L’étrange Arbre aux Hérons nantais

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29/01/2018 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) – L’Arbre aux Hérons est un projet déjà ancien : il date de l’époque où Jean-Marc Ayrault livrait le site des anciens chantiers navals de Nantes à deux transfuges de Royal de Luxe, Pierre Orefice et François Delarozière, en 2004.

Il devait faire partie de différentes installations semées sur le site sous l’enseigne des Machines de l’île : la Galerie des Machines, le Grand Éléphant, le Carrousel des Mondes Marins ainsi que deux ou trois autres qui ne verront jamais le jour, notamment une baleine qui aurait transporté des visiteurs sur la Loire. Dès son ouverture fin juin 2007, le site des Machines de l’île comprenait une « branche prototype » de l’Arbre aux Hérons, à la fois laboratoire et panneau publicitaire de l’installation future.

Dès 2010, les deux créateurs se disaient prêts à construire leur Arbre aux Hérons. Ne manquaient qu’un emplacement et, surtout, un financement : la construction devait coûter 35 millions d’euros. C’était trois fois et demie le budget initialement prévu pour la première tranche des Machines (la Galerie des Machine, le Grand Éléphant et le Carrousel des Mondes Marins). Il y avait de quoi faire hésiter Nantes Métropole, fournisseur des terrains et des bâtiments et financeur des installations (sauf une partie payée par des fonds européens), d’autant plus que les 10 millions de la première tranche avaient été largement dépassés et que l’exploitation des Machines de l’île restait désespérément déficitaire depuis 2007 – et le reste à ce jour malgré une fréquentation soutenue – alors qu’elle aurait dû être plus ou moins équilibrée à partir de 2010.

Un budget qui fait peur

L’Arbre aux Hérons, il et vrai, était conçu comme une installation extraordinaire : une structure de 30 mètres de haut et 50 mètres de diamètre formée de vingt-deux branches en acier, animées par différentes mécaniques, que 400 personnes pourraient parcourir en même temps. L’ensemble serait couronné par deux hérons mécaniques emportant sous leurs ailes une douzaine de passagers.

Après avoir longtemps tergiversé, Jean-Marc Ayrault avait quitté la mairie de Nantes en laissant le dossier à ses successeurs. Refroidie par le budget nécessaire, Johanna Rolland avait dans un premier temps écarté le projet. Puis elle s’était ravisée, annonçant la réalisation de l’Arbre aux Hérons dans la carrière de Miséry, à la limite est du quartier de Chantenay. Elle y mettait cependant une condition : Nantes Métropole n’apporterait qu’un tiers des fonds nécessaires, le reste devant venir pour un tiers d’autres financeurs publics et pour le dernier tiers du secteur privé.

Ce dernier n’a pas manifesté un grand enthousiasme pour le projet ; seul le Crédit Mutuel s’est engagé à mettre au pot 2 ou 3 millions d’euros. Quelques entreprises auraient accepté de parrainer des branches de l’arbre moyennant 50 000 euros l’une, mais le parrainage des vingt-deux branches ne représenterait encore que 1,1 million d’euros sur près de 12 millions nécessaires.

Le règne de l’entre-soi

Devant le risque de voir s’enliser un projet médiatique sur lequel elle s’était engagée, Johanna Rolland a repris la main : Nantes Métropole a créé un fonds de dotation chargé de récolter de l’argent « privé » afin de boucler le financement. Selon une information du quotidien Presse Océan, la direction de ce fonds a été confiée à Karine Daniel. Enseignante en économie agricole, celle-ci avait été élue députée de la 3ème circonscription de Nantes, celle de Jean-Marc Ayrault, à l’occasion d’une élection partielle début 2016. Elle avait alors démissionné de son poste de vice-présidente de Nantes Métropole. Battue aux législatives de 2017, elle se trouvait privée de tout revenu d’origine politique. Une annonce de recrutement publiée par Nantes Métropole en septembre 2017 indiquait que le directeur du Fonds de dotation de l’Arbre aux Hérons pourrait avoir le grade d’administrateur général, un poste rémunéré en moyenne plus de 60 000 euros par an, selon le polémiste nantais Sven Jelure.

Le Fonds de dotation lancera dans quelques jours une opération de fundraising. Elle pourrait rapporter quelques centaines de milliers d’euros, soit loin de l’objectif assigné. Et le troisième tiers du budget, celui des autres financeurs publics, ne semble pas acquis à ce jour. Malgré ces incertitudes sur le financement, les dépenses ont commencé : Nantes Métropole a lancé une «  étude de définition du projet d’Arbre aux Hérons » d’un montant de 2,575 millions d’euros. Ce qui ne manque pas de faire jaser à Nantes, elle a confié cette étude sans appel d’offres aux initiateurs du projet, Pierre Orefice et François Delarozière, qui se retrouvent ainsi juges et parties. « Toute cette affaire est décidément bien étrange », estime un chef d’entreprise nantais. « Pas question d’y mettre le doigt. »

Illustration : la carrière de Miséry [cc] photo Lucie Lavergne, Wikimedia Commons
Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine.

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Johanna Rolland n’est pas connue pour changer aisément d’avis. Pourquoi donc s’est-elle « ravisée », décidant de construire cet Arbre aux Hérons après y avoir renoncé ? Il y a là un profond mystère.

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