Non seulement il a indiqué qu’il ne souhaitait pas siéger à la CNI, mais encore il a flingué MAM — ancienne présidente du RPR (1999-2002), ancienne ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy — en soulignant qu’en replaçant cette dernière dans les instances dirigeantes du mouvement, on ne se donnait pas un gage de rajeunissement « de la pratique politique ».
Bref, ce n’était pas « un grand signe de renouvellement » (LCI, samedi 27 janvier 2018). Et de dénoncer les instances LR « complètement verrouillées » par l’équipe de Laurent Wauquiez. Il parait que « la liste du bureau politique fait la part belle à tous les élus de la région Auvergne — Rhône — Alpes que préside M. Wauquiez », regrette un parlementaire LR (dimanche Ouest-France, 28 janvier 2018).
Les explications les plus intéressantes sur cette tempête dans un verre d’eau sont fournies par Le Canard enchaîné (31 janvier 2018) : « Wauquiez “nettoie le parti”, selon l’expression d’un de ses proches. “Ce n’est pas un nettoyage, c’est une purge !”, s’indignent ses deux rivaux défaits au poste de président des Républicains. Le 23 janvier vers 15 h 30, Wauquiez téléphone à Florence Portelli. Il lui propose trois places au sein de la commission nationale d’investiture (CNI), chargée de désigner les candidats aux différentes élections. Elle accepte et envoie des noms à Wauquiez.Vers 17 h 30, une demi-heure avant la tenue du bureau politique (BP) hebdomadaire, qui doit valider la composition du nouvel exécutif, nouveau coup de fil. C’est Portelli ; la maire de Taverny n’est pas toute seule : Maël de Calan, autre adversaire de Wauquiez pour le poste de numéro 1, est également au téléphone. Le ton a changé, les exigences aussi. À eux deux, ils revendiquent 20 places au BP et 10 à la CNI, en s’appuyant sur leurs scores à la primaire. Wauquiez tente de négocier. Refus de ses interlocuteurs. Entre-temps, comme le confirme un proche de la présidente de la région Île-de-France au “Canard”, Portelli et Calan sont allés pactiser avec Valérie Pécresse. »
Il ne faut pas perdre de vue que MAM avait acheté sa place en balançant, ces derniers temps, quelques vacheries à Alain Juppé, le mentor du sieur de Calan : « Le début de l’année, c’est l’heure des inventaires » ; mais encore : « C’est aussi l’époque des soldes. Et au final, les soldes, c’est quoi ? Vendre pour pas cher ce qui était à la mode les années passées… Mais à la différence qu’en politique, les Français ne sont pas fans de vintage. » Pour elle, tous ceux qui dénigrent Les Républicains et Laurent Wauquiez sont mus par des « ambitions personnelles » (aujourd’hui en France, 22 janvier 2018). Tant de combativité méritait une petite récompense !
La mauvaise humeur obscurcit le jugement de Maël de Calan, l’obligeant à oublier les règles du jeu. En clair, si ce dernier avait gagné l’élection à la présidence de LR, il aurait tout fait pour « verrouiller » la boutique, bourrant le BP et la CNI de juppéistes bon teint, ne laissant à ses adversaires que quelques miettes. Conclusion : M. de Calan est un mauvais perdant.
Question : le conseil municipal de Roscoff est-il « verrouillé » ?
Bernard Morvan
Crédit photo : Peter Potrowl/Wikipedia (cc)