La Grèce n’en finit plus de voir arriver des migrants sur son territoire. Mais une brusque augmentation des flux ces dernières semaines a conduit le pays à renforcer en urgence les contrôles sur sa frontière avec la Turquie.

2 900 passages

Malgré l’image de « passoire migratoire » attribuée à la Grèce, la situation continue de se dégrader dans ce territoire marquant la porte orientale de l’espace Schengen. À tel point que le gouvernement grec, jugé laxiste sur la question, a bien été obligé de réagir.

Voilà en effet que près de 2 900 migrants en provenance de Turquie auraient franchi la frontière terrestre au cours du mois d’avril au niveau de la province d’Evros. Un nombre supérieur à celui des arrivées par la mer selon l’Agence pour les réfugiés des Nations Unies (HCR). Des chiffres officiels dont l’exhaustivité reste toutefois à démontrer.

Situation « incontrôlable »

Le constat de cette accroissement du flux migratoire est aussi partagé par l’agence Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. Ainsi, le nombre de migrants en provenance de Turquie à destination de la Grèce aurait augmenté de 17 % au cours des quatre à cinq dernières semaines.

Dans ces territoires grecs situés aux abords de la frontière turque, les structures d’accueil pour les « réfugiés » sont saturées depuis longtemps et certains élus de la région n’hésitent pas à dénoncer une situation en passe de devenir « incontrôlable ».

Pas de panique

Du côté de l’exécutif grec, on joue la carte de la sérénité. Pour le ministre grec adjoint pour la protection des citoyens, Nikos Toskas, la mise en place des plans d’urgences dédiés se veut être efficace. « Nous sommes totalement prêts. Il n’y a pas besoin de paniquer ». Le ministre ajoute même que « Tout est sous contrôle ». Des déclarations qui sont à prendre au premier degré à priori…

Parmi les nouveaux arrivants, se trouvent principalement des Kurdes, des Syriens et des Irakiens. Cette volonté de passage par la frontière terrestre est une réponse aux accords passés entre la Turquie et l’UE, cette frontière n’étant pas concernée par les tractations. De plus, les migrants ayant choisi la voie maritime pour gagner l’Europe resteraient généralement  bloqués sur les îles grecques. Des îles où la situation est, là aussi, très compliquée.

Pour rappel, près d’un million de migrants auraient effectué la traversé depuis la Turquie vers les îles grecques en 2015. Pas de panique, pas de panique…

Crédit photo : Pixabay (CC0/romaniamissions)
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