Jean-Luc Chenut (PS) ne plaisante pas

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Lors des élections législatives de juin, une situation bizarre était apparue dans la circonscription de Rennes-Montfort-sur-Meu. A la sortante Claudia Rouaux (Nupes-PS) était opposé un candidat de la majorité d’un genre très particulier. En effet ce dernier Christophe Martins est non seulement maire d’Iffendic et président de la communauté de communes de Montfort-sur-Meu, mais encore conseiller départemental (Parti radical de gauche) et vice-président du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, chargé des finances, du patrimoine, de la commande publique et des dossiers ferroviaires. Tout en appartenant à la majorité de gauche du conseil départemental, il aspirait à devenir député en portant la casaque macroniste (Ensemble-PRG). Le premier tour se passe mal puisqu’il est devancé de 1 505 voix (16 822/15 317) et de trois points (35,72 %/32,53 %) par Mme Rouaux. Pour renverser la tendance au second tour, il compte sur des voix venues du « centre gauche, du centre droit et de la droite » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, lundi 13 juin 2022). Malheureusement pour lui, Mélina Parmentier (LR), la candidate de la droite, n’a recueilli que 4 015 voix (8,53 %) et n’est arrivée qu’en quatrième position. Surtout, il oublie de voir que la candidate RN Astrid Prunier se classe troisième avec 6 998 suffrages (14,86 %). Que vont faire les électeurs du RN au second tour ?

Huit jours plus tard, on a la réponse. Claudia Rouaux est réélue, devançant Martins de 1 409 suffrages (23 784/22 375) et de trois points (51,53%/48,47 %). Des calculs simples montrent de quel côté les électeurs du RN ont penché. Voter pour le candidat macroniste ne leur a pas traversé l’esprit.

Ce qui devait arriver arriva. Tout de suite il est question de retirer à Christophe Martins ses délégations. « J’ai attaqué Jean-Luc Mélenchon au niveau national, c’est vrai. Mais pas une seule fois, je me suis mis en porte-à-faux avec la politique de la majorité départementale, avec son président Jean-Luc Chenut, j’ai toujours été loyal. Quelles valeurs de gauche n’ai-je pas porté ? Je les défendrai et je les porterai toujours ! », se défend l’intéressé (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, mercredi 22 juin 2022). Curieusement, les élus de l’Union de la droite et du centre prennent tout de suite la défense de Martins – est-ce une affaire de « réseaux » ? « On va le démettre de ses fonctions comme on le fait dans la Russie de Poutine. C’est une méthode autoritaire et totalitaire, d’un autre temps. A la tête d’un exécutif, on se doit de rassembler », dénonce Pierre Breteau, le président du groupe UDC (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, jeudi 23 juin 2022). On voit même Françoise Gatel (UDI), sénateur d’Ille-et-Vilaine, en remettre une couche : « Le président joue les caprices du prince ou du petit caporal. La majorité départementale, pourtant toujours prompte à donner des leçons de morale, soutient ces décisions choquantes et antidémocratiques de son président. » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, 25-26 juin 2022).

Martins refuse de démissionner

Le couperet tombe quelques jours plus tard. « L’engagement de Christophe Martins et de Béatrice Duguépé-Honoré sous l’égide de la majorité présidentielle, avec le soutien recherché et revendiqué de la droite locale face à la députée socialiste sortante Claudia Rouaux, et à son remplaçant Benoît Sohier, conseiller départemental socialiste, pose de fait un problème majeur de cohérence politique. Je prends donc acte du nouveau contexte créé par ces deux collègues, et j’en tire les conséquences par un retrait des délégations que je leur confiées en juillet 2021 », annonce Jean-Luc Chenut (Ouest-France, Ille-Vilaine, 2-3 juillet 2022). Martins ne sera plus chargé des finances et Béatrice Duguépé-Honoré, déléguée à la lecture publique, au patrimoine, aux archives départementales et au littoral, et soutien de Christophe Martins aux législatives perd également sa délégation.

Mais l’affaire n’est pas réglée pour autant car Christophe Martins refuse de démissionner de sa fonction de vice-président. D’où les gémissements de Jean-Luc Chenut : « J’ai donc pris la décision de lui retirer sa délégation, il n’est plus en charge des finances, du patrimoine, de la commande publique et des dossiers ferroviaires. Il reste vice-président sans en toucher les indemnités, car il refuse de démissionner. Et s’il ne démissionne pas, on ne peut pas l’y contraindre (…) A ce jour, Christophe Martins est toujours dans la majorité, mais ce sera à lui de tirer les conséquences de tout cela » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, 26-27 novembre 2022). Donc plus d’indemnités pour Martins, mais dispose-t-il encore d’un bureau de vice-président, avec un secrétariat et la possibilité d’utiliser une voiture de fonction ? Ce sont des « détails » très importants pour les élus. Pour obtenir la démission de Martins, on peut lui proposer un « fromage » dans un « machin » quelconque avec une indemnité équivalente à la clé.

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2022, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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3 réponses à “Jean-Luc Chenut (PS) ne plaisante pas”

  1. NOEL dit :

    Pour ce gamelard seule compte sa gu… le , pour l’intérêt général on repassera .

  2. Brounahans l'Alsaco dit :

    En voilà de la soupe politicienne ! Les citoyens sont rassurés quant à leur avenir.

  3. patphil dit :

    ps, nupes, même combat: la gamelle est trop bonne, quant aux candidats des droites, s’ils s’étaient concerté et alliés…

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