Claude Évin, un vrai « socialiste »

Claude Évin a tout fait ou presque. Délégué syndical CFTC puis CFDT lorsqu’il était éducateur spécialisé. Puis, une fois entré en politique, adjoint au maire (Saint-Nazaire), secrétaire fédéral adjoint du PSU (Loire-Atlantique), secrétaire de la section PS (Saint-Nazaire), membre du comité fédéral du PS (Loire-Atlantique) et du bureau national (2000- 2005), député de Saint-Nazaire (1978 – 2007), président de la commission des affaires culturelles à l’Assemblée nationale, vice-président de cette dernière (1986 – 1987), conseiller régional (Pays de la Loire), membre du Conseil économique et social et de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, président de la Fédération hospitalière de France, ministre de la Santé (1988 – 1991), maître de conférence associé à l’université Paris VIII (1993 – 1997), professeur associé à l’université de Nantes (2007 – 2009), conseiller municipal (Montoir-de-Bretagne).

C’est alors que les choses sérieuses commencent en cette année 2009. Il entre d’abord comme avocat associé au cabinet parisien Jacques Barthélémy. Après une parenthèse comme directeur général de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France (2010 – 2015), il rejoint le cabinet d’avocats DLA Piper, en tant qu’avocat conseil, principalement dans le domaine des sciences de la vie et de la santé. Le 1er septembre 2016, il devient avocat associé au cabinet Houdart et associés.

Un pareil parcours méritait évidemment un coup de chapeau. Il a été donné par Vincent Jauvert dans son récent ouvrage Les intouchables d’État – Bienvenue en Macronie (Robert Laffont). En 240 pages, l’auteur explore les rémunérations plantureuses et les avantages divers et variés dont bénéficient les membres de la haute fonction publique. « En 2015, 150 cadres de Bercy étaient mieux payés que le chef de l’État », d’après la note « REM 150 » (rémunération 150 000 euros). Un document officiellement secret «  a été réalisé fin 2012, quelques mois après que François Hollande a diminué son salaire. L’Élysée a demandé que soit établie une liste des fonctionnaires gagnant désormais plus que lui. D’après ce document secret plus de 600 hauts fonctionnaires (…) gagnaient, en 2012, plus de 150 000 euros nets par an.»

Et on tombe sur « le cas de Claude Évin ». « Au dessus de 200 000 euros bruts par an, nous avons découvert aussi l’ancien ministre socialiste de la Santé, Claude Évin, révèle l’un des rares responsables qui ont lu la note de 2013. En 2009, Nicolas Sarkozy, à la recherche de prises de guerre à gauche, a ressorti  cet ancien du gouvernement Rocard, un peu oublié, et l’a bombardé à la tête de l’Agence régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France. Pour l’appâter, il lui a offert un revenu particulièrement confortable. Claude Évin est resté six ans à ce poste. Avant de devenir avocat d’affaires dans le domaine de la santé ».

Claude Évin a donc tout fait ou presque. Surtout de l’argent. Il a oublié de le préciser à ses anciens copains de la section PS de Saint-Nazaire.

Bernard Morvan

Crédit photo : Fantafix/Wikimedia (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine