En procédant à la réfection d’un plancher de l’hôtel de la Villestreux, dans l’île Feydeau, à Nantes, les ouvriers ont mis à jour une cassette cadenassée qui a vite révélé son contenu : des papiers ayant appartenu  à Jean-Baptiste Carrier durant son séjour à Nantes à l’hiver 1793-1794. On sait que le terrible représentant du peuple a habité cet hôtel.

Alertées, les Archives départementales ont procédé à l’inventaire et à l’examen des pièces : des brouillons de rapport au Comité de salut public à Paris, diverses correspondances avec les pouvoirs civils et militaires à Nantes. Rien de très surprenant et ne pouvant intéresser que les spécialistes de la période.

Mais le dos d’un feuillet imprimé portait des traces d’encre sympathique. En le chauffant, le texte est apparu. Nous avons pu voir sa transcription et nous la donnons en exclusivité. Il s’agit d’une lettre de Robespierre adressée à Carrier, en date du 24 nivôse an II, soit le 13 janvier 1794 :

« J’apprends par mon agent Brutus Martin qu’au lieu-dit Misery, il a fallu ouvrir de grandes fosses pour engloutir, par centaines, ces monstres. Le Comité veut maintenant que ce lieu d’expiation devienne un sanctuaire voué à l’Être suprême.

« Je t’envoie un élève de David, le citoyen Phidias Viart qui dressera les plans de l’autel de la Patrie. Tu devras purger la terre de ces charognes, les restes seront jetés à la Loire, ce « torrent révolutionnaire » comme tu me le disais dans ta lettre précédente. De la bonne terre arable sera répandue pour planter l’Arbre de la Liberté.

« Mais je sais que tes tâches sont multiples et ardues aussi je t’envoie le citoyen Héron, du Comité de sûreté générale qui veillera à cette résurrection citoyenne de la carrière de Misery.

Salut fraternel et républicain

Robespierre. »

L’authentification de ce document est en cours. Selon nos sources, l’avis serait favorable. Comme nous nous étonnions de la présence d’un Héron dans cette histoire on nous a confirmé l’existence de François Héron (1746-1796), très lié à Marat et ayant participé aux massacres de septembre dans les prisons parisiennes (1792).

Jean DAUX

NDLR : c’est un poisson d’Avril

Photo :DR
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