Notre-Dame-des-Landes. Les gendarmes coûtent cher aux contribuables

Emmanuel Macron et Édouard Philippe peuvent se féliciter d’avoir enterré le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. D’une part parce que  le « combat » est rude pour les 2500 gendarmes et le résultat de l’opération d’«évacuation» modeste : « Trente-neuf squats ont été expulsés, les objectifs sont atteints », se réjouissait Nicole Klein, préfet de Loire-Atlantique, laquelle annonçait un peu vite « la fin des opérations d’expulsion sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes » (Presse Océan, vendredi 13 avril 2018).

Il est facile de s’interroger sur l’ampleur qu’auraient connu sur la ZAD et ailleurs (Nantes et Rennes) les émeutes si le gouvernement avait décidé de construire l’aéroport. Sans oublier les innombrables manifestations « familiales » qui se seraient multipliées le week-end à Notre-Dame-des-Landes. Depuis ces derniers jours, on a eu droit à un petit apperçu de ce qui attendait gendarmes et CRS si le projet était devenu réalité.

D’autre part, tout contribuable avisé se demande combien cette excursion gendarmique dans le bocage breton coûte. « Au moins 400 000 euros par jour », d’après les services de la place Beauvau. «  Le problème, c’est que c’est parti pour durer et que l’ardoise va sérieusement augmenter, dit un haut fonctionnaire de l’Intérieur. Et encore, nous n’avons pas évalué les dépenses nécessaires pour prendre en charge les nombreux blessés du côté des forces de l’ordre (une soixantaine à ce jour). » (Le Canard enchaîné, 18 avril 2018).

Plus modestement, Le Télégramme avait évalué le coût de l’opération à 275 000 euros par jour. Si l’opération s’était terminée le samedi 14 ou le dimanche 15, la facture aurait atteint au moins 2,2 millions d’euros (hors masse salariale). « Ce qui porte le prix du squat « déconstruit » (une quarantaine) à près de 50 000 euros l’unité. Ou le zadiste expulsable (près de 100) mis à prix à 22 000 euros » (Jeudi 12 avril 2018).

Mais Presse Océan place la barre plus haut : 300 000 à 400 000 euros par jour. « Ce qui pèse le plus dans ce budget, ce sont les 2500 hommes déployés sur le terrain. Un militaire en mission, c’est un forfait de 100 euros/jour, en comptant l’ébergement et la nourriture », explique « un responsable d’opération, aguerri dans la supervision de ce type de manœuvre » (vendredi 13 avril 2018).

Le calcul est vite fait. Dix jours à 300 000 euros, cela signifiait une dépense de 3 millions d’euros. Si on passe à 400 000 euros, on arrive à 4 millions. Lorsque l’opération prendra fin – quand ? On l’ignore à ce jour –  on pourra facilement tirer le bilan financier de l’opération « ZAD évacuée ». Ce qui est sûr, c’est que celle-ci va créer une sérieuse brèche dans le budget de la gendarmerie nationale : « 8,625 milliards d’euros au titre des crédits de paiement, d’après la loi de finances pour 2018. Bercy a le droit de s’affoler.

B. Morvan

Crédit photo : DR
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