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Le 10 avril prochain, les élections étudiantes se dérouleront à l’université Bretagne Sud (Vannes, Lorient). A cette occasion, l’UNI, syndicat des étudiants de droite, lance un questionnaire à destination des étudiants.
L’occasion pour nous d’interviewer Brieuc Quil, responsable Bretagne du syndicat, mais aussi de revenir sur le budget participatif voté à Rennes 2, et sur les grosses tensions dans les facultés actuellement, tensions nées des blocages organisés par des étudiants de gauche et d’extrême gauche qui protestent contre la réforme de l’Université à venir.
Breizh-info.com : Pouvez-vous nous parler de ce questionnaire que lance l’UNI en vue des élections étudiantes du 10 avril ?
Brieuc Quil : Le 10 avril à l’université Bretagne Sud (UBS, à Vannes et à Lorient) ont lieu les élections étudiantes aux conseils centraux de l’université ; nous présentons la liste « UNI : on agit, tu réussis ! ». Dans ces conseils sont votés la politique de l’université, le budget et les décisions en matière de formation et de vie étudiante. Ces élections sont une opportunité : elles permettent aux étudiants de servir leur université en agissant directement dans son administration.
Mais le constat est cruel : la participation est souvent trop faible. Par ailleurs, nous voulons en finir avec les propositions élaborées dans l’entre-soi et rarement mises en œuvre. C’est en réponse à cela que nous avons entrepris ce questionnaire en ligne que nos militants déclinent sur le terrain en questionnaire d’entretien.
Avant de promouvoir un projet, il faut écouter, établir un diagnostic. Cela nous permet de connaître le terrain sur lequel nous voulons construire et c’est aussi un moyen de nous faire connaître. C’est le sens et l’originalité de notre démarche.
Breizh-info.com : Quelles sont les propositions phares de l’UNI ?
Brieuc Quil : L’UNI, c’est la droite étudiante. La liste « UNI : on agit, tu réussis ! » rassemble les étudiants désireux de promouvoir l’excellence, le mérite et l’enracinement local. Nous voulons que notre université soit le lieu de la transmission des savoirs et de notre héritage culturel.
Nous défendrons la professionnalisation des diplômes qui passe notamment par un meilleur accès aux stages, le développement des filières en alternance, des ateliers de rédaction de CV et de lettres de motivation. En matière d’orientation, les conférences des métiers, les rencontres avec les professionnels et les anciens ont fait leurs preuves dans d’autres universités ; plusieurs réponses à notre questionnaire vont dans ce sens ; c’est une solution à développer et à généraliser pour l’ensemble des filières. En ce qui concerne les études à proprement parler, nous défendons notamment l’élargissement des horaires de la BU et la réhabilitation de l’enseignement des langues. Et pourquoi pas permettre à tous l’accès à un module de langue bretonne, jusque-là réservé aux étudiants en lettres et en langues ?
Nous présenterons dans les prochains jours sur notre page UNI Vannes-Lorient l’ensemble de nos propositions.

Breizh-info.com : Que pensez-vous des décisions prises sur Rennes 2 concernant le budget participatif ?
Brieuc Quil : Ce « budget participatif » est proprement scandaleux, il aura fait parler de lui. Ce sont 34 000 € dont le fléchage vers différents projets est voté par les étudiants. Il a été négocié avec la direction par des syndicats de Rennes 2. C’est beaucoup d’argent gaspillé qui aurait pu servir à des initiatives bien plus utiles comme l’inclusion des PMR ; au lieu de cela, 15 000 € pour un bar associatif, 7000 € pour une salle de sieste à la BU, 1 400 € de transats, 600 € pour un refuge à chats errants… la liste n’est pas exhaustive.
Ces initiatives fantaisistes ne servent nullement l’intérêt général ; ce budget participatif ressemble plus à un « cadeau » offert aux syndicats par la présidence de l’université pour s’assurer leurs bonnes grâces. Elles dégradent un peu plus encore la réputation de Rennes 2, cette « université de la grève » qui installe des salles de siestes et un abri à chats ! Un toboggan géant et des balançoires ont même été proposées. L’université de l’extrême gauche n’est pas tournée vers le travail et la transmission ; elle devient tantôt une arène politique, tantôt un terrain de jeu, tout y est divertissement. Quelle valeur aura un diplôme délivré par Rennes 2, aux yeux d’un employeur ?
Breizh-info.com : La situation semble se tendre dans des facultés, à Nantes, Montpellier, Lille, Strasbourg>. Votre avis là-dessus ? Quid à Rennes ?
Brieuc Quil : Cette situation dure depuis des années, la dernière illustration était jusqu’à présent le feuilleton de la Loi Travail ; les blocages se multiplient dans de nombreuses universités, beaucoup d’étudiants ne peuvent pas aller en cours. Les étudiants qui s’opposent aux blocages, qui veulent se faire entendre dans les pseudos « AG » (assemblées générales) verrouillées par l’extrême-gauche, sont violemment expulsés. Les étudiants sont exaspérés.
Face à ces petits révolutionnaires, l’État laisse faire. Alors oui, la tension monte ; les étudiants, voire les enseignants, les directeurs d’établissements utilisent leurs propres moyens pour avoir la paix. À Montpellier, cela a mal tourné pour l’extrême-gauche. À Rennes 1, l’UNI a obtenu l’interdiction des AG ; à Rennes 2, nous sommes en train de nous structurer pour créer une opposition efficace et de long terme. Nous sommes la seule association présente sur ce terrain et à prendre la parole ; on ne peut pas se plaindre si on ne fait rien pour que les choses changent ; nous avons besoin de toutes les bonnes volontés pour agir !
Propos recueillis par Yann Vallerie
Crédit photo : DR
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