90% des Français favorables à la pénalisation du harcèlement de rue

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A l’occasion de la présentation en conseil des ministres du projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles le 21 mars, l’Ifop a sondé pour le site d’information VieHealthy.com l’adhésion des Français aux principales mesures figurant dans le projet porté par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa.

Il en ressort notamment que 90%  des Français seraient favorables à la pénalisation du harcèlement de rue et que 92% d’entre eux soutiennent l’allongement à 30 ans du délai de prescription des viols sur mineurs, tandis que 69% s’avèrent favorables à la fixation à 15 ans de l’âge minimum pour le consentement sexuel.

L’étude a été réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 000 Français.

115377 Rapport Ifop Projet Sexistes by Breizh Info on Scribd

Mesure phare du projet de loi, la pénalisation des faits de harcèlement subis par les femmes dans l’espace public (ex : rue, transports en commun…) fait l’objet d’un quasi consensus dans l’opinion publique avec un soutien à la fois large – 90% de personnes « favorables » – et ferme : 53% des répondants y étant « très favorables » (86% chez les hommes, 96% chez les femmes).

On nota aussi que la mesure semble soutenue quelle que soit l’étiquette politique, ce qui montre en fait que ce projet de loi semble presque relever du « non débat », beaucoup s’interrogeant toutefois sur l’application réelle d’un tel projet de loi, notamment dans les quartiers appelés, politiquement correct oblige, « sensible » ou « populaire ». Le harcèlement de rue  – sans que l’on en connaisse les contours, du « wesh Mademoiselle » au « Vous avez pas un 06 ? » en passant par « baisse le regard sale pute » – serait passible d’une amende de 4e classe, allant de 90 à 750 euros.

Marine Le Pen, présidente du Front national, a en tout cas un avis bien tranché sur la question du harcèlement de rue, comme l’indiquent ces récentes déclarations, que tout politique qui met les pieds dans certains quartiers ou certaines rues aurait sans doute du mal à contredire :

« Le harcèlement de rue est en immense majorité le fait de ressortissants de l’immigration qui importent une culture qui est une culture de non respect des femmes, de soumission des femmes et même l’expression, pour beaucoup, d’un mépris à l’égard de Françaises ». Un harcèlement qui toucherait – un prochain sondage viendrait confirmer ces propos – également les femmes issues de l’immigration extra-européenne, en première ligne dans les quartiers populaires.

Le principe de non discrimination qui régit le droit français empêche toutefois de se focaliser sur l’étude d’une population en particulier, tandis que l’interdiction de toute statistiques ethniques achève de clore ce débat au sein du pays. « L’esprit Républicain », assurément !

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