Le jeu Hannibal & Hamilcar retrace les Guerres Puniques qui opposèrent au IIIème siècle av. J.-C., la jeune puissance de Rome à l’empire maritime, cosmopolite et commerçant de Carthage. Il parvient à retranscrire les différentes étapes de ce célèbre affrontement de l’Antiquité qui influença l’histoire européenne. Après plus de cent ans de conflit, Rome parvint à détruire Carthage.

Cette nouvelle version du jeu de Mark Simonitch (Hannibal : Rome vs. Carthage) était attendue par tous les passionnés de jeux de stratégie. La version d’origine avait obtenu de nombreuses récompenses dont les titres de meilleur jeu à deux et de meilleur wargame lors des Golden Geek Awards en 2008. Pour le 20ème anniversaires de ce jeu, Mark Simonitch et Jaro Andruszkiewicz ont amélioré la mécanique de jeu, créé de nouveaux scénarios et modifié l’ergonomie et les illustrations. Ce jeu comporte de nombreuses qualités.

La première qualité de ce jeu est de parvenir à retranscrire ce célèbre épisode de l’Histoire. A cette fin, la boîte comprend deux jeux (Hannibal et Hamilcar), chacun correspondant à une période spécifique. Pour chaque jeu, plusieurs scénarios évoquant les différentes étapes du conflit sont disponibles afin de multiplier les expériences de jeu.

Le jeu Hamilcar traite de la Première Guerre Punique, de 264 à 241 av. J.-C. Rome, puissance terrestre, cherche alors à contrôler la Corse, la Sicile et la Sardaigne pour atteindre Carthage, puissance navale. S’ensuivent des batailles navales et terrestres en Sicile et en Afrique. Les premières victoires sont remportées par une armée romaine homogène face à des troupes puniques composées de mercenaires venus de toute la Méditerranée, de troupes africaines et d’alliés siciliens. Le chef des armées de Sicile, Hamilcar Barca, est alors vaincu.

Le jeu Hannibal retrace la Deuxième Guerre punique, de 218 à 201 av. J.-C., opposant Hannibal le carthaginois et Scipion le romain. Le général Hannibal Barca traverse les Alpes avec des éléphants de guerre, mais renonce à assiéger Rome. Des troupes romaines débarquant en Afrique, Hannibal est appelé au secours. Scipion, surnommé alors « l’Africain », bat Hannibal à la bataille de Zama.

La deuxième qualité résulte de la mécanique de jeu. Celle-ci est bien expliquée par un tutoriel qui s’ajoute à un cahier de règles.

Chacun des deux camps lutte afin d’augmenter son influence et gagner des alliés à sa cause. Il faut établir une stratégie pour vaincre par les armes ou par tractation politique. Le hasard est pris en compte par les cartes événements. En effet, les cartes du jeu peuvent permettre selon le choix de chaque joueur de prendre le contrôle politique des provinces, de déplacer des généraux pour manœuvrer des armées, de renforcer les armées existantes ou faire venir des renforts, ou encore de déclencher des événements historiques.

Ces événements historiques apportent une dose d’amusement. Ainsi, la carte Archimède permet de mieux défendre Syracuse, d’autres autorisent l’arrivée de renforts (gaulois, macédoniens…) ou imaginent la désertion des siciliens, une panique des éléphants de guerre, les ravages causés par la peste…

Lorsque deux armées se rencontrent, une deuxième série de cartes servent à déterminer le gagnant. Il s’avère alors judicieux d’utiliser les compétences particulières de certains généraux. Mais ce mécanisme pour représenter les batailles n’est pas assez divertissant.

Le jeu Hamilcar reprend la mécanique du jeu Hannibal, en y ajoutant des batailles navales. Chaque partie dure entre 1 et 4 heures selon le scénario et la rapidité des joueurs.

La troisième qualité du jeu réside dans son ergonomie. Ce jeu contient un plateau de 84 x 56 centimètres bénéficiant d’une agréable colorisation. Les pièces du jeu sont nombreuses : 220 cartes, 278 jetons et marqueurs, 6 dés personnalisés, ainsi que 24 miniatures de généraux en plastique de 4 centimètres de haut. Enfin, les règles de jeu et exposés des scenarios sont magnifiques.

Seul regret : ce wargame ne peut se jouer qu’à deux !

Ce jeu connaît déjà deux extensions : Le prix de l’échec (qui contient deux nouvelles cartes Stratégie et ajoute un général romain) et Le soleil de Macédoine (qui contient deux nouvelles cartes Stratégie et ajoute un général carthaginois).

Note globale : 16/20

Kristol Séhec

 

Hannibal & Hamilcar, 90 euros, éditeur Asyncron games. Disponible sur le site asyncron.fr

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