Intelligence artificielle

Dans la bataille que se livre les grandes puissances pour le leadership de l’économie mondiale, l’intelligence artificielle devient désormais un critère d’importance. Une intelligence artificielle pour laquelle Chine et États-Unis sont au coude à coude.

15,2 milliards de dollars

L’intelligence artificielle  occupe de plus en plus l’actualité, y compris financière. En effet, ce ne sont pas moins de 15,2 milliards de dollars qui ont été investis dans les start-up du secteur en 2017. Une somme tout de suite plus parlante lorsque l’on rappelle qu’elle a augmenté de 141 % en l’espace d’un an. Par ailleurs, près de 1 100 nouvelles sociétés ont vu le jour l’année dernière sur ce marché de plus en plus prisé de « l’IA ».

Mais de fortes disparités existent entre les pays. Sans surprise, la compétition est trustée par les deux puissances qui se battent déjà pour la première place au classement mondial du PIB : les États-Unis et la Chine.

L’Empire du Milieu passe devant

Selon une étude publiée par les Américains de CB Insights, l’ordre des choses a été bousculé. En effet, la Chine vient, pour la première fois, de dépasser les Etats-Unis du point de vue des montants investis dans l’intelligence artificielle. Ainsi, la Chine a capté près de 48 % des financements mondiaux du secteur en 2017. Dans le même temps, les USA se contentent « seulement » de 38 % du gâteau.

Une progression fulgurante pour les Chinois qui n’attiraient pas plus de 11,3 % des investissements en 2013. Une année 2013 où les États-Unis abritaient 77 % des start-up dédiées à l’intelligence artificielle à travers le monde. Mais l’époque semble révolue et il n’y a guère plus aujourd’hui que 50 % de ces sociétés à être basées sur le territoire américain.

2030 comme objectif

Malgré cette ascension rapide, la Chine n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Elle s’est même fixé pour objectif de devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle avant 2030. Des objectifs appuyés par la volonté politique du gouvernement chinois qui a mis en place un plan de développement national concernant l’IA.

Dévoilé en juillet 2017, l’ambition de la Chine est d’accélérer la croissance du secteur en vue d’atteindre les 60 milliards de dollars en 2025. De quoi rivaliser plus que sérieusement dès 2020 avec les Américains.

Quelles armes ?

Les Chinois sont en pointe dans la reconnaissance faciale. Notamment en ce qui concerne les outils de surveillance utilisés par les autorités. Un avantage certain auquel il faut ajouter leurs compétences en matière de microprocesseurs.

Par ailleurs, la Chine est particulièrement prolifique en termes de publications de brevets liés à l’intelligence artificielle. Au point même de dépasser les États-Unis, principalement en « deep learning ».

De quoi s’agit-il ? C’est une méthode qui consiste à enseigner à des ordinateurs ce dont les humains sont naturellement capables. Nous retrouvons notamment le « deep learning » dans le fonctionnement des voitures autonomes. Mais aussi dans les systèmes de commande vocale des appareils grand public. Les découvertes en la matière sont tout simplement révolutionnaires ! Enfin, la Chine ne manque pas d’investir dans des start-up à l’étranger, jusqu’aux USA parfois.

Voilà autant de signaux dont le gouvernement américain va devoir tenir compte s’il ne veut pas se voir distancer trop rapidement par son rival. Les enjeux de l’intelligence artificielle sont d’une importance capitale.

Importance qui semble échapper aux dirigeants européens. Si un programme de recherche et d’innovation à horizon 2020 prévoit bien un budget de 80 milliards d’euros, ce dernier ne concerne que la robotique. Rien pour l’IA ! Il faut tout de même préciser qu’il fût voté en 2013. Un retard qui risque de se payer cher pour l’UE.

Crédit photo : Pixabay (CCO/geralt)
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