ZAD du Carnet (44) : des zadistes convoqués pour vol, tensions entre les zadistes

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La ZAD du Carnet, installée depuis le 31 août dernier sur l’ancienne île artificialisée du Carnet, près de Paimbœuf, pour s’opposer à un projet d’extension du port autonome de Saint-Nazaire, connaît des tensions. Et pas seulement avec les paysans que barrages routiers et barricades formés de détritus divers hérissent.

Le 8 décembre dernier, les gendarmes arraisonnent un véhicule où se trouvent trois jeunes femmes, qui déclarent vivre sur la ZAD du Carnet, et des matériaux de construction. Un riverain a donné l’alerte après qu’il les a vues se servir sur un chantier de la commune, où elles ont récupéré du matériel pour la ZAD. Elles sont convoquées en novembre 2021 pour vol en réunion, les matériaux volés ont été confisqués par les gendarmes.

« Zad de merde »

Sur des sites de la mouvance d’ultra-gauche, un corpus de textes parus à partir du 2 décembre témoignent de tensions entre les 60-80 zadistes autonomes qui peuplent cette micro-ZAD située à 38 km à l’ouest-nord-ouest de Nantes. Le 2 décembre, une zadiste trans publie son départ de cette ZAD, sous le titre « Zad de merde ».

« J’ai la rage parce que j’ai été agressé et que mon agresseur est toujours sur zone alors que moi non. Parce qu’on peut agresser, insulter et menacer une personne trans au su et vu de tous et ca passe. J’ai la rage parce qu’un groupe de personne de pouvoir, présent.es depuis longtemps sur zone a selon leur propre propos du me sacrifier car la Zad ne peut pas se permettre une expulsion’. […] Dans votre Zad j’existe pas a part en tant que mascotte. Tout va bien tant qu’j’ferme ma geule mais t’avise pas de parler de transphobie, ca fait mauvais genre. T’a pensé a l’image de la Zad ? »

Et la victime poursuit : « J’ai la rage parce que je suis pas la seule, et que d’autres aggresseurs connus et identifiés aux yeux de (presque) [tous] vivent tranquillement leur meilleurs vies, continuent a répandre leur merde et que je serais pas la seule a me casser ». Ce que confirme un militant, dans un commentaire le 8 décembre : « Même chez nous » ! c ‘est à desespérer. Tout sur cette zad a complètement invalidé la philosophie que l’absence d’état rend meilleur. L’enfer est en nous ».

Un autre texte, très laborieux, revient sur cette agression et un historique sur une tentative de médiation entre les deux protagonistes – on apprend en fait qu’il s’agit d’une série d’agressions entre le 9 octobre et le 7 novembre, et qu’après la publication de « Zad de merde », une réunion extraordinaire a entériné l’expulsion de l’agresseur, parti finalement le 9 décembre.

Bref, comme à Notre-Dame des Landes où des dérives autoritaires avaient eu lieu parmi les zadistes – et même d’inavouables trafics – le « monde alternatif » des zadistes du Carnet fait peur. Y compris aux zadistes eux-mêmes.

Émilie Lambert

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