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« – Bonjour, je souhaiterai m’abonner à votre box parce que je viens d’emménager à Saint-Brieuc. »
« – Ah… Condoléances. »
Voilà ce que l’on peut entendre, mot pour mot, dans l’une des enseignes encore debout à Saint-Brieuc. Cette ville, chef-lieu des Côtes-d’Armor, est en train de perdre toute fierté et de tuer son centre, à cause d’une gestion absurde de la part de politiciens centristes opportunistes.
Le sort du centre-ville de Saint-Brieuc est d’ailleurs classé comme un des cas les plus graves de France. Il suffit de s’y promener, et notamment dans la rue principale Saint-Guillaume, pour constater le nombre de boutiques fermées, vitrines à louer ou à vendre, rideaux baissés et en ruine. Alors que la Bretagne reste une des régions les plus attractives de France, de 2011 à 2018, le taux de magasins vides à Saint-Brieuc est passé de 15 % à presque 40 %. D’après le Journal des Entreprises des Côtes-d’Armor, il y avait en mars 2017 pas moins de 189 locaux commerciaux fermés dans la capitale costarmoricaine. Aujourd’hui, seulement un an plus tard, le Journal des Entreprises en compte 216 !
Régulièrement, les commerçants manifestent devant la mairie qu’ils tiennent pour responsable de leur situation. À Noël, l’on avait tenté de panser les plaies et refaire vivre la ville comme le permet naturellement la période des fêtes. Les animations et illuminations fleurirent, et les commerçants s’organisèrent.
Le dernier espoir de cette petite proximité, l’ultime acte de résistance, ce sont les chèques cadeaux « boutik’n’co » que les commerces de Saint-Brieuc ont adoptés. Les entreprises briochines offrent ainsi à Noël des bons à utiliser dans les commerces associés. Mais même là, d’autres grandes enseignes du centre commercial « Les Champs » tout nouvellement créé en plein centre en tirent profit, tuant les petites boutiques.
Parlons-en des Champs tiens. Tant de travaux ont eu lieu en ce centre-ville. Tant d’ouvrages pour créer une espèce de centre commercial aussi laid qu’il est inutile et suicidaire. Déjà qu’il existait à Langueux cette immense zone commerciale sans âme que chérissent tant les provinces du troisième millénaire, mais voilà qu’en plein centre naissait le commerce nouvelle génération. Et la Fnac débarquait elle aussi, alors que des magasins de bandes dessinées, livres, musiques et vidéos existaient déjà dans les rues passantes de Saint-Brieuc.
Espérant y créer un espace de vie et d’animation, il y a été érigé tant de constructions, d’aménagements et de mobiliers. Mais les tadgoz et mamgoz de Bretagne ne peuvent guère en profiter sereinement tellement cela accueille des bandes de délinquants affalés sans occupation de la journée. Même les aires de jeux d’enfants extérieures sont occupées par des racailles et des migrants midi et après-midi. Quand vient le soir, n’osez même pas longer ce centre commercial avec une cigarette ou un téléphone si vous tenez à votre intégrité physique et psychologique.
À seulement quelques dizaines de mètres de là, dans le Parc des Promenades, c’est-à-dire en face même du Tribunal de Saint-Brieuc, une jeune adolescente a été violée il y a quelques mois par un individu reparti aussitôt se cacher en banlieue parisienne. Rue du 71e Régiment d’Infanterie, nommée en l’honneur des Poilus Bretons de la Grande Guerre, les habitants sont parfois témoins de violences entre individus, munis de tessons de bouteilles, forçant les commerçants à se défendre à coups de bombes lacrymogènes. La rue des Trois Frères Le Goff, autrefois une des plus vivantes et animées de la ville, l’est aujourd’hui pour des raisons différentes, le tapage nocturne et les violences se multipliant aux abords des kebabs et sex shops présents.
Les faits divers deviennent communs à la ville. Prenez pour exemple le patrimoine du Manoir de la Tour, détruit par l’incendie de squatteurs, ou ce prof d’auto-école dealant pendant ses heures de travail avec de jeunes élèves. Il suffit de parler avec des professionnels de l’immobilier pour se rendre compte qu’il y a des quartiers de la ville en passent de devenir des zones de non-droit, comme quand vous parlez de la cité Balzac ou des quartiers sud de la gare.
Mais la mairie pense que la nouvelle ligne TGV va tout régler. Ça y est, Saint-Brieuc n’est plus qu’à 2 h de Paris, alors qu’autrefois il fallait en compter trois. Cela profite aux violeurs qui fuient pour rentrer chez eux vers la Seine–Saint-Denis, mais pourrait aussi dynamiser économiquement la ville pour les élus.
Il est vrai que Saint-Brieuc est superbement bien desservi, entre un réseau SNCF de plus en plus attrayant (sauf quand les trains sont retardés ou annulés) et un réseau de bus vraiment, il faut l’avouer, très performant (sauf quand les violences obligent les interventions de la sécurité). L’on en est à se demander si les transports sont là pour permettre aux Briochins de fuir la ville.
Le Novotel est sorti de terre lui aussi, espérant peut-être attirer des cadres parisiens ou touristes internationaux, et faire vivre ces grandes enseignes qui ont remplacé les petits commerces de proximité. Pour l’instant nul n’en voit les bénéfices. Depuis l’arrivée de la ligne à grande vitesse, la mairie en a profité pour rendre de nombreuses rues payantes au stationnement, alors qu’autrefois gratuites elles faisaient vivre les petits marchés. La seule réponse de la mairie pour aider les commerçants qui s’en plaignent ? Ouvrir les magasins le dimanche, seul jour où le stationnement y est gratuit… Et la mairie, bien opportuniste et bien capitaliste, a décidé d’effectuer des travaux un peu partout dans la ville qui durent des mois.
Ces travaux ont d’ailleurs apporté leurs lots de problèmes. À l’automne 2017, le réseau de gaz a été touché, plongeant des dizaines, voire des centaines, de logements dans la panade pendant plusieurs jours. La passerelle qui traverse les voies ferrées aussi, une fois ouverte au public, s’est avérée être une véritable piscine ou patinoire — au choix dépendant des saisons — tellement la construction a été ratée et l’eau des pluies ne s’évacuant pas correctement.
Comme outil de publicité — ou de propagande — concernant ces travaux interminables et quelque peu bancals, la mairie a diffusé un flyer dont la première page annonce « Redonnons un nouveau visage à Saint-Brieuc » et la dernière « Redessinons Saint-Brieuc », sonnant comme un ordre. Seules ces deux pages comportent des photos d’individus, devant donc représenter le Briochin moderne. N’importe quel communiquant politiquement correct dit alors qu’il faut de la diversité, pour éviter tout conflit et pour plaire aux nouvelles populations, futurs électeurs ne l’oublions pas.
Ils ne se sont pas cassé la tête longtemps. Sur ces deux photos, l’on voit un enfant métisse, puis une jeune fille métisse.
Voilà alors leur message, voilà le nouveau visage breton tel qu’ils le souhaitent.
Au vu de toutes les aides aux migrants qu’offre la ville, on ne s’en doutait pas, mais le message a le mérite d’être clair.
Exit le doux souvenir des chapeaux ronds et bigoudens, exit les racines celtes armoricaines, seul existe le bon brassage bien-pensant.
Le nouveau visage tel qu’il est imposé par la Bretagne Big Brother.
Degemer mat !
Arthur Lorc’h
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